CRE APR
variable d'inertie, on voit peu à peu apparaître des mouvements spontanés et nous sommes bien forcés d'admettre que certaines parties de l'écorce qui n'étaient pas prédestinées à la fonction motrice, suppléent les régions détruites : elles n'y peuvent réussir qu’à la condition de pousser à travers l’encéphale jusqu'aux, ganglions spinaux de nouvelles anastomoses; en d’autres termes, un nouveau faisceau pyramidal. Si, chez notre petit malade, le faisceau pyramidal n'existait pas encore au jour de la naissance, il nous faut également supposer que ce nouveau faisceau pyramidal à pris son insertion vers l'écorce en dehors de la région rolandique ». Qu'il nous soit permis d'ajouter que cette hypothèse, très séduisante, nous parait démentie par les faits. Goltz a démontré que chez un chien adulte, on pouvait enlever la corticalité cérébrale sans créer des troubles moteurs intenses, la conclusion de cette expérience est non pas la suppléance du faisceau pyramidal normal par un nouveau faisceau, puisque toute la corticalité est détruite, mais bien le rôle minime du faisceau dit volontaire chez les animaux ; d’ailleurs nous reviendrons sur ces expériences lorsque nous aborderons le mécanisme de la contracture. En outre, la thèse de Cotard, le travail d’Audry sur la porencéphalie, et quelques cas personnels que nous exposerons au chapitre suivant, prouvent que si un foyer de porencéphalie détruit la zone motrice, l'hémiplégie est permanente sans amélioration et que le faisceau pyramidal fait défaut à jamais par agenésie.
L'absence de troubles intellectuels ne prouve pas l'intégrité du cerveau. Cliniquement, aussi bien dans les formes avec naissance avant terme que dans les formes avec accouchement laborieux ou sans étiologie précise, nous trouvons souvent des troubles de la parole, hésitation et lenteur, dysarthrie pouvant aller jusqu’à l’anarthrie, des signes oculaires, nystagmus et strabisme, des mouvements choréo-athétosiques des membres et de la face, symptômes qui relèvent très probablement d’altérations cérébrales. L'existence de tel ou tel symptôme, la présence ou
l'absence de troubles moteurs ou intellectuels, dépendent de la
localisation cérébrale du processus, localisation dans les circon- | le