‹ Le Syndrome "Crise Gastrique"Chapitre 10 sur 26 · ENT · texte numérisé non relu

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sus croissant peut donner l'impression que la mort est imminente. On a quelquefois comparé ces phénomènes à l’algidité cholérique, d'autant que l'on peut observer des crampes; Buettner (1) a même signalé dans un cas deux accès de tétanie,

Mais, malgré l'apparence parfois inquiétante des phénomènes généraux réflexes de collapsus cardiaque ou de dépression nerveuse, il semble qu'ils ne puissent entrainer la mort que dans des cas très rares. Outre le cas indiscutable de Charcot, il n'existe à notre connaissance que celui plus récent de Kidd (2) dans lequel ne sont d’ailleurs pas précisées les causes immédiates de la mort.

L'examen de l'abdomen donne peu de renseignements. La région épigastrique apparaît déprimée. La palpation superficielle peut permettre de découvrir des modifications de la sensibilité cutanée : il existe parfois de l’hyperesthésie et tout contact réveille de vives douleurs. On peut, au contraire, trouver de l’anesthésie ou de l’hypoesthésie dans la région épigastrique supérieure. Cette zone fait partie d’une bande d’anesthésie radiculaire dont J. Heitz a montré l'importance au cours des crises gastriques.

La contracture généralement assez accentuée des muscles de la paroi gêne la palpation profonde. La

pression exercée au niveau du point épigastrique, qui,

(1) BugrrNwER. — Ueber ein. Fall gleichzeitigen Vorkommens von tabischen gastrichen Krisen und von Télanie. Wiener klin. Wochens. 1910, p. 1108.

(2)J. Kipp. — A fatal case of tabetic gastric crises. The Lancet, 5 novembre

So

comme l’a montré M. Mathieu, répond au plexus solaire, provoque généralement une certaine douleur. Dans quelques cas, on peut observer l’analgésie épigastrique profonde signalée par Pitres (1). (Elle existait dans notre observation V).

L'examen de l'appareil circulatoire montre un certain degré d’éréthisme cardiaque. Les battements du cœur et le pouls sont accélérés, mais cette accélération ne semble pas être absolument constante. D’après Rosenthal, il y aurait, dans certains cas, ralentissement du pouls et pour Singer (2), celui-ci serait souvent à la fois ralenti et irrégulier.

Pendant loute la crise, il existe une augmentation de la pression artérielle [(Pal (3), Vaquez, Heitz et Norero (4)}. Cette hypertension repose d’ailleurs sur une donnée physiologique, d’après laquelle toute excitation d’un nerf sensible important est suivie à la fois d’une sensation douloureuse et d'une élévation de la pression artérielle. L'hypertension, conséquence de la douleur n'est donc pas spéciale à la crise gastrique; on l’observe dans les autres grands syndromes douloureux abdominaux, en particulier dans la colique de plomb. Elle accompagne la crise d’une façon constante, mais ne la précède pas, comme l'avait cru Pal; elle ne pré-

sente, d'autre part, aucun parallélisme avec les paroxys-

(1) Prrres. — De l’analgésie épigastrique profonde chez les tabétiques. Journal de Neurologie, Bruxelles, 1898, p. 413.

(2) SINGER. — Loco cilato.

(3) PAL. — Ueber Gefässkrisen und deren Beziehung, etc. Münch. med.

Wochens. 1903, p. 2135.

(4) J. Herrz et Norero. — De la pression artérielle chez les tabétiques. Arch. des mal. du cœur, 1908, p. 505.

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