PRO
reflexes tendineux, les auteurs ont créé depuis longtemps un schéma que les déeouvertes de Ramon y Cajal et la théorie moderne des neurones rendent très compréhensible. Dans ce schéma, la périphérie envoie un filet centrifuge à la moelle (neurone sensitif du ganglion rachidien), le muscle reçoit un filet moteur centripète (neurone moteur de la corne antérieure de la moelle); ces deux neurones sont en contact dans la moelle soit directement dans leurs dendrites, soit indirectement par l'interposition d'un deuxième neurone intercalaire. Ainsi, par le neurone sensitif rachidien, l'excitation vient de la périphérie, atteint la cellule motrice médullaire, y crée un certain tonus, ce tonus gagne la moelle par le neurone moteur médullaire et cet équilibre constitue le tonus musculaire.
Pour se manifester, le tonus a donc besoin de l'intégrité des parties constitutives de l'arc sensitivo-moteur médullaire que nous venons d'étudier. La lésion du neurone moteur crée les paralysies motrices dans les névrites périphériques, la lésion du neurone sensitif crée dans le tabes l’hypotonicité sur laquelle on a dernièrement insisté à nouveau. Dans un travail antérieur dont les observations et les conclusions sont rapportées dans la thèse de M. Lopez, nous avons montré que la contracture de l’hémiplégie disparaît avec les réflexes tendineux si l’un des neurones est altéré, soit dans l’amyotrophie des hémiplégiques, soit dans le tabes et les scléroses combinées, conformément à la loi de Westphal. Nous supposerons donc intactes les deux voies périphériques sensitives et motrices, c’est-à-dire d’une part le neurone sensitif rachidien, d'autre part le neurone moteur médullaire.
Nous avons dit plus haut que le muscle ne saurait être ineriminé dans l'apparition de la contracture. Faut-il donc faire intervenir un facteur nouveau? Nos mouvements ne sont pas toujours de simples actes réflexes médallaires; le cerveau intervient dans leur production par la voie pyramidale, qui est donc chargée du rôle important d'apporter à la cellule motrice les incitations parties du cerveau. Or, le rôle du faisceau pyramidal, à l’état normal et dans le cas de contracture post-hémiplégique, a été interprété de façon différente.
EST e-
A. Théories de Charcot, Vulpian, Brissaud, Straus, Blocq. — Blocq écrit dans sa thèse, page 66 : « Nous avons longuement insisté sur l'analogie physiologique de l’état de tonicité et de l’état de contracture, nous avons aussi montré la connexité de la contracture et du phénomène du genou.
« Aussi, pourrions-nous penser que le syndrome contracture est lui aussi un phénomène de nature réflexe et par suite sous la même dépendance de l'éréthisme morbide des cellules des cornes antérieures de la substance grise de la moelle ». — Il s'agit, d’après l’auteur, d’un état analogue à celui créé par l'intoxication par la strychnine et dénommé par Charcot, le strychnisme de la cellule de la corne antérieure. On conçoit que l'irritation exagérée de la voie sensitive puisse créer une exagération des réflexes et même la contracture : ainsi s’explique la contracture consécutive à une arthrite.
« Mais l’action, démontrée expérimentalement, du faisceau pyramidal est plus complexe. Il s’agit de savoir si, dans Île cas d’irritation de ce faisceau déterminant la contracture, l'irritation des cellules de la corne antérieure est produite directement ou par l'intermédiaire de relations anormalement créées entre ce faisceau et la cornée postérieure puisque, en somme, dans le cas d’une action directe, il n’existerait pas de fibres représentant la portion sensitive d'un arc réflexe. ...
« L'hypothèse la plus plausible, d'accord non seulement avec l'inconstance de la survenance de contracture dans le cas de sclérose des faisceaux latéraux, mais rendant également compte de la nature évidemment réflexe de la contracture, en tous les cas est celle qu'a formulée Vulpian dans les termes suivants : Les contractures de la sclérose latérale se produisent suivant toute probabilité par mécanisme réflexe. Dans le cas où l’irritation des faisceaux latéraux se propage aux éléments excitomoteurs ou sensitif des cornes postérieures, l'excitation persistante de ces éléments met en jeu, d’une façon continue, l’activité de certains groupes de cellules des cornes antérieures et provoque ainsi des contractions toniques des muscles animés par les nerfs qui naissent de ces cellules ».