‹ Le syndrome de la fente sphénoïdaleChapitre 42 sur 44 · EI · texte numérisé non relu

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Le traumatisme, de façon indirecte, peut provoquer l'apparition d’une exophtalmie symptomatique de la production d’un anévrisme artérioso-veineux survenu au niveau du sinus caverneux.

Il est claSsique de donner de l’anévrisme artériosoveineux une description qui se résume dans la constatation de trois symptômes : l’exophtalmie,le souffle et les battements synchrones au pouls artériel. Mais dans certains cas, à la vérité rares, les battements font défaut ; souvent ils sont difficiles à percevoir. Dans ces cas, si le malade ne se plaint pas d'entendre lui-même le souffle, ce qui peut également se produire et si l’auscultation ne permet pas de l’entendre, il ne reste que l’exophtalmie, exophtalmie assez rapidement constituée et souvent assez considérable mais non toujours pulsatile. Carlotti (1) a signalé un cas où, consécutivement à une chute du 2° étage, et après une période de coma assez prolongée, étaient apparues une exophtalmie unilatérale non pulsatile, une ophtalmoplégie complète avec ptosis, une baisse de l’acuité visuelle. Il n'existait pas de troubles sensitifs mais l’auscultation révélait un souffle doux systolique de la région temporale qui disparaissait par compression de la carotide du même côté. A la palpa- : tion, aucune pulsation orbitaire. L'auteur discutait du reste la possibilité soit d’un anévrisme artérioso-veineux, soit d’un anévrisme de j'ophtalmique avec compression de la veine correspondante. Si nous avons

(1) CarLorrr. — Anévrisme intracranien avec exophtalmie et ophtalmoplégie totale,

choisi cette observation entre toutes celles qui ont été publiées ou recueillies dans les différentes consultations d'ophtalmologie ; c’est que la description clinique serait presque celle du syndrome de la fente sphénoïdale s’il ne lui manquait le symptôme qui semble capital : les troubles de la sensibilité sur le territoire de distribution des branches de l’ophtalmique. L'anamnèse du traumatisme a ici amené à penser à un anévrisme et par suite à rechercher le souffle. Il faut, en effet, parallèlement aux anévrismes d’origine traumatique, placer les anévrismes dits spontanés et dont les cas observés sont assez nombreux. Parmi ceux-ci, plus encore que parmi les précédents, les signes cliniques ne sont pas toujours aussi nets que le veulent les descriptions classiques.

Il ne faut cependant voir dans ces diagnostics que des diagnostics d'exception, car les cas où ils se posent avec celui du syndrôme sphénoïdal nécessitent des conditions d'apparition tels qu’on ne les rencontre que rarement.

L’exophtalmie n’est pas un symptôme constant nous l'avons vu ; il n’en est pas de même de l’ophtalmoplégie qui constitue sinon le symptôme capital, du moins le symptôme le plus frappant. Qu'elle débute la première ou qu'elle succède de peu à l'atteinte du nerf Optique, elle est le plus souvent constatée en même temps que cette dernière. Leur apparition simultanée fait rechercher une cause qui puisse à la fois léser le nerf optique et les nerfs moteurs : celle-ci ne peut siéger que sur la fente sphénoïdale ou dans son voisinage immédiat,

NT

On se trouve en présence d’un malade, porteur d'une Ophtalmoplégie plus ou moins complète d’un côté, et qui, de ce côté, voit son acuité visuelle baisser tous les jours. Il est un diagnostic qui vient immédiatement à l'esprit quand on à constaté l'intégrité des milieux et du fond de l'œil : c’est celui de névrite rétrobulbaire, d'origine sinusienne.

Il faut, en effet, écarter les autres étiologies possibles pour ne conserver que l'origine sinusienne avec affection latente des sinus. C’est cette affection toute spéciale qui, tout à fait d'actualité au cours de ces dernières années, a fait l’objet du rapport très documenté de MM. Canuyt, Ramadier et Velter au congrès d’oto-rhino-laryngologie de 192%. Faisant l'historique de la question, ils montrent que, depuis longtemps, laryngologistes et surtout ophtalmologistes ont insisté sur les relations qui existent entre les infections, même latentes, de l'appareil sinusien et les troubles souvent graves et qui

-paraissent survenir sans cause au niveau de l'appareil

de la vision.

Sous le nom de névrite rétrobulbaire on entend l'existence de signes fonctionnels sans signes ophtalmoscopiques, contrairement à ce que l’on observe dans la névrite optique qui du reste peut être provoquée par la même cause. Nous n’aurons cependant en vue que la première d’entre elles qui seule peut donner un aspect analogue à ce que nous avons trouvé dans nos observations.

Dans les deux cas, en effet, il s’agit d’un malade dont plus ou moins rapidement la vue baisse et chez lequel

On ne frouve aucune altération du fond d’œil qui puisse expliquer cette baisse de la vision.

Existant séparément, celle-ci ne peut être en effet qu’en faveur de la névrite rétrobulbaire mais des observations existent de troubles moteurs accompagnant la paralysie sensorielle consécutive aux sinusites. Ce sont surtout des paralysies du moteur oculaire commun ce qui est expliqué logiquement par la situation anatomique du nerf ou de ses branches par rapport au sinus Sphénoïdal d’où part l'infection ; le moteur oculaire externe n’est que rarement atteint. Il n'en reste pas moins à retenir que le nerf optique et au moins un des nerîs moteurs peuvent être atteints au cours des sinusites de voisinage. Seul manque encore là le symptôme qui devient ainsi de plus en plus capital : les troubles Sensitifs pour donner le tableau que réalise la compression des différents nerfs au niveau de la fente sphénoïdale.

Celui-ci est complètement réalisé cependant par des lésions siègeant non loin de la fente sphénoïdale, mais non tout à fait à son niveau. C’est le cas du syndrome de la paroi externe du sinus caverneux décrit par Foix dont nous donnerons la description, car elle présente, semble-t-il, quelques points de détails un peu différents de ceux que l’on trouve dans le syndrome sphénoïdal et qui, s'ils ne présentent pas, étant donné le trop petit nombre de cas sur lequel s'appuie leur description, un élément de diagnostic absolu, n’en doivent pas moins être retenus comme pouvant permettre des présomplions en faveur d’un diagnostic plutôt que de l’autre,

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