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Cinquième ponction lombaire : liquide analogue

6 janvier 1908. — Il commence à se montrer un certain degré d’atrophie

52 CLINIQUE ET SYMPTOMATOLOGIE

ni

musculaire, marquée surtout au niveau de la cuisse gauche. La miction est devenue assez difficile. Du côté du rectum, le malade sent mal passer les matières.

L'état reste le même pendant tout le courant de l’année 1908.

24 septembre. — Sixième ponction lombaire.

30. — Septième ponction : le liquide présente toujours les mêmes caraclères que dans les ponctions précédentes.

21 novembre. — Pour combattre la contracture des membres inférieurs el les douleurs intenses qu’elle occasionne, le docteur Fernand Lévy fait au malade une injection intra-rachidienne de sels de magnésium.

A la suite, rétention d'urine disparaissant au bout de quarante-huit heures. La contracture et les douleurs diminuent très notablement, mais reparaissent aussi intenses au bout de septou huit jours.

5 décembre, — Deuxième injection de sels de magnésium, suivie d'une amélioration passagère.

6 février 1909. — L'état local du malade reste à peu près le même. L’atro-

phie musculaire au niveau des membres inférieurs tend toutefois à augmenter.

L'état général s’altère, le malade se nourrit mal et se cachectise.

Il meurt le 23 mars 1909.

Chez ce malade, les auteurs ont pratiqué, dans le courant de 1907 et 1908, sept ponctions lombaires.

Toutes ont montré un liquide jaune citrin coagulant tellement vite que le caillot formé obstruait l’aiguille et que, pour retirer une certaine quantité de liquide, on était obligé de la désobstruer en y passant un mandrin.

Le coagulum détaché des parois du tube où on le recevait, au moyen d’une baguette en verre étirée, se rétractait fortement, laissant exsuder le liquide qu'il contenait dans ses mailles. Reçu et maintenu cinq minutes dans un tube chauffé à 58°, il ne prenait plus en masse, mais on. pouvait lui rendre son pouvoir coagulant, soit par addition de liquide neuf, soit par addition de sérum sanguin. Les précipitants des sels de calcium empêchaient également la coagulation qu'on pouvait de nouveau provoquer par une addition suffisante de CaCl2.

L'examen histologique du liquide défibriné au moyen de perles de verre n'a toujours montré que quelques rares éléments lymphocytaires, jamais plus de deux ou trois lymphocytes par champ microscopique à l'immersion. Jamais on n'a observé de globules rouges ni d'autres éléments anormaux.

La composition chimique de ce liquide a été examinée à trois reprises, le 27 octobre 1907, le 24 septembre et le 30 septembre 1908.

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L'examen Spectroscopique n'a jamais donné les bandes caractéristiques de 2 L< 4 LJ] - La . . « . . .

l'hémoglobine ; le liquide éteignait la partie droite du spectre jusqu'au vert inclusivement.

Nous rapporterons plus loin les résultats de l’autopsie qui a pu dans ce cas encore être pratiquée.

Observation XIV. — MM, Mesrrezar et Rocer (1).

T... Jules, cultivateur, âgé de 29 ans, entre le 12 mars 1909, dans le service du professeur Carrieu, à l'hôpital suburbain, salle Combal, n° 22, pour paraplégie.

Histoire de la maladie. — Le début remonte au mois de juin 1908. Dès cette époque, le malade ressent quelques douleurs et de la faiblesse dans le membre inférieur droit. Ces symptômes, surtout la parésie, s'accentuent progressivement.

En décembre, le malade s’alite ; et, comme il rapporte ces phénomènes douloureux surtout au niveau du genou, des pointes de feu sont appliquées à ce niveau.

Dès le mois de décembre surviennent des crises de contracture, qui, d’abord localisées au membre inférieur droit, envahissent bientôt le membre inférieur gauche. Impotence et contracture se sont accentuées, mais les crises douloureuses ont disparu, ne laissant que quelques sensations de fourmillements dans les membres.

Depuis un mois la marche est impossible. Comme autres symptômes, durant cette longue évolution, nous ne notons que quelques vertiges, non accompagnés de chutes, au début de sa maladie, et quelques troubles des sphincters assez récents ; le malade a perdu plusieurs fois ses urines et ses

(1) Mesrrezar et Rocer, Comptes rendus des séances de la Sociélé de biologie. séance du 19 juin 1909 et Revue neuroloique du 15 septembre 1909.

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matières fécales. Le traitement suivi jusqu'ici a consisté en pointes de feu le long de la colonne vertébrale et en frictions mercurielles qui n'ont été suivies d'aucune amélioration.

Antécédents personnels. — Pas d'accidents vénériens ; le malade nie toute syphilis ; pas d'éthylisme. Bonne santé habituelle. |

Hydarthrose traumatique du genou droit pendant le service militaire.

Le malade est marié et père de deux enfants en bonne santé ; sa femme n’a pas eu de fausse couche.

Pas de traumatisme rachidien.

Examen du 13 mars 1909. — Le malade, de complexion forte, présente un bon état général, une intégrité de ses divers appareils, qui contrastent avec les troubles de la motilité des membres inférieurs.

Membres inférieurs. — Motilité. — La paraplégie est à peu près complète, plus marquée du côté droit; le membre inférieur droit contracturé est à peu près incapable de tout mouvement et à peine s’il peut être détaché du plan du lit.

Le malade soulève légèrement le membre inférieur gauche, et peut résister, mais très faiblement, aux quelques mouvements qu'on lui impose. Tout effort de mobilisation provoque, surtout dans le membre inférieur droit, une crise de contracture.

Le malade peut s'asseoir seul dans son lit. Assis, il ne présente pas de signe de Kernig. Si on le lève et si deux aides le soutiennent, il fait deux ou trois petits pas en trainant les deux jambes. La démarche n’est pas aussi spastique que le ferait prévoir la contracture observée dans le lit.

Sensibilité. — Pas de douleur spontanée ni provoquée à la pression des masses musculaires ou des troncs nerveux. Hyperesthésie au tact et à la douleur et retard dans la perception des sensations au niveau du membre inférieur droit, surtout à la région postérieure ; à la fesse qui est presque complètement insensible.

Les sensations de chaud et de froid sont encore plus mal perçues au niveau de ce membre. |

Le membre inférieur gauche ne présente pas de troubles de la sensibilité.

Réflexes tendineux. — Réflexes rotuliens très exagérés, danse de la rotule, trépidation épileptoïde du pied très intense des deux côtés, mais surtout à droite.

Réflexes cutanés. — Réflexes crémastériens abolis des deux côtés ; pas de réflexe plantaire.

Troubles vaso-moteurs et trophiques. — Dès qu'on découvre les membres, les pieds deviennent cyanosés et froids. Quelques furoncles sur le membre inférieur droit.

Sphincters. — Une certaine urgence pour aller à la selle; le malade a perdu à plusieurs reprises ses matières.

Membres supérieurs. — Motilité et sensibilité normales : réflexes un peu vifs.

Face. — Pas de troubles de la motilité ni de la sensibilité. Langue : motilité normale, pas de troubles de la parole.

Yeux. — Motilité oculaire intacte : pas de rétrécissement du champ visuel,

Colonne vertébrale. — Pas de déformation.

Quelques douleurs spontanées, moins intenses qu’au début, au niveau de la colonne vertébrale lombaire. A la pression profonde, la colonne ést un peu douloureuse, surtout sur le côté de la ligne médiane et au niveau des le et IVe vertèbres lombaires.

Le malade est soumis au traitement électrique (courants continus). Six ponctions lombaires ont été pratiquées sans difficulté au niveau de la IV° lombaire.

6 mai. — Nous avons vu la maladie évoluer et se modifier très nettement. Tout d'abord et pendant quelques jours, la paraplégie est allée en progressant, S'accentuant au niveau du membre inférieur gauche, qui encore actuellement, malgré un début de rétrocession, est un peu plus atteint que l'autre. Mais les modifications sont très sensibles du côté du membre inférieur droit.

Le malade, progressivement et après des exercices répétés, a d’abord réussi à se tourner tout seul dans son lit, à se tenir debout, puis à monter et à descendre de son lit, à faire quelques petits pas avec deux cannes. Actuellement la marche est possible, le malade s'appuyant d'une main sur une canne et soutenu de l’autre côté par un aide ; le membre inférieur droit se meut normalement, mais le gauche fauche nettement.

Aù lit, le membre inférieur droit se soulève sans grand effort au-dessus du plan du lit; la motilité des divers segments articulaires est en grande partie rétablie. Le membre inférieur gauche ne peut encore être détaché du plan du lit.

Les membres sont moins raides et les crises de contractures moins intenses et plus rares.

Les réflexes rotuliens sont exagérés des deux côtés, surtout du côté gauche. Pas de danse de la rotule, ni de trépidation épileptoïde des pieds. Pas de réflexe plantaire ni crémastérien.

La sensibilité est toujours un peu diminuée au membre inférieur droit : le chaud et le froid sont un pen mieux perçus qu'à l'entrée ; l'anesthésie de la fesse droite ne se trouve plus.

Pas de troubles des sphincters ni des membres supérieurs.

A noter que le malade lui-même a constaté une amélioration notable,

56 CLINIQUE ET SYMPTOMATOLOGIE après les ponctions lombaires qui furent faites durant son séjour à l'hôpital.

20 juin. — Le malade marche seul avec deux cannes. Spasticilé un peu moindre, motilité du membre supérieur gauche stationnaire.

En résumé, nous nous trouvons en présence, au point de vue clinique, d'une paraplégie spasmodique avec troubles de la sensibilité et quelques troubles des sphincters. Le diagnostic qui s'impose est celui de méningoinyélite lombaire subaiguë, qui, prédominant d'abord du côté droit, s'est étendue ensuite à toute la superficie de la moelle et est actuellement très nettement en voie de rétrocession. L'absence de tout antécédent syphilitique ou tuberculeux, de tout signe de Pott, ne nous permet pas d'en préciser l’étiologie.

Mais cette méningo-myélite s’est accompagnée de modifications toutes particulières du liquide céphalo-rachidien, plus marquées lors des premières ponctions et que nous allons indiquer.

Première ponction le 1° mars. — Le liquide coule lentement goutte à goutte ; l'écoulement s'arrête quand nous avons recueilli 4 à 5 centimètres cubes. Nous aspirons légèrement avec la seringue ; dès que nous cessons l’aspiration, l'écoulement cesse. Nous recueillons ainsi 10 centimètres cubes de liquide clair, mais présentant une teinte jaune d'or très marquée.

La centrifugation donne un culot peu abondant contenant des globules rouges et quelques lymphocytes : pas de polynucléaires.

Abandonné à lui-même, le liquide se prend en masse en quelques minutes dans les tubes où il a été recueilli.

Le sérum séparé de cette coagulation spontanée, abandonné à lui-même ne fournit plus de dépôt de fibrine ; il donne cependant une nouvelle prise en masse par l'addition de quelques gouttes de sérum frais de cobaye ; c'est donc que le liquide renfermait une quantité notable de fibrine et relativement peu de fibrine-ferment.

Les résultats de l'analyse de cette ponction sont collationnés dans le tableau suivant :

Deuxième ponction le 22. —" Ecoulement en jet. Liquide clair. Quantité 14 centimètres cubes ; xantochromie plus faible que dans la ponction n° 1, mais encore très nette ; pas de culot sensible, pas de coagulation spontanée ; coagulation abondante par addition de sérum ; obtention d'un voile épais et consistant.

Troisième ponction le 30. — Ecoulement en jet, pas de culot; quantité : 15 centimètres cubes, légère coloration jaune beaucoup moins marquée encore que dans la ponelion précédente, pas de coagulation spontanée, mais formation d'un réseau fibrineux délicat se présentant bientôt sous forme d'un voile gris flottant dans le liquide: la fibrine ainsi déposée est pesée et correspond à 0 gr. 32 de substance sèche par litre.

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