‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 14 sur 53 · TES · texte numérisé non relu

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qui détermine les lésions cardiaques à celui qui occasionne le mal perforant valvulaire, car lésions cardiaques banales et état fenêtré des valvules, sont souvent associés.

Tous les auteurs ne croyaient cependant pas pouvoir rejeter cette théorie. Roger et Gouget déclaraient ne pouvoir la mettre en doute d’une manière absolue. Rendu, M° Weissberg et quelques autres auteurs se rangeaient de leur avis. La théorie trophique avait donc encore des partisans en 19017.

b) Par action réflexe. — C’est la pathogénie formulée par Grasset (1), pour qui les lésions de l’aorte sont dues aux douleurs de l’ataxie. Il fonde son opinion sur les expériences des physiologistes, sur celles de Fr. Frank, Marey, Conty et Charpentier en particulier : toutes ont en effet établi que, chez les animaux, les douleurs périphériques provoquées s’accompagnent de troubles cardiaques fonctionnels. Grasset s'appuie aussi sur les travaux cliniques de Potain qui a bien montré que certaines affections douloureuses de l’estomac et du foie peuvent retentir sur les vaisseaux du poumon qui se contractent par voie réflexe et entraînent secondairement la dilatation du cœur droit.

Cette hypothèse a été rejetée de bonne heure. De nombreuses objections lui ont été faites ; nous les trouvons relevées par Schnell et nous retenons seulement les principales :

1. Grasset. L’ataxie et lésions cardiaques. Montpellier médical, 1880.

10 De nombreuses autres affections douloureuses ne produisent pas de lésion cardiaque : la sciatique par exemple ;

20 Le pouls n’était pas plus rapide dans les crises douloureuses, remarque Truc.

30 Dans certains cas les troubles fonctionnels cardiaques précèdent l’ataxie et par suite les douleurs ; on ne peut alors incriminer ces dernières.

4° Des troubles fonctionnels du cœur peuvent persister longtemps, sans déterminer aucune lésion aortique : il en est ainsi dans la maladie de Basedow par exemple.

5o Enfin, remarque Nordmann, « le fait que chez les tabétiques les symptômes fonctionnels des cardiopathies sont en général très peu marqués, comme M. Grasset l’a montré, ne va guère avec l'hypothèse du retentissement douloureux du tabes déterminant la cardiopathie.

Il convient d’ailleurs d’ajouter, pour être impartial, que Grasset lui-même était revenu ultérieurement sur sa première opinion. Il pensait alors que les cardiopathies étaient une manifestation d’une artériosclérose concomitante au tabes «tout en réservant aux crises douloureuses un rôle important pour la détermination cardiaque de la sclérose artérielle et la révélation à un moment donné de la cardiopathie jusque-là latente ».

4o Les deux affections dépendent d'unen’n?

cause. — Plusieurs théories partant de ce principe ont essayé de fournir la pathogénie des aortites.

Nous ne rappellerons les deux premières que pour mémoire et nous n’insisterons que sur la troisième

qui était celle généralement admise en 1go1, bien qu’encore très controversée.

Première théorie. — C'est celle de M. Martin (1) pour qui le tabes et l’aortite dépendent d’une diathèse fibreuse : l’arterio capillary fibrosis de Gull et Sutton, Celle-ci aurait elle-même pour point de départ tantôt un agent chimique cireulant dans le sang, tel que l'alcool ou le plomb, tantôt un agent infectieux tel quele bacille de la syphilis ou celui de la tuberculose. La lésion des vaisseaux, cause de tout le mal, ajoute M. Martin, consiste € en une endartérite oblitérante progressive qui en raison des troubles consécutifs de l'irrigation sanguine amènerait dans les organes la mort des éléments nobles (cellules nerveuses cellules endocardiques) ». Ce processus frapperait parallèlement les cordons postérieurs et l'aorte parce qu'il est généralisé.

De bonne heure cette théorie a été rejetée parce qu’il est inadmissible qu’un tel processus généralisé puisse se limiter aux cordons postérieurs, à l'exclusion

des autres. De plus, on sait que dans le tabes les élé-

ments conjonctifs et nerveux sont atteints les premiers ; les vaisseaux ne le sont que secondairement.

Deuxième théorie. — C’est celle de Renaut qui écrit : « La sclérose postérieure est le terme commun où aboutissent des maladies diverses. La forme

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