‹ Le Syndrome de Lawrence-BardetChapitre 17 sur 39 · HER · texte numérisé non relu

HER

Sur 59 cas de syndrome de Lawrence-Bardet nous relevons 17 cas sans détails sur Ja rétinite pigmentaire ; 16 cas dont celui de Baïillart et Mme Schiff Wertheimer. avec aspects typiques ou voisins de la description classique ; 26 cas dont notre observation [ avec rétinit

Biepz, observation n° 6: Rétinite pigm

très peu de pigment.

e atypique :

entaire avec

Brepzi, observation né 7 : à coté de taches pigmentaires quelques foyers dégénératifs de teinte blanc Jaunâtre.

Solis Conen et Edward Weiss, observation n° 13: champ visuel réduit au point de fixation, taches pigmentaires atypiques.

Solis ComEx, observation n° 6: Rétinite pigmentaire atypique.

BEerNnarpr observations n° 21 et n° 22 : Rétinite pigmentaire atypique. Lésions de dégénérescence de la rétine, mais la pigmentation typique manque. La dégénérescence frappe surtout le centre d’où la grande baisse de l’acuité visuelle,

Lisser, observation n° 25 : Rétinite pigmentaire atypique associée à la rétinite ponctuée albiscens.

DENzLEer, observation n° 27 : Foyers de pigmentation blanc jaunâtre à côté de taches typiques.

Lance, observation n° 29 : Rétinite sans pigment.

GRiFriTH, observation n° 31 : Pigmentation autour de la papille droite mais rien de typique.

STERLING, observation n° 32: Rétinite pigmentaire sans pigment.

ORNSTEEN, observation n° 38, 39, 40. Dégénérescence pigmentaire atypique de la rétine.

Beck, observation n° 45 et n° 46 : Taches pigmentaires atypiques.

Loorr, observations n° 47, 48, 49. Taches fines blanchâtres. Quelques grains de pigment.

Rerzzy et Laisser, observations n° 54 et n° 55 : Taches

Weissberg. 3

pr

pigmentaires diffuses, foyers hémorragiques. Rétinite pigmentaire atypique. |

Deuscen, observation n° 53: Papilles décolorées. Vaisseaux très étroits, Quelques foyers rétiniens. ls ’agit d’une variété de rétinite pigmentaire.

Rrecer et Trauner. observation, n° 43. Dans la région de la macula, petits foyers jaunâtres et taches très fines de coloration brune et noire dont quelques-unes seulement

rappellent l’aspect cartilagineux typique.

Waicir, observation n° 23 : Lies lésions de la macula prédominent. Pas de signes de rétinite pigmentaire typique.

Kruxmanx et Meyer, observations n° 51, 52. Rétinite atypique. Quelques taches isolées rappellent l'image de

rétinite pigmentaire.

À côté de la rétinite pigmentaire on signale dans.

les examens oculaires le strabisme, l’astigmatisme,

la cataracte polaire postérieure (observation de

Biedl n° 6 et n° 7 et Deusch n° 53). Il s’agit, sans plus, de malformations accessoires comme il en existe d'aussi nombreuses que variées dans le syndrome de Lawrence-Bardet. :

LA DYSTROPHIE ADIPOSO-GÉNITALE constitue le second élément de la maladie de Lawrence-Bardet. Du moins, cette expression figure-t-elle dansla majorité des observations. En réalité, son emploi, emprunté à la description du syndrome de Babinski-

En

ass -

Frôhlich qui comporte effectivement l'association intime des trouble métaboliques et sexuels, ne nous paraît nullement justifié dans tous les cas. C’est au contraire une dissociation fréquente entre ceux-ci qui ressort de la lecture ‘des observations. L’adiposité et les troubles sexuels méritent une étude critique séparée.

Les caractères de l’adiposité de la maladie de Lawrence-Bardet sont exactement ceux des adiposités diencéphalo-hypophysaires qui apparaissent à la suite des encéphalites hypothalamiques d’origime variée (épidémique, syphihtique,. infectieuse) ou d’une tumeur de cette région comme dans le syndrome de Babimski-Frôhlich.. La localisation élective du pannicule adipeux à la région mammaire, l'abdomen, les lombes et la racine des cuisses ou du moins sa prédominance nettement tronculaire, sont notées avec un2 fréquence remarquable dans la plupart des observations.

Cette obésité apparaît précocement. Son développement est parfois même fœtal. Rappelons, par exemple, le poids de naissance de 5 kg. 900 de l’enfant de notre observation 1, de 6 kilogrammes dans le cas de Brepz, ete. Plus souvent cependant l’obésité n’est remarquée par l'entourage que dans la première enfance. Le petit malade de ORNSTEEN avait à 12 mois le poids et la taille d’un enfant de 2ans, la malade de Bardet pesait 15 kilogrammes à un an. Le degré de l'obésité est très variable. Relevons le poids de 91 kilogrammes à 22 ans de la malade de Brepx,

EN ATESS

les poids respectifs dé 100 kilogrammes, 101 kilogrammes de 2 malades de 21 et 15 ans de Soris-ConEx.

Dans d’autres cas, par-contre, l’adiposité demeure modérée. Le jeune Ro... René de notre observation I pèse 56 kilogrammes pour une taille de 1 m. 48, Chez lui, la répartition de la graisse frappe plus que son importance. L’excès pondéral est plus manifeste chez l’enfant F. de notre observation IT : 70 kilogrammes, pour une taille de 1 m. 58.

L'évolution de l’adiposité dans le syndrome de Lawrence-Bardet ne ressort pas nettement de la lecture des observations, car peu de malades ont été réellement suivis durant leur vie et revus à des étapes éloignées. L’impression d’ensemble est que cette viciation du métabolisme est parfois corrigée par la restriction alimentaire et l’opothérapie pluriglandulaire. Le jeune Ro. René à perdu 6 kilogrammes en 10 mois au point de récupérer un embonpoint voisin de la normale. Cette régression est loin d’être la règle et dans de nombreuses observations on signale l’échec complet du traitement.

LES TROUBLES SEXUELS sont moins constants au cours du syndrome de Lawrence-Bardet que l'obésité qui nous paraît une composante fondamentale. De plus leur appréciation est parfois comme nous allons le voir assez diflicile.

éd à:

Mois

1° Leur existence peut être aflirmée au delà de l’âge moyen de 15 ans, quand la puberté ne s’est pas faite, que les caractères sexuels, la libido, les menstruations chez la femme ne sont pas apparus, que les organes génitaux externes sont demeurés nettement infantiles (1); ou bien chez l'enfant même très jeune, quand l’hypoplasie génitale est considérable et confine à l’atrophie (2). On peut alors parler dans ces cas de syndrome adiposovénital car les malades se présentent à l’observa-

. teur comme des syndromes de Babinski-Frôhhch.

20 Il existe par contre des observations de syndrome de Lawrence-Bardet dont l’authenticité est certifiée par lobésité, la rétinite pigmentaire, la polydactylie et le caractère familial, où le développement sexuel s’est accompli normalement (3).

Enfin, dans un troisième groupe qui réunit les cas les plus nombreux on ne peut certifier l'existence même des troubles sexuels ou juger de leur importance. Voici des enfants amenés à l’oculiste avant l’âge de la puberté pour des troubles visuels déjà considérables. Le malade est encore si jeune qu'on ne saurait parler, en l’absence d’atrophie importante,

(1) Observation, LAWRENCE et Moox n°8 2, 3,4 ; Brepx, observation 6 et 7 : Sours-ConEen, n°8 13, 14,15; REA rEE et IsoLa, observation n°8 17, 18, 19 : Lance, observation n° 29, SrERLING, observation n° 2 Tnomas Mac Crar et Edward Werss, observation n° 41 ; RIEGER et TRAUNER, observation n° 43, FEEDER observation n° kB.

(2) Brepz, observation n° 8; Madigan Thomas VERNER . MOORE,

observation n° 9.

a = (3) BERTELOTTI, observation n° 10 ; Deu SCH, observation n° 53, ete,

HS es

d’hypoplasie génitale (1). Cependant quelques auteurs signalent chez des enfants s’approchant de la puberté la gracilité de la verge, la petitesse des testicules, leur ectopie (2).

L'avenir des malades de ce troisième groupe n’ést malheureusement pas connu. Certains peut-être, normaux en apparence, ne feront pas leur puberté. Chez d’autres le retard sexuel d’abord noté ne sera pas retrouvé ultérieurement. Ce dernier fait nous semble assez fréquent. L'enfant de BerNHarDr (observation n° 21) n’a eu jusqu’à 15 ans « aucun développement génital », revu à 16 ans 1 /2 ce retard Passager semble rattrapé. Nos deux observations let IT ont trait à des faits identiques. Le malade de DEenzrer (observation n° 27) est particulièrement remarquable à cet égard : à 12 ans 1/2 ses organes génitaux sont rudimentaires, à 23 ans Waiser le

réexamine et trouve un développement génital normal.

LES TROUBLES DE L'INTELLIGENCE, quoique leur

degré soit variable, font partie intégrale du syndrome de Lawrence-Bardet.

(1) Barper (11 ans), obsv. n° 5 ; ORNSTEEX (2 ans 1/2), obs. n° 39 ; Grirrir (5 ans), obs. n° 31 : Beck (10 ans), obs. n° 46 et beaucoup d’autres auteurs.

(2) Solis Conex, obs. n° 16; Bernnarpr, obs. n° 22; Wierr, obs. n° 23: ORNSTEEN, obs. n° 38, etc.

Indépendamment de tout retard intellectuel le comportement des malades est fait d’un mélange d’apathie, d’indifférence avec euphorie, de puérilisme, d’émotivité avec larmes faciles partout notés. [1 faut d’ailleurs faire la part dans ce fond mental de ce qui revient à la cécrté des petits patients.

Le déficit intellectuel proprement dit est parfois léger. Notre malade René R.…. (observation F) a pu passer à l’âge normal son certificat d’études primaires, mails SON Cas paraît assez exceptionnel à cet égard. Les enfants qui se plient à des études élémentaires le font avec diflieulté et retard (RICALpont et Isoza) Benz prend soin de signaler que son malade a appris à lire et « s’intéressa même à la politique ». Le petit F. de notre observation I n’est pas complètement inintelligent, mais n’a jamais su lire correctement même quand sa vision le lui permettait.

Dans la plupart des observations on signale un retard scolaire dû à une arriération mentale importante ; Mac CRAE note chez sa malade de 15 ans un âge mental de 5 ans. Dans l'observation de DENZLER l'enfant à 5 ans prononçait à peine quelques mots sans faire de phrases. À 8 ans l'enfant de LiSsER n’exécute encore que les tests selon Simon et BINET d’un sujet de 2 ans. Les mots imbécillité, débilité mentale reviennent fréquemment dans les obser-

vations.

La PoLYDACrYLIE est une malformation congénitale des mains et des pieds caractérisée par la présence de doigts surnuméraires. Il s’agit parfois de doigts et orteils supplémentaires à orientation correcte et la radiographie précise s’ils s’insèrent ou non sur un métacarpien spécial. À un degré moindre il s’agit seulement d’un doigt bifide pouvant débuter à la phalange, à la phalangine ou se limiter dans les Cas atténués à la phalange unguéale, qui est étalée et aplatie. Au minimum, seul l’ongle est double. La polydactylie est souvent due à l'existence de doigts aberrants implantés sur les doigts chefs de file, pouce et auriculaire, premier et cinquième orteils. Leur implantation peut être osseuse ou molle. Les doigts aberrants sont quelquefois très rudimentaires et réduits à un simple bourgeon charnu. L’ablation : de ces doigts inesthétiques est d'ordinaire pratiquée - dès le plus jeune âge.

Cette malformation si banale est d’une telle fréquence dans Je syndrome de Lawrence-Biedl qu'elle mérite d'entrer dans sa définition. Nous la irouvons mentionnée 42 fois sur 57 cas. 5 fois elle est remplacée par la syndactylie. |

L'absence de toute malformation se retrouve

seulement 10 fois. Dans 3 cas syndactylie et polydactylie sont associées.

En plus des symptômes majeurs du syndrome :

rétinite pigmentaire, adiposité, troubles sexuels, retard intellectuel, polydactylie, les observations mentionnent des MANIFESTATIONS DIVERSES. (Certaines sont contingentes et d'intérêt médiocre : atrésie anale, spina-bifida (1 cas), malformations cardiaques (1 cas), déformations craniennes (crâne en tour, brachycéphalie), surdi-mutité.

La présence au cours d’une maladie familiale et héréditaire de malformations variées qui y figurent au même titre que la polydactylie n’a d’ailleurs rien pour nous surprendre.

La taille de la plupart des malades est au-dessous de la normale ; Ricarpoxr et Isoca l’ont cependant trouvée élevée dans leurs 4 observations. Les mains et les pieds sont très souvent larges et courts. Une hyperlaxité ligamenteuse n’est pas rare. Elle est assez marquée dans les cas de Lawrence et Moon pour entraîner des troubles de la marche.

Parfois, la peau est légèrement infiltrée avec une sécheresse marquée surtout à la face externe des bras. Dans quelques cas on trouve une grande ichtyose généralisée. La chevelure est abondante, les cheveux épais et secs, les soureils peu fournis. En cas d’insuflisance génitale, les poils axillaires et pubiens manquent. La face reste glabre chez l’homme. L’acrocyanose est presque constante.

Les troubles gastro-intestinaux semblent fréquents. Constipation et douleurs abdominales sont souvent notées te Denzrcer, Wicri, nous-même).

Nous n’avons trouvé que 6 fois des perturbations de la série infundibulo- tubérienne autres que le syndrome adiposo- génital. Leur intérêt ne saurait cependant échapper. Dans 6 cas il s ’agit de diabètes instpides légers mais certains. En effet la polyurie et surtout la polydipsie existent dans les observations de Brepz (1 cas), Mac Crar (1 cas), BERNHARDT (1 cas), Maprcax et Thomas VerNEr MookE (1 cas), Deuzcer (1 cas), nous-même, observation il.

Dans notre seconde observation, à la polydipsie s’associe une faim excessive et lon sait que la boulimie est souvent révélatrice d’une altération infundibulaire depuis que les travaux de Muzrer, GRUNSTEIN, GasTex, CAMANER sont parvenus à préciser l'existence d’un « centre de la faim » dans le diencéphale (LHERMITE).

De Scmwernrrz et Bognerm signalent dans leurs observations «une légère acromégalie ». Nous croyons que si la chose eût été nette les auteurs se seraient montrés plus explicites. L'absence de tumeur de lhypophyse dans ces cas rend encore plus douteuse l’authenticité de cette dystrophie dont lorigine hypophysaire pure et non diencéphalique n’est plus discutée aujourd’hui. |

Les perturbations des métabolismes de l’eau, des lipides et des glucides dans lesquels les centres nerveux de la base du cerveau jouent un rôle fondamental ont été recherchées chez certains malades. Les résultats obtenus sont peu significatifs.

Le métabolisme de l'eau s’est montré normal chez les malades qui n'avaient pas de diabète insipide. Les épreuves de VormarpT ont été physiologiques dans tous les cas où elles ont été pratiquées.

Le métabolisme des glucides à été étudié par la recherche de la tolérance aux sucres: Dans 14 cas, 4 fois elle s’est montrée normale (1), 10 fois nettement accrue (2). La glycémie à jeun sans être pathologique est en général basse (0,80 gr. dans notre cas L} 3 |

Le métabolisme basal a été prätiqué chez 15 malades. On l’a trouvé 6 fois normal (3) et 9 fois diminué (4) dans des proportions peu considérables (en moyenne de 20 à 30 %). - ‘

(1) Solis Conen et E. Wa:rss, obs. n° 15, obs. n° 16 ;- ORNSTEEN obs. n° 38 : Taomas Mc CRAE et E. Werss, obs. n° 41.

(2) Barper, obs. n° 45; Berrocorri, 0bs. n° 10 ; RicazpoN et Isoca, obs. n° 17, 18, 19, 20 ; BernaarpT, 6bs. 22; DENZLER, obs. n° 27: Grirrirms, obs. 31, HDSerIE

(8) Obs. IT, Solis Come et E. Weiss, obs. n° 44; BERNHARDT, obs. n° 21, n° 22 ; ORNSTEEN, obs. n° 38 : Deuscen, obs. n° 53.

(4) Obs. I, Solis Comex et E. Weiss, obs. n° 13, n° 15, n° 16 ; Wrczr, obs. n° 23, n° 24; Thomas Mc Crar et E. Weïss, obs. n° 41 ; BOENmem, obs. n° 50 ; Berry et Lusser, obs. n° 54.

L'action dynamique spécifique des aliments a été recherchée 7 fois. Elle a été 2 fois normale (1) 5 fois diminuée (2).

Enfin l'examen interférométrique du sang a été fait 3 fois et n’a donné aucun résultat intéressant.

L'étude radiologique de la selle turcique sera faite dans le chapitre suivant.

Nous sommes mal renseignés par les observations SUP L'AVENIR DES MALADES atteints du syndrome de Lawrence BARDET.

L'évolution générale est dominée par celle de la rétinite pigmentaire que dénoncent précocement les troubles visuels. La marche vers la cécité est progressive et infaillible et on peut imaginer que la plupart des malades finissent leurs jours dans des Instituts d’Aveugles où seules leur arriération mentale et leur adiposité les distinguent des autres. Aussi les ophtalmologistes sont-ils les mieux placés pour observer et décrire cette maladie.

(1) Notre observation I: Bogxnerm, obs. n° 50. (2) Notre observation Il : BErNKarpr, obs. n° 21 et n° 22: Waizr, obs. n° 24; Deuscu, obs. n°0 93.

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