‹ Le syndrome de Stokes-Adams et les Troubles de la Conductibilité d'après 54 ObservationsChapitre 13 sur 65 · DES DO · texte numérisé non relu

DES DO

Interprétons maintenant ces différents signes :

J’ai dit que nous nous trouvions en présence d’un cas de dissociation des rythmes auriculaire et ventriculaire ; il faut le prouver.

Il serait oiseux de disserter sur la nature des grandes pulsations ; sans doute aucun, il s’agit là du pouls cardiaque, extrêmement ralenti dans son rythme, mais, à part cela, très ressemblant à beaucoup de pouls physiologiques. Considérons donc comme acquis que la systole ventriculaire, dont cette grande pulsation est le signe extérieur, se produit, sauf la lenteur remarquable de son rythme, comme à l’état normal.

Ce sont les petites puisations du tracé qu’il y a à inter- : préter.

La lecture des courts tracés recueillis au lit du malade avait d’abord fait penser à des systoles ventriculaires avortées, alternant régulièrement avec les fortes systoles physiologiques. Il y a là une erreur de fait, provenant de ce que le hasard a fait recueillir les tracés au moment où une seule des petites pulsations intercalaires se marquait entre deux grandes pulsations. En montrant que ces petites pulsations sont beaucoup plus nombreuses que les pulsations vraies et se succèdent régulièrement, de manière à coïncider parfois avec celles-ci, les longs tracés que j'ai recueillis écartent nécessairement l’interprétation première.

Une autre cause d’erreur n’a pas peu contribué à cette interprétation fautive ; ce sont les caractères du tracé carotidien. Les petits soulèvements qu’il présente entre les grandes pulsations vraies et qui répondent exactement à ceux de la pulsation cardiaque, pouvaient être attribués, avec beaucoup de vraisemblance, à des systoles ventriculaires incomplètes ou avortées. Mais si attention s'était fixée également sur le tracé du pouis radial, on ne se serait pas, arrêté à cette manière de voir. En effet, aucune trace de ce soulèvement n'existe dans le pouls radial (fig. 4), ce qui suffit à prouver qu’il ne s’agit pas ici de pulsation d'origine ventriculaire. J’ai déjà dit que ces ondulations accessoires du tracé carotidien appartenaient au pouls veineux de la jugulaire, lequel s’est inscrit en même temps AHE, les phleauons. de l'artère. C’est le point que j’ai à mettre maintenant én HMIGLE pour achever d'établir l’exactitude de mon interprétation.

La pensée d’une dissociation des rythmes auriculaire et ventriculaire s’était à peine fait jour dans mon esprit, que je fixais mon attention sur la jugulaire du malade, avec l’espérance de trouver, dans les caractères du pouls veineux, la démonstration du jeu indépendant de l'oreillette. Mon espoir ne fut pas déçu ; je pus constater, avec la plus grande netteté, qu’à chaque petite pulsation cardiaque correspondait, dans les veines du cou, une .pulsation veineuse très marquée. La jugulaire externe se prêtait parfaitement à cette constatation. Au milieu des ondulations dues à la respiration et au jeu

‘ Pouls radal :

Puls. card Ë

Chro. Sec.

du ventricule droit, on distinguait, à l’œil'et au toucher, de vraies pulsations veineuses, dont le rythme suivait exactement celui des petites pulsations cardiaques. Bien plus, tandis que celles-ci manquaient nécessairement quand le moment de leur production arrivait pendant une systole ventriculaire, aucune des pulsations veineuses ne faisait défaut ; leur rythme ne présentait pas la moindre lacune ; peut-être même semblaient-elles plus fortes, quand elles survenaient entre le début et la fin de la systole ventriculaire, c’est-à-dire quand : l’orifice auriculo-ventriculaire était fermé. Il était donc impossible d'attribuer ces pulsations à autre chose qu’à un mouvement de la partie auriculaire du cœur. |

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