‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 35 sur 53 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Vaquez : Société Médicale des Hôpitaux,!7 février 1902).

Rétrécissement et insuffisance aortiques sans dilatation. — Myosis bilatéral. — Perte de réflexe lumineux avec conservation de l’accommodation à la distance. — Abolition des réflexes achilléen et patellaire. — Douleurs fulqurantes fuga-

ces. — Tabes insipiens.

© M. X.., 52 ans, entre dans mon service de l'hôpital Saint Antoine, salle Aran, le 28 janvier 1902, pour des vertiges et des douleurs intermittentes et paroxystiques dans la région précordiale avec irradiation dans le bras gauche. De plus, depuis deux ans, le malade présente de la dyspnée d’effort qui a une fois nécessité son entrée à l'hôpital.

Ses antécédents pathologiques se réduisent à deux constatations importantes. À l’âge de 25 ans le malade a eu une ulcération de la verge, de nature indéterminée, mais de durée assez longue, qui n’a pas paru suivie d'accidents spécifiques intéressants. À 32 ans, il a eu une attaque de rhumatisme articulaire aigu, suivi à plusieurs reprises d'autres petites poussées bénignes.

L'examen permet de reconnaître tout de suite l'existence d’une lésion aortique caractérisée par une augmentation du volume du cœur qui mesure 152 centigrammes. Cette augmentation porte sur le ventricule gauche, car la pointe abais-

sée, et non rejetée en dehors, bat dans le sixième espace.

put à dun des

L'auscultation fait reconnaître la présence de deux souf-

Îles, systolique et diastolique, à siège et timbre caractéristiques. On note de plus l'existence des signes périphériques habituels, pouls capillaire, double souffle crural. Enfin la forme de la matité cardiaque ne permet pas de supposer qu’il y ait une dilatation notable de la crosse aortique.

Un second symptôme attire de suite l'attention ; il consiste dans un myosis bilatéral extrémement accentué. En étudiant de plus près les réflexes pupillaires, on s'aperçoit que l'accommodation à la lumière est totalement abolie (signe d’Argyll Robertson), tandis que, pour l’accommodation à la distance, les pupilles, malgré leur petitesse, peuvent encore se dilater ou se rétrécir. |

Nous recherchons alors quel est l’état des autres réflexes et nous notons que le réflexe achilléen et le réflexe patellaire sont totalement abolis. Aucun autre signe de tabes ne peut être relevé, si ce n'est quelques douleurs vagues en éclairs, mais peu caractérisées, que le malade aurait ressenties sur la face externe des cuisses, La ponction lombaire révèle l'existence d'une lymphocytose abondante.

Enfin il ne semble y avoir aucune autre lésion organique ;

l’état général du malade est satisfaisant.

LS

Page 1