‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 33 sur 53 · MERS · texte numérisé non relu

MERS

Widal et Lermierre publient trois observations typiques de syndrome de Babinski. Nous les trouvons parmi les six cas auxquels nous faisions allusion précédemment : elles sont relatées dans notre thèse sous les numéros V, VLet VIT. La dernière, en réalité, s’applique au malade qui a déjà été examiné par M. Vaquez, dans l'observation IT : nous ne la reproduisons que parce que l'examen du liquide céphalo-rachidien a été pratiqué, cette fois, et a révélé l'existence d’une lymphocytose abondante. Dans l'observation V, le malade vient consulter pour une dyspnée assez accentuée, mais

celle-ci est due, sans doute, surtout à la pleurésie droite qu'il présente. La percussion permet cependant de constater une dilatation de l'aorte, qui coïncide avec une inégalité pupillaire très nette (mydriase à gauche), On serait d'autant plus tenté d'invoquer la théorie classique pour expliquer la pathogénie de cette dernière, qu’il existe en même temps des troubles de la voix. La recherche des réflexes pupillaires détruit cette hypothèse : elle dénote en effet, à gauche, une abolition complète du réflexe lumineux. La lymphocytose rachidienne démontre d’autre part l'extension du processus aux méninges. Il y a lieu en conséquence derapporter les deux lésions à une origine syphilitique commune ; une fois encore se trouve ainsi dépistée une lésion nerveuse qui eût pu d'autant mieux rester méconnue qu'il existait, nous répétons, des troubles de la voix

imputables à une lésion récurrentielle. L’observa-

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tion VII est absolument calquée sur celles de Babinsk; et de Vaquez. Un malade présente des symptômes fonctionnels, douleur précordiale et dyspnée ; l’aus. cultation en fournit l'explication par la découverte d’un rétrécissement et d’une insuffisance aortiques ; bien qu’il n’y eût pas d’inégalité pupillaireon recherche le signe d’Argyll et on le trouve des deux côtés ; la ponction lombaire complète le syndrome en relevant une lymphocytose abondante.

Des deux observations publiées par J. Chaïllous(r), lune (Obs. VIII) ne présente aucune particularité ; la seconde n'offre pas au début les symptômes fonctionnels habituels ; il s’agit dans ce cas de troubles laryngés. Le syndrome de Babinski n’en existe pas moins puisque ces troubles initiaux, d’origine récurrentielle, sont déterminés par la dilatation aortique. Ce sont eux qui ont permis de déceler la lésion nerveuse.

Heïtz (1) est sans doute tombé sur une série malheureuse, car il n’a pu, malgré ses recherches,

rencontrer un Cas vraiment typique de syndrome de Babinski. Une seule fois il a trouvé l’aortite associée à un tabes fruste; la première lésion ne dominait pas la scène, elle se manifestait seulement par des battements au foyer aortique, et le malade ne se plaignait que de douleurs périthoraciques (Obs. X). L’exploration des pupilles révéla un myosis double et l'abolition du réflexe lumineux.

1. Chaillous. Annales d’oculistique (juillet 1902). 2. Heitz. Thèse Paris, 1903.

La thèse de Déchy renferme deux observations (Obs. X biset X (er) fort intéressantes. Dans la première il y a association d’une insuffisance mitrale et d’un rétrécissement aortique à un tabes fruste ; dans la seconde une double lésion aortique coexiste avec la méningite chronique syphilitique (1).

Merklen et Pouliot (2), en 1904, publient une observation de la plus haute importance, ayant une grande analogie avec celle de Vaquez et Digne signalée plus haut. Il s’agit d’un malade atteint, non pas de tabes fruste comme précédemment, mais de méningite chronique syphilitique complètement méconnue : un traumatisme banal a déterminé chez lui un anévrisme aortique. Nul doute que dans ce cas, comme dans le précédent, la syphilis n’ait singulièrement altéré, au préalable, le vaisseau. L'origine de l’aortite se trouve, une fois encore, saisie sur le fait et l'hypothèse de Bouveret apparaît consacrée formellement par le syndrome de Babinski. Vaquez a su montrer tout l'intérêt médico-légal d’un tel fait : « Toute lésion aortique, même traumatique, écrit-il, doit nous inciter à rechercher le rôle des lésions antérieures du vaisseau. Les altérations dues à la syphilis notamment sont à incriminer, lorsque avec la lésion vasculaire, anévrisme, rupture aortique, insuffisance valvulaire, on constate la coexistence de troubles

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