‹ Le Syndrome: Angine de VincentChapitre 30 sur 37 · BEN ET · texte numérisé non relu

BEN ET

— pour redescendre bientôt en un lysis plus ou moins régulier. due

Le début de la réaction enter suit de près l'ascension thermique et l’acmé lympho-inflammatoire tend à coïncider avec le maximum thermique mais à partir de ce moment, les deux manifestations se dissocient ; tandis que les symptômes généraux disparaissent et font place à une sensation d’euphorie, les ganglions au contraire ne diminuent que très lentement ; leur résolution est extrêmement longue à se faire et demande couramment, un, deux, trois mois et plus pour s’accomplir.

Les signes hématologiques se différencient pareïllement au point de vue évolutif. Tandis que la leucocytose décroît avec la température et survit peu à l’étape fébrile, la mononucléose beaucoup plus tenace, suit une marche parallèle à celle des adénopathies et comme ces dernières, ne régresse qu'avec une extrême lenteur. Au début elle est du type leuco-lymphomyéloblastique et pose alors un diagnostic difficile avec la leucémie aiguë : l’absence d’anémie constitue un signe différentiel important en faveur de l’adénolymphoïdite. Au bout de quelques jours, les formes inquiétantes commencent à disparaître et l’aspect devient alors :

— Soit nettement lymphocytoïde.

— Soit nettement monocytoïde.

Le pourcentage des éléments mononucléés reste longtemps élevé et présente des fluctuations nom-

breuses.

Une véritable lymphocytose terminale, à petits lymphocytes normaux, est de règle et. marque la convalescence franche.

Au cours de cette longue évolution, les reprises sont d’ailleurs fréquentes, avec réascension thermiques, recrudescence des symptômes ganglionnaires et sanguins.

L’adéno-lymphoïdite aiguë est une maladie à début aigu mais en réalité une infection chronique qui ne s'éteint que très lentement après avoir tenté souvent des retours offensifs.

L’angine, avons-nous dit,’ habituellement légère peut accuser et être cliniquement et bactériologiquement du type Vincent, comme le montrent les exemples suivants.

On conçoit qu’en l’absence d’une exploration ganglionnaire méthodique et d’un examen de sang, l’affection causale puisse aisément passer inaperçue.

Observation 26

Angine ulcéreuse et pseudo-membraneuse, avec association fuso-spirillaire polyadénopathie et mononucléose sanguine. Forme ulcéreuse de l’adéno-lymphoidite aiguë bénigne.

P. CHevazzier et P.-R. Bize. — Bull. et Mém. de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 25 mai 1928.

B..., 26 ans.

Dans les antécédents, on note : scarlatine, rougeole, ‘varicelle, oreillons.

Amygdalectomie et curettage de végétations à 7 ans ;

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résection du cornet à 18 ans ; susceptibilité rhino-pharyngée. comportant 2 à 3 angines légères chaque hiver.

Depuis une quinzaine de jours, fatigue physique, anorexie, insomnie, lassitude psychique.

Le 9 mars, gêne à la déglutition ; angine rouge, quelques petits frissonnements, mais pouls à 76. Le soir vers 10 heures, violente céphalée en casque avec douleurs à la vision dans le regard latéral et à la convergence. Le lendemain la céphalée persiste, la gorge est toujours rouge mais sans plus ; il y a en outre un peu de douleur à l’angle de la mâchoire gauche avec sensation de torticolis, et à ce niveau un petit ganglion dur roulant sous le doigt, sans périadénite. ;

Pendant 8 jours environ ces symptômes restent stationnaires et étant donné leur peu d’intensité le malade continue son travail. Cependant la lassitude persiste, la déglutition est toujours douloureuse, l’adénopathie angulo-maxillaire ne s’amende pas et même, les groupes voisins se prennent ; enfin le moignon amygdalien gauche semble se creuser en une cavité pseudo-cryptique dont les bords sont saillants et plus fermes que la muqueuse avoisinante.

8 jours exactement après le début de ces symptômes, état général et état local s’aggravent nettement.

La crypte s’est élargie et son fond se recouvre d’un enduit pseudo-membraneux, adhérent à la muqueuse sousjacente qui saigne facilement. Dysphagie très prononcée.

Lassitude extrême qui oblige le malade à se coucher, température à 3805, pouls à 100.

Un frottis de gorge montre l’absence de bacilles diphtériques et la présence d’une véritable purée de bacilles fusiformes et de sptrilles.

Aucun signe de spécificité. Bordet-Wassermann négatif. Traitement local habituel : attouchements locaux au novarsénobenzol au bleu de méthylène et même au bismuth. En outre, ingestion de 1 gramme de tréparsol par

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