‹ Le Syndrome "Crise Gastrique"Chapitre 20 sur 26 · SPORT · texte numérisé non relu

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comme nous l'avons vu, se déformer au point d'aboutir à une sorte d'état de mal gastrique continu. Cette action néfaste de la morphine trouve son explication dans son aclion toxique sur le système nerveux et peut-être davantage encore dans l'irritation de la muqueuse stomacale, qui représente une importante voie d'élimination de l'alcaloïde.

Les affections gastriques ont sur la modalité des crises une influence considérable signalée par M. Hayem et surtout établie par les travaux de MM. Mathieu et J. Ch. Roux. Leur association vient apporter aux accès paroxystiques les caractères de durée et de fréquence que nous avons déjà étudiés. Leur influence peut, semble-tl, être plus considérable encore et porter sur la provocalion même des crises. Les symptômes propres de ja gastropathie chez des sujets évidemment prédisposés de part la tendance de leurs lésions méningo-radiculaires, se couvrent du masque de la crise gastrique. Un cas rapporté par Mouisset (1) est assez concluant « en montrant à quel point chez des sujets atteints d’une affection gastrique, les caractères de la douleur et des vomissements peuvent être influencés par la coexistence d'un tabes ». Il s'agissait dans l'observation de M. Mouisset d'un alcoolique, tabétique au début, qui présentail Tous les matins, depuis le réveil Jusqu'à midi, des vomissements dont les caractères pouvaient faire penser à des crises gastriques. L'existence non douteuse d’ une gastrite alcoolique antérieure laissa supposer qu'il ne

(1) Moursser. — Soc. méd. des hôp. de Lyon. Lyon médical, 1908 p. 1006.

s'agissait que de pituites amplifiées et prolongées par l'affection médullaire, et ce diagnostic trouva sa confirmation dans la guérison de ces vomissements sous l'influence du repos et du régime lacté.

Les gastrites médicamenteuses peuvent jouer un rôle identique par l'irritation de la muqueuse qu'elles provoquent. Ce rôle a été particulièrement mis en lumière par J. Ch. Roux {1) pour l’iodure de potassium, souvent employée à doses élevées dans le traitement du tabes: la suppression du médicament est constamment suivie d'une amélioration. Il n'est pas jusqu'aux dyspepsies banales qui ne puissent agir comme cause occasionnelle des accès. La ptose gastrique, comme l’a montré M. Mathieu (Obs. XII), peut agir dans ce sens, ce qui s'explique par « les tiraillements répétés des extrémités nerveuses émanant du plexus solaire chez les plosiques, liraillements parfaitement suffisants pour produire l'incilation nerveuse qui déclanche la crise » (Mathieu). L'efficacité du repos au lit en est la preuve manifeste. Sans vouloir attribuer à l’hyperchlorhydrie le rôle déter minant qu'avait voulu lui donner Sahli, on est cependant amené à admettre que lirritation de la muqueuse par une sécrétion trop acide puisse contribuer dans une certaine mesure à la fréquence et à l'intensité des GRISeS,

L'ulcère de l'estomac semble avoir eu une influence analogue dans un certain nombre d'observations. La coexistence du cancer de l'estomac et de crises gastriques n'a été constatée qu'une fois (Roque et Chalier). Il est à

(4) J.-Cn. Roux. — Loc. cit.

AD

noter que le développement de ce carcinome entraina pour la première fois l'apparition des crises qui d’abord isolées et bien typiques perdirent dans la suite leur caractère paroxystique pour se confondre avec les symptômes dyspeptiques vulgaires et continus dont souffrait le malade. Il semble qu'on soit en droit de supposer que chez ce tabétique le néoplasme est responsable de l'apparition des crises gastriques.

Parmi les causes occasionnelles du syndrome, une place toute spéciale est encore à faire à la grossesse. Les publications de MM. Touche (1), Jean Heitz, Grenier de Cardenal (2) H. Dufour (3) ont bien établi le coup de fouet prodigieux qu'imprime aux lésions médullaires l’état gravidique. La grossesse semble même, quand elle survient chez une femme, non pas au stade prétabétique, mais seulement en puissance de tabes, pouvoir provoquer l'apparition du syndrome. Un certain nombre de cas de vomissements incoercibles de la grossesse ne sont en réalité que des crises gastriques en rapport avec un tabes jusque-là latent. C'est ainsi que M. Lepage rapporte un cas où les vomissements persistèrent après l’accouchement, tandis que survenaient des paralysies et des troubles de la sensibilité. ;

D'ailleurs, malgré l'évolution rapide que prend souvent le tabes sous l'influence de la gestation, d’autres signes : tabéliques peuvent au contraire n'apparaitre que beau-

(1) ToucnE. — Deux formes anormales de crises gaslriques du tabes. Soc. méd. des hôp. 4 mai 1900.

(2) GRENIER DE CARDENAL. — Rapports du tabes avec la grossesse et

l'accouchement. Thèse de Bordeaux, 1902-1903. 3) H. Durour.— Tabes el grossesse. Soc. de neurologie 3 décembre 1908 ; Soc. méd. des hôp., 5 févr. 1909.

coup plus tardivement, après une ou plusieurs autres grossesses encore compliquées de crises. Nous insisterons à ce sujet sur l'intérêt de notre Observation XIV, due à l’obligeance de M. OEttinger et qui est absolument démonstrative. La malade actuellement tabétique confirmée, n'a présenté pendant.8 ans aucun signe qui put faire penser au développement insidieux d’une affection spinale, à l’exception de crises gastriques très violentes, qui ont accompagné régulièrement chacune des cinq grossesses qu'a eues celle femme, sans jamais se produire en dehors de la gestation. Ce n’est que 8 ans après la première grossesse (la dernière remontant à 3 ans) que la malade a eu pour la première fois une crise gastrique sans être enceinte. Depuis lors, cet accident se reproduit avec une fréquence croissante, et des signes objectifs de tabes se sont successivement installés.

Il est évident que des crises gastriques survenant seulement à l’occasion d’une grossesse, sont fort difficiles à séparer des vomissements incoercibles de l’état gravidique. L'intensité des phénomènes douloureux quand ils existent, pourrait mettre sur la voie, mais l'examen du liquide céphalo-rachidien pourra seul déceler le processus spinal en activité.

Nous signalerons enfin l'influence qu'ont semblé jouer dans un cas de Touche les époques menstruelles, dans l'apparition précoce et isolée des crises gastriques.

Quelqu'importance que puissent prendre les conditions adjuvantes que nous venons de passer en revue, dans la provocation des crises, 1l n’en reste pas moins évident, que les rares crises ‘gastriques hystériques

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