DIAGNOSTIC
Le syndrome crise gastrique présente, comme nous l'avons vu, une individualité clinique fort nette et qui semble suffisante pour permettre de le différencier facilement des autres syndromes douloureux gastriques ou abdominaux. n'en est rien pourtant, et peu d’affections donnent peut-être lieu à autant d'erreurs de diagnostic; de nombreuses interventions chirurgicales, bien superflues, en ont été la conséquence : gastro-entérostomies le plus souvent, mais aussi cholécystectomies, appendicectomies, néphropexies, jusqu’à un anus iliaque pour obstruction intestinale supposée (1). Dansun cas d'Eschbaum, la méconnaissance des crises gastriques entraîna quatre laparotomies successives.
La raison de ces errements trop fréquents réside en partie dans une analyse insuffisante des symptômes, dans l’omission — en présence de toute gastralgie d’allure paroxystique et périodique, — d’un examen minuüeux du système nerveux. Il réside enfin en grande parlie dans l'ignorance de la valeur des signes frustes, même très restreints de tabes et de la fréquence relalive des crises gastriques initiales. Dans ces cas, l'examen du liquide céphalo-rachidien, sur l'importance duquel on ne peut trop insister, viendrait pourtant mettre en lumière la véritable origine des accidents.
(1) H. Durourel Correnor.— Crises gastriques prises pour une obstruction nteslinale Anus iliaque Guérison. Soc. neurologie, 4 mars 1909.