‹ Le Syndrome "Crise Gastrique"Chapitre 13 sur 26 · PETER · texte numérisé non relu

PETER

La coexistence d'affections de l'estomac vient modifier d’une façon assez particulière le tableau clinique des - crises gastriques; là ne se borne pas d’ailleurs leur rôle, car elles semblent pouvoir les provoquer chez certains labétiques.

Les gastropathies qui peuvent se trouver associées sont indépendantes aussi bien du tabes que des paroxysmes, dont la répétition ne semble entrainer, pour un estomac normal, aucune conséquence fâcheuse. Nombreuses sont les affections signalées : ce sont des ptoses gastriques (Obs. XIT), des dyspepsies nerveuses, des psychopathies gastriques, à la base desquelles il y a le plus souvent d’ailleurs, quelque trouble organique moteur ou sécrétoire.

Plus fréquemment, c'est une des nombreuses variétés de gastrite : gastrite banale due à des fautes alimentaires, gastrite alcoolique, si fréquente dans la clientèle hospitalière, gastrite médicamenteuse dont l’influence sur les crises gastriques a été parfaitement mise en lumière par MM. Mathieu (1) et J. Ch. Roux (2), gastrite hyperchlorhydrique enfin dont Soupault (3) publiait dès 1893 un cas démonstratif d'association avec des crises gastriques. L'action sur ces dernières de lésions graves telles que l'ulcère ou le cancer de l’estomac modifiera encore d'une façon plus profonde le tableau clinique habituel.

(1) MarmæEu. — Gastrite et crises gastriques d'origine dyspeptique dans le tabes. Semaine méd. 1900, p. 201.

(2) J. Cx. Roux. Les lésions du grand sympathique dans le tabes el leurs rapports avec les troubles de la sensibilité viscérale. Th. Paris 1900.

(3) SoupAuLT Hypersécrélion gastrique intermittente chez un ataxique. Revue de médecine, 1893.

RES Pos

La première des altérations qu’apportent au syndrome les gastropathies, c'est l'existence de troubles dyspeptiques en dehors des accès: ces troubles, variables dans leur nature, sont souvent frustes et nécessitent pour n'être pas méconnus un examen minutieux des fonctions digestives.

Une autre conséquence des troubles gastriques surajoutés sera de priver de son habituelle netteté la crise, dont le début n’offrira plus sa spontanéité soudaine et caractéristique. Elle ne paraît plus alors que l’aboutissant d’une accentuation progressive des symptômes dyspeptiques préexistants.

On peut en outre la voir apparaître sous l’influence des causes occasionnelles des épisodes douloureux des affections banales de l’estomac : les excès alimentaires, le surmenage, les émotions morales ou une période menstruelle, pourront donc jouer un rôle provocateur qu'elles n’ont jamais vis-à-vis des crises gastriques des non-gastropathes.

C'est par une sédation lente, trainante, des accidents gastriques que se fait la terminaison de ces formes modifiées.

Elles ont encore comme caractéristique de ne céder qu'au traitement ordinaire des dyspepsies, grâce auquel les crises diminuent de fréquence jusqu'à disparaître, parfois complètement, preuve évidente de l’action des gastropathies sur le déterminisme des crises gastriques.

Etat fonctionnel et anatomique de estomac.

L'étude des fonctions de l'estomac et de son état anatomique, présentait un intérêt d'autant plus considérable, qu’il avait semblé possible de trouver, soit dans les troubles sécrétoires, soit dans des lésions organiques, la cause de la production du syndrome.

Bien que les travaux entrepris dans ce sens n'aient abouti qu'à des conclusions négatives, ils ont eu, tout au moins, le mérite de mettre en lumière l'intégrité fonctionnelle et anatomique de l'estomac dans les crises gastriques. Cette notion s'appuie sur les résultats concordants de l’étude du chimisme stomacal, de l'exa-

men radioscopique et des constations anatomiques.

Chimisme gastrique.

Bien connu aujourd’hui, l'état du chimisme dans ses rapports avec les crises gastriques ne s’est dégagé que progressivement des nombreuses recherches qu'il à suscitées.

Les premières en date sont celles de Sahli{(1), qui en 1885, constate l’hyperacidité des vomissements et l'admet comme cause de la crise ou tout au moins comme celle de ses principales manifestations. Cette opinion sembla trouver sa confirmation dans les travaux de Rosenthal (2), de Hoffmann (3) et du Professeur

(1) Sami. — Ueber das Vorkommen abnormer mengen freier Zalzsäure im Erbrochenen bei den Gastrichen Krises eines Tabiker. Correspondenzblatt für Schweizer Aertze 1885 (p. 105). |

(2) RosenTHAL. Magennewrosen und Magenkatarrh. Wien 1886.

(3) HorFManN. — Beitrag zur Aetiologie, Sympt. und Therapie der Tabes. Arch. für physiol., 1888 XIX.

SHVEE

Robin qui arrivent à des conclusions analogues. Mais celles-ci furent bientôt infirmées par les résultats contraires de nombreux auteurs, qui, comme Boas (1), von Noorden (2), Lyon (3) et Bouveret (4) ne retrouvent que très exceptionnellement l'excès d’acidité signalé par Sahli. Von Noorden concluait même, en 1890 de l'étude de sept cas, que l’hyperchlorhydrie est exceptionnelle et que le vomissement présente le plus souvent une acidité faible avec absence d'Hel libre. De même Bouveret considère la crise gastrique bien plus comme un accès de gastralgie que comme un accès d’hypersécrétion.

Grâce à l’étude plus complète du chimisme au cours des crises et dans leur intervalle, grâce aussi aux recherches de M. Mathieu et de son élève Babon (5), confirmées par les publications de Castairs C. Douglas (6), d'Ewald (7), et de Smithwick (8), la formule définitive se trouve maintenant bien établie :

La crise gastrique n'a aucun type chimique spécial et, suivant l’heureuse expression de Babon. « Chaque

malade fait sa crise avec la muqueuse qu’il possède ».

(1) Boas. — Ueber périodische neurosen der Magens. (Deutsche med. Wochens.1889.

(2) Von NooRDEN. — Zur Pathologie der Tabes dorsalis (crises gastri-

ques) Charilé Annalen, 1890.

(3) G. Lyon. — Analyse du suc gastrique. Thèse Paris 1890. (4) BouverET. — Trailé des maladies de l'estomac, 1893. (5) BABoN. — L'élal gastrique des ataxiques. Thèse de Paris. 1896. (6) Casrairs C. DouGras. The contents of the stomach in the gastric crises of locomotor ataxy. The Lancet avril 1899.

(7) Ewazp. — Gastriche und Intestinale Krisen. Zen/ralblatt fur die gesammt. Therapie, 1904, p. 505.

(8). M. C. Smiruwicx. — A study of gastric contents in twenty one

cases of labes, in three cases during the gastric crises. Boston medical and surg. Journal 1905 p. 647.

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