‹ Le syndrome de compression du nerf optique intracranien: étude cliniqueChapitre 32 sur 40 · ESSAI DE PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

ESSAI DE PATHOGÉNIE

Le syndrome de compression du nerf optique est-il dû à la compression des fibres nerveuses ou des vaisseaux nourriciers ?

Il est difficile de le dire. Lors de présentation de malades opérés et améliorés à la Société d’Ophtalmologie de Paris, Morax avait insisté sur la compression des vaisseaux, ce qui expliquait mieux pour lui les récupérations visuelles. Nous ne pensons pas exactement ainsi. Sans nier la possibilité de trouble vasculaire, nous pensons que la compression des fibres nerveuses est primordiale dans le syndrome. Nous nous basons sur les faits suivants :

19 Le nerf optique intra-cranien, comme le chiasma, est irrigué par des branches de la carotide interne. De nombreuses petites artérioles l’abordent et forment un réseau pie-mérien important avec nombreuses anastomoses, renforcé encore par d’autres artérioles venant de la cérébrale antérieure. Du réseau pie-mérien partent de nombreux capillaires formant des mailles polygonales larges, renfermant

à leur tour de plus fins réseaux. Toutes les cloisons conjonctives ont leur vaisseau. Cependant il semble que ces branches soient terminales et qu'il y ait une indépendance entre les trois zones (zone choroïdienne pour la bandelette antérieure, zone carotidienne et cérébrale antérieure pour le chiasma et le nerf optique jusqu’au trou osseux, zone ophtalmique pour le territoire orbitaire). [Il n’en reste pas moins que la circulation dans la région opto-chiasmatique est riche. Si quelques vaisseaux sont comprimés, les autres pourront aisément y suppléer tant que tout le nerf optique ne sera pas complètement serré comme dans un étau.

20 Les vaisseaux papillaires restent longtemps normaux même lorsque l’atrophie optique est complète.

30 Dans la stase papillaire se produisent des phénomènes de cécité passagère qui semblent bien être des spasmes artériels par compression. Ces phénomènes sont exceptionnels dans la compression du nerf optique.

40 TI] serait bien curieux que ce fut uniquement les vaisseaux nourrissant le faisceau maculaire qui soient comprimés alors qu’il ne semble pas y avoir de systématisation vasculaire dans le nerf optique. Souvent, comme nous l’avons montré, le scotome central est le seul signe oculaire au début alors que dans les compressions chiasmatiques, celui-ci est exceptionnel ou tardif. Il semble plus logique d'admettre que le faisceau maculaire le plus fragile, subit le premier

les effets de la compression puis, au bout d’un certain temps, les fibres périphériques les plus comprimées ne fonctionnent plus. Ce n’est que plus tard que la compression des vaisseaux s'ajoute à la compression des fibres nerveuses.

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