OBSERVATION II
(Vaquez. Société Médicale des Hôpitaux, 7 février 1902). . Insuffisance aortique sans dilatation. — Myosis bilatéral ; perte du réflexe de l'accommodation pupillaire. — Abolition des
réflexes achilléens des deux côtés et du réflexe patellaire à
gauche. — Tabes insipiens.
M. X..., soixante-six ans, entre dans mon service de l’hôpi-
tal Saint-Antoine, salle Aran, le 3 janvier 1902, pour des dou-
at de dt mm mtitité timidité)
leurs diffuses, suite de traumatisme et des phénomènes vertigineux habituels. Il y a quelques jours, le malade a été renversé par un cycliste ; a-t-il été vraiment bousculé, la chute n’a-t-elle pas été causée par un vertige ? c’est ce qu'il est impossible de savoir exactement.
Quoiqu'il en soit, le malade se plaint de souffrir dans la région des reins ; de plus, sa démarche serait devenue un peu titubante.
Les antécédents personnels sont importants, il y a sept ans le malade a eu, sans cause apparente, une hématémèse abon- | dante à la Pitié, où il fut soigné, on a reconnu l'existence d'une lésion aortique.
La cause de cette lésion reste inconnue.
Le malade est bien un peu alcoolique ; il a séjourné longtemps en Algérie, mais il n'aurait pas eu de paludisme ; il n’a pas eu de rhumatisme ni de syphilis. Cependant, marié, il n’a pas eu d'enfant, mais sa femme a fait une fausse-couche. L’examen objectif, qui porte d’abord sur le cœur, montre que
celui-ci est augmenté de volume, et sa pointe bat sous la
sixième côte. La surface de matité mesure 151 centimètres carrés, il est bondissant et ses battements sont souvent perçus du malade. La forme de la matité n'indique pas qu'il y ait de dilatation dé la crosse, et l'examen radioscopique pratiqué par notre collègue M. Béclère révèle seulement que la crosse est un peu allongée et que si les bords de l’artère ne sont pas tout à fait parallèles, ce défaut de parallélisme est presque imperceptible. L’auscultation dévoile l’existence d’un souffle diastolique au foyer aortique avec son timbre et sa propagation habituels. On constate également qu’il y a un double souffle coronal.
L'état des pupilles frappe l'attention. Celles-ci sont presque punctiformes. Les réflexes pupillaires sont totalement abolis à la lumière et à la distance. Le réflexe du tendon d’Achille est aboli des deux côtés ; celui du tendon rotulien, conservé à droite, a disparu à gauche.
La démarche est normale et il n'y a pas d’autres signes de tabes, si ce n’est quelques douleurs en éclairs dans les jambes,
sans caractères bien particuliers.