‹ Le syndrome de la fente sphénoïdaleChapitre 40 sur 44 · DIAGNOSTIC DU SYNDROME · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DU SYNDROME

Les différents ordres de symptômes, que nous venons de passer en revue, réalisent assurément, par leur réunion, un tableau clinique très spécial ; le diagnostic du syndrome n’est pourtant pas toujours aussi facile qu'on pourrait le croire. En dehors de la période de début, où les signes, qui se constituent peu à peu, ne sont pas encore tous réunis, il est aussi des cas où, sauf pour un esprit averti, ceux-ci sont si discrets qu’un examen rapide peut les ignorer. Il ne faut pas oublier non plus que la compression peut ne porter que sur une partie de la fente sphénoïdale et n’intéresser par suite qu'une des branches nerveuses. Celles-ci peuvent également n'être que très légèrement comprimées : les symptômes en seront d'autant plus discrets. Il est à noter que si les nerfs sont, dans presque tous les cas, l'objet d’une compression qui, surtout pour le nerf optique, en provoque la section physiologique, les vaisseaux semblent beaucoup moins sévèrement atteints dans leur circulation. L'aspect du fond d’œil ne dénote que peu, ou, ie plus souvent, pas de stase veineuse. Les paupières ne sont jamais le siège d'oedème, ni l’orbite de cellulite très marqués.

Il existe une diversité très grande dans l'intensité de tous les symptômes signalés par les différentes observations ; Ce qui prouve que, même pour une seule observation, le diagnostic ne se présente pas toujours de la même façon ; il est donc admissible que sa difficulté puisse devenir telle que, dans certains cas, la localisation de la lésion n’est pas faite. On ne peut, sur ce point, apporter d’argument décisif, mais il nous a été donné d'observer deux cas de paralysie presque totale du moteur oculaire commun d’un côté, survenue sans cause apparente et déjà traitée, dès le début, par un traitement antisyphilitique énergique. Dans les deux Cas nous avions pu, un peu après le début, noter des troubles sensitifs très nets dans les territoires de distribution du nasal et du frontal du même côté, troubles à la vérité discrets et dont le malade n'avait aucune conscience mais qui Cependant apparaissaient de façon très précise par l'examen méthodique et surtout par Comparaison avec l'intégrité absolue de la sensibilité du côté opposé. Dans les deux cas, le traitement amena une rétrocession rapide des troubles sensitifs, et du reste, plus tard, des troubles moteurs.

Or, il est de pratique courante en ophtalmologie, d'instituer, en face de la paralysie unilatérale d’un nerf moteur du globe, un traitement spécifique qui est, dans beaucoup de cas, suivi d'effets heureux. La sensibilité n'a pas toujours été examinée. Il est possible qu'elle se révélàt dans certains cas, troublée plus ou moins profondément. C'est là, semble-t-il, la réalisation du Syn-

drome de façon partielle, mais qui, peut-être, sans le traitement, se complèterait rapidement.

Nous n’en voulons pas cependant, loin de là, conclure que toute paralysie partielle doit être considérée comme due à une compression du nerf à son passage dans la fente sphénoïdale. Les causes en sont multiples et trop bien étudiées dans tous les traités classiques pour que nous insistions. Nous voulons seulement signaler la possibilité, dans certains cas, de retrouver des symptômes qui puissent, sous réserve d’une preuve plus complète, indiquer peut-être l'existence d’une compression au niveau de la fente sphénoïdale.

Si dans ces cas partiels le diagnostic est souvent délicat il peut encore présenter des difficultés lorsque les symptômes sont presque tous constitués par suite de la plus ou moins grande intensité de l’un d’entre eux qui en arrive à dominer le tableau et à poser souvent un problème assez difficile à résoudre de façon rapide.

Le symptôme le plus inconstant, et, dans tous les cas le moins marqué, est l’exophtalmie. Son apparition n’en est pas moins une cause de discussion quant au diagnostic. Son apparition quasi subite, son peu d’accentuation et l’absence de progression dans les jours qui suivent lui donnent une allure un peu spéciale.

On ne peut même pas penser aux inflammations aiguës et suraiguës de l'orbite qui donnent fièvre et douleur et s’accompagnent d’une exophtalmie beaucoup plus apparente. Deux cas sont cependant à discuter ; celui de l’exophtalmie consécutive à un traumatisme et

Page 1