‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 34 sur 53 · Déchy. Th. Paris · texte numérisé non relu

Déchy. Th. Paris

2. Merklen et Pouliot. Société médicale des Hôpitaux, 25 mars 1904.

indéniables, portant sur d’autres appareils, notamment sur le système nerveux. »

De Massary rapporte deux nouvelles observations où l’on constate l'association d’une aortite avec un tabes fruste (Obs. XII et XIIT). C’est la constatation de la première qui a servi à déceler la lésion nerveuse. La ponction lombaire n’a pas été faite, mais ces deux cas n’en sont pas moins fort intéressants, puisque les deux autres éléments du syndrome constituent à eux seuls toute la maladie. « Ces coïncidences relativement fréquentes, conclut de Massary, permettent de formuler la loi suivante : sur un tabétique avéré recherchez l’aortite, sur un aortique recherchez le tabes.» Remarquant que cette loi elle-même n’est qu'une restriction particulière d'une loi plus générale il termine en disant : « Ne précisons pas; mais sachons bien que chez les syphilitiques arrivés à la période tertiaire, le système nerveux ne saurait étre trop minutieusement étudié. Un accident tel que l’aortite en amenant le malade au médecin, peut permettre de dépister une lésion nerveuse jusqu’à ce moment latente. »

Aux observations précédentes, nous ajoutons neuf autres inédites : sept d’entre elles nous ont été communiquées par M. Vaquez; nous avons recueilli les deux dernières dans le service de M. le Dr Launoïis.

Lorsqu'on les examine dans leur ensemble, il est facile de se rendre compte qu’elles confirment en tous points celles publiées antérieurement. Toutes ont débuté par de la dyspnée, qui se manifeste seu-

lement à l’occasion d’un effort chez les uns, tandis qu'elle persiste tout le temps chez les autres et les met souvent dans l'impossibilité de rester couchés. Uneseule exception est à faire pour l'observation XX ; il s’agit dans ce cas d’une malade atteinte d’une hémiplégie droite avec aphasie et dont il a été impossible de tirer aucun renseignement. À la dyspnée s’ajoutent fréquemment des douleurs au niveau de la région précordiale, pouvant s’irradier vers les bras. Des vertiges sont notés dans les observations X VIIT et XXI. Le début, en un mot, est toujours le même, ce sont des troubles fonctionnels qui le constituent.

L'examen a révélé dans tous les cas une lésion aortique de gravité très variable : deux fois (Obs. XX et XXI) très légère elle se réduit à un second bruit clangoreux, quatre fois il s’agit d’une insuffisance aortique classique, trois fois, enfin, il y a insuffisance et rétrécissement. Il est à noter que dans l’observation XVIII l'insuffisance aortique s'accompagne d’une insuffisance mitrale : dans ce cas précisément nous rencontrons le rhumatisme articulaire aigu parmi les antécédents pathologiques. Une exploration systématique des réflexes pupillaires a permis de constater l'existence du signe d’Argyll Robertson dans sept cas ; dans les deux autres le réflexe lumineux n’était pas aboli, mais considérablement affaibli. La ponction lombaire enfin a révélé une lymphocytose rachidienne abondante chez les huit malades chez lesquels elle a été pratiquée.

Le syndrome de Babinski, en un mot, est loin de

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constituer une rareté en clinique. Les vingt-six observations que renferme ce travail (en y comprenant les deux cas de Babinski publiés plus haut) nous autorisent à conclure, au contraire, qu'un examen minutieux de tous les aortiques permettra de le rencontrer fréquemment et de remonter ainsi d'une lésion aortique comme à une lésion nerveuse méconnue.

L'étude précédente nous permet enfin de constater, en partie du moins, l’évolution de ce syndrome. Dans un certain nombre de cas, nous avons rencontré en effet des symptômes de tabes insipiens : la maladie est chez chacun d’eux à un degré différent de sa marche et semble devoir aboutir à l’ataxie confirmée, M. Vaquez, vient, d'autre part, de revoir le malade de notre observation I : il présente maintenant une paralysie générale absolument classique. Il convient donc d’attendre, et peu à peu des observations nouvelles nous permettront d'assister à l’évolution complète de la méningite chronique syphilitique vers le tabes, la paralysie générale et les autres manifestations d’étiologie spécifique. Dans certains cas au contraire nous pourrons voir

le syndrome de Babinski persister indéfiniment.

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