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se trouvent aussi un peu modifiés; au début, du ballonnement du ventre avec évacuations gazeuses abondantes à souvent été signalé. L'intolérance gastrique n’est pas aussi absolue, un repas pouvant de temps à autre n'être pas rejelé. Enfin, la secrétion urinaire présente une beaucoup moindre diminution el l’état général, à moins d’accès très longtemps prolongés, n'est guère altéré par ces crises gastriques hystériques.
Le caractère incomplet de ces différents symptômes doit déjà attirer l'attention, mais les éléments les plus importants du diagnostic causal reposent sur l'influence des conditions morales, des émotions, des chagrins dans l'apparition de ces manifestations gastriques et sur l'examen psychique du sujet. Il faudra rechercher avec soin l'existence de crises convulsives antérieures, les stigmates de la névropathie, les troubles non systémalUsés de la sensibilité et les contractures.
Sil'existence des crises gastriques de nature hystérique est indéniable, par contre celles qui ont été attribuées à la neurasthénie nous paraissent être des plus douteuses.
Leur description, en effet, répond presque trait pour trait, — l'acidité des vomissements exceptée, — à la descriplion des accès migraineux avec vomissements abondants décrits par Rossbach sous le nom de gastroxynsis ; quelques autres cas pouvant être rattachés à l'hypersécrélion intermittente, d’autres à l'influence insidieuse d'un tabes latent, il ne semble rester aucune place à la neurasthénie dans l’étiologie des crises gastriques.
Le rôle si souvent invoqué des névroses semble donc se limiter à la production de quelques cas de crises gas-
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triques hystériques. Et encore n’est-on en droit de porter ce diagnostic qu'après avoir éliminé toute possibilité d'un tabes fruste.
L'association de la névrose à la maladie spinale n’est d’ailléurs pas exceptionnelle. Dans l'hystéro-tabes, chacune des deux maladies évolue, d’après la loi de Vires, pour son propre compte : le pitiatique dominé par la crainte du retour de ses terribles douleurs, imite sa propre crise, en dehors des vrais paroxysmes.
Le syndrome de la crise gastrique peut se manifester au cours de l’évolution de la paralysie générale; mais il peut apparaître, — et ceci est un fait de notion plus récente, — longtemps avant l'apparition des symptômes cérébraux de la périencéphalite diffuse, soit associé à un certain nombre des signes de la série prétabétique, soit au contraire d'une facon absolument isolée. Il est évident que dans ce dernier cas la crise gastrique prend une apparence idiopathique; il en était ainsi dans les observalions rapportées par le Professeur Robin, Rendu (1), Sainton. On ne saurait rechercher avec trop de soin dans ces cas les signes de début de la paralysie générale, en particulier les troubles pupillaires, ainsi que les premiers indices des troubles psychiques, de la déchéance intellectuelle et de l'embarras de la parole. Mais l'apparition de ces symptômes peut se faire attendre longtemps; un signe existe pourtant qui peut déceler le lent travail dégénératif du névraxe qui tend
à aboutir ou à la paralysie générale, ou au tabes, qui
(1) Renpu. — Crises gastriques prémoniloires de la paralysie générale. Soc. méd. des hôp. de Paris, 15 mars 1901.
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qui bien plus souvent qu’elle, est à la base du syndrome crise gastrique. Ce signe èst la lymphocytose céphalorachidienne, indice de la méningite chronique latente, d'origine syphilitique. Joffroy (1) avait donné le nom de paralysies générales tabétiformes à ces cas de méningo-encéphalites diffuses précédées de symptômes médullaires et admettait qu’elles relevaient de lésions spinales «d'abord et pendant longtemps limitées à la moelle avec prédominance dans la région des cordons postérieurs ». Mais ne sont-ce pas là des lésions plus voisines du tabes que de la paralysie générale, affection essentiellement encéphalique malgré les lésions spinales dont elle s'accompagne? De toute facon, les crises gastriques de la périencéphalite diffuse paraissent en rapport avec ces lésions médullaires, que celles-ci soient contemporaines de la paralysie générale ou qu’elles l’aient précédée de longtemps. Comme les autres symptômes tabétiques préparalytiques, les crises gastriques disparaissent quand s'installent les troubles cérébraux.
Bien que le tabes joue dans l'étiologie du syndrome « crise gastrique » un rôle presque unique, un certain nombre d’autres affections médullaires peuvent excepüonnellement en être responsables.
Tel semble être le cas même pour les crises gastriques observées au cours de certains pupuras (Couly, Hénoch, Faisans) dont l'origine myélopathique était déjà invoquée par Couty. L'origine Spinale des accidents gastriques est encore plus évidente dans le cas où ils
(1) JoFFROY. — Soc. méd. des hôp. de Paris, 15 mars 1901.
accompagnalent cerlaines myélites, une compression médullaire produite par une tumeur ou un mal de Pott cervical, ou encore une pachyméningite cervicale. L'analyse des symptômes nerveux associés permettra d'ordinaire facilement de rapporter à sa cause cette variété exceptionnelle des crises gastriques.
Celles-ci peuvent quelquefois survenir au cours de la sclérose en plaque surtout dans les derniers stades de son évolution. Elles pourraient cependant se montrer de facon plus précoce comme dans un cas de Liouville (1) où elles précédèrent de deux ans l'apparition du tremblement. Des crises gastriques ont aussi été signalées au cours de la syringomyélie. É
La place occupée par ces quelques affections médullaires dans l’étiologie du syndrome qui nous occupe apparait tout à fait négligeable à côté du rôle que joue dans sa production le tabes, rôle si exclusif, que dans la terminologie courante, crise gastrique équivaut à crise gastrique tabétique.
La crise gastrique appartient, comme l'ont établi Charcot et Fournier, à la période préataxique du tabes, et il est relativement rare de la voir apparaître au cours d'un tabes confirmé avec ataxie. Au contraire, cet accident semble constituer dans la majorité des cas un des symptômes les plus précoces de l'affection médullaire; il pourrait même quelquefois être le premier d'entre eux.
Les autres signes labétiques que l’examen pourra montrer constituent un appoint précieux pour le diagnostic à la fois positif et étiologique du syndrome.
(1) Lrouvizze. — Soc. de Biologie, 1870.
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Mais combien peu nombreux, et combien frustes sont souvent ces signes satellites préataxiques, à la période initiale où se montrent les crises!
L'interrogatoire des malades pourra donner dès l’abord quelques indications utiles, en apprenant parfois l'apparition antérieure de quelques douleurs fulgurantes, ou de douleurs en ceinture, une ébauche d'ictus laryngé, de très légers troubles dans la miction, ou un peu de diplopie. Mais tous ces troubles subjectifs se trouvent, fréquemment manquer, le sujet n'accusant dans son passé aucun accident qui se puisse rapporter au tabes. Aussi les signes objectifs prennent-ils une importance capitale.
Tous les réflexes tendineux seront successivement recherchés, l'abolition d'un seul des réflexes achilléens ayant une valeur au moins égale au signe de Westphal. La précocité des troubles pupillaires donne une importance toute particulière à leur recherche, qui pourra montrer du myosis, de l'inégalité des pupilles, l'irrégularité de leurs contours, la paresse ou l'abolition des réflexes à la lumière et à l'accommodation.
Exceplionnels à cette période de la maladie, les troubles de l’équilibration et de la marche ne seront jamais qu'ébauchés et ne pourraient guère être déeelés que dans l’obscurité ou à l’occasion des mouvements rapidement exécutés au commandement.
Les troubles. de la sensibilité profonde auraient, d'après M. le Professeur Grasset, une grande importance pour le diagnostic précoce du tabes. C'est ainsi que l'examen pourra mettre en lumière l’analgésie plus ou
moins marquée à la pression du testicule, des tendons,