‹ Le syndrome de Stokes-Adams et les Troubles de la Conductibilité d'après 54 ObservationsChapitre 25 sur 65 · ARE · texte numérisé non relu

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Il est impossible de savoir à quelle date remonte ce pouls lent. Le malade n’a jamais éprouvé aucune syncope, aucun vertige.

On a eu des nouvelles du sujet le 4 janvier 1922 ; il exerce la profession de meunier. Essouflement modéré ; toujours pas de perte de connaissance.

OBSERVATION XVIII. -— Gallavardin

Homme de 34 ans, chauffeur d'automobile.

Rhumatisme articulaire aigu à l’âge de 12 ans, ayant donné naissance à une endocardite chronique avec double lésion aortique longtemps bien tolérée. Pas de syphilis.

Bradycardie à 42-45 constatée pour la première fois il y a six ans. Les tracés veineux montrent un block total avec 42 contractions au ventricule et 77 à l'oreillette. Retours passagers du rythme à 80 dans ces dernières années.

Nombreux accidents nerveux. A 28 ans, quelques troubles

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vertigineux légers. À 32 ans, série d'accidents syncopaux graves, se répétant pendant trois semaines sous forme d'état de mal (la première syncope eut lieu au volant, lorsque le malade s'apprétait à prendre la direction de sa voilure). À 33 ans, nouvelle série d'attaques vertigi- ‘neuses ou syncopales pendant une huitaine de jours ().

A. P.., âgé de 34 ans 1/2, chauffeur d’automobile, est examiné en juin 1911 dans mon service de l’hôpital de la Croix- Rousse. Il m'est adressé pour bradycardie avec accidents nerveux survenus au cours d’une cardiopathie aortique rhumatismale, par M. le Docteur Grésillon, de Vienne, qui se demande très justement « s’il ne s'agirait pas d’une propagation au faisceau de His d’une lésion aortique ». Il avait été hospitalisé pour la même affection, en 1909, dans le service de M. le Professeur Roque qui, bien qu’ayant examiné le malade avant moi, a bien voulu m’autoriser à publier son observation.

Interrogé très minutieusement sur ses antécédents héréditaires, le malade ne rapporte rien qui soit de nature à éclairer son affection actuelle.

Dans ses antécédents personnels, on relève, à l’âge de 12 ans, un rhumatisme polyarticulaire aigu, fébrile, qui le tint au lit durant deux mois. De 12 à 18 ans il ressentait parfois des douleurs vagues dans les articulations, coïncidant avec un peu d’essouflement ; mais il ne fut jamais forcé de s’aliter et,-dans l’intervalle, n’éprouvait aucune gêne respiratoire même dans les exercices violents. Un fait cependant a frappé le malade dès cette époque : il constata en effet que son pouls n’était pas très régulier et qu’à certains moments il y avait un retard de la pulsation. Ceci du reste ne l’inquiétait nullement, car ce phénomène ne s’accompagnait d’aucune sensation d'angoisse et de dyspnée. Le nombre des pulsations était de 80 environ.

(1) Obs. publiée in Lyon Médical, 1912. Comptes-rendus de la Soc. Méd. des Hôp. de Lyon, 5 déc. 1911. L. Gallavardin, trois cas de Stokes-Adams avec block total, au cours de cardiopathies diverses et notamment d’une lésion aortique rhumatismale chez un homme de 32 ans.

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A 21 ans, le malade entre au service militaire ; il fit trois ans et demi sans éprouver aucune fatigue d’aucune sorte ; il dit lui-même qu’il était tout particulièrement résistant pour les exercices physiques, un des meilleurs coureurs de sa compagnie et pouvait faire un quart d'heure de pas gymnastique sans essouflement. Cette santé parfaite se prolongea jusqu’à 28 ans.

Pas de syphilis, même à un interrogatoire et à un examen minutieux. Pas d’alcoolisme.

La période troublée remonte à l’âge de 28 ans, c’est-à-dire à ces six dernières années. A cette date apparut le premier vertige: le malade éprouva assez subitement une sensation de chaleur, et au moment où il sortait pour respirer un peu d'air, il eut une sorte d’éblouissement pendant lequel il crut tomber, mais qui ne dura qu’une seconde. Le lendemain, vertige analogue. Dans l'intervalle et les jours qui suivirent, le malade se sentit très bien. A noter cependant, que quelque temps après le malade aurait éprouvé quelques troubles digestifs flatulents, mais sans vertiges, et qui disparurent rapidement après un régime et un traitement appropriés. A ce moment encore, aucun essoufiement. Le malade, qui était chauffeur d’automobile, remontait un pneu en dix minutes, et pouvait, sans fatigue, faire de grandes courses (Lyon-Nice). Aucun vertige durant les quatre premiers mois qui suivirent les incidents signalés plus haut. Il se rappelle avoir compté très souvent le nombre de ses pulsations, qui ne variait guère qu'entre 80 et 90.

Le premier accident syncopal remonte à deux ans (17 décembre 1909). Le malade venait de mettre son moteur en marche et allait prendre la direction de sa voiture lorsque, en mettant le pied sur le marchepied, il éprouva un vertige ; il eut la présence d’esprit suffisante pour monter sur son siège, mais à ce moment il perdit connaissance et Fombe entre le siège et le volant de direction. La perte de connaissance n’aurait duré que trois ou quatre secondes et ne se serait accompagnée d’aucun phénomène convulsif, Sorti de son état syncopal, le malade reprit immédiatement son éntière connaissance, il put lui-même rentrer de suite sa voi ture dans la remise, n’éprouvant aucun malaise partons lier, Le nombre de ses pulsations, après la crise, était de 80.

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Le lendemain, nouvelle syncope absolument semblable à la première, avec chute et perte de connaissance complète et de courte durée. Le. malade entre alors dans le service de M. Roque et, pendant les vingt premiers jours de son séjour à l'hôpital, les syncopes se renouvelaient plusieurs fois, jusqu’à dix fois dans la journée et le pouls compté dans l’intervalle restait toujours à 80.

Mais, au bout de ces dix jours, alors que les accidents syncopaux avaient momentanément disparu, on constatait pour la première fois de la bradycardie ; le nombre des pulsations tombait le matin à 42-45 à la minute, pour remonter aux environs de 80 le reste de la journée.

Après dix jours d’accalmie, les accidents sYÿncopaux reparurent et, pendant trois semaines environ, ils se renouvelèrent plusieurs fois dans la même journée. À partir de cette époque, la bradycardie se serait installée d’une façon permanent aux environs de 40.

Il est a remarquer que, pendant toute cette période, l’état du malade — au point de vue de la production des syncopes — fut très influencé par les injections d’atropine, les syncopes étant beaucoup plus rares quand il était sous l’influence de ce médicament.

Au bout de trois semaines, l’état s’améliora. Les syncopes ne se renouvelant plus, le malade sort de l’hôpital, mais la bradycardie persiste. II ne reprend pas son métier de chauffeur de crainte d’être repris par une syncope.

Aucun accident cérébral pendant les six mois qui suivirent le début de l’affection. Mais, le 15 août 1910, le malade étant au repos, causant avec des amis, fut pris d’un vertige pendant lequel il vit tous les objets tourner autour de lui, mais il ne perdit pas connaissance. Le lendemain, nouveau vertige, mais cette fois immédiatement suivi de perte de connaissance, Pendant huit jours, accidents analogues avec perte de connaissance, chute, le malade n’ayant bien souvent pas le temps de s'asseoir pour éviter de tomber ; ccpendant parfois, averti par la sensation de vertige, le malade pouvait s’asseoir avant de perdre connaissance. Après cette série d'accidents durant ainsi toute une semaine, le pouls serait tombé de 40 à 30 et serait resté à ce chiffre pendant un mois environ, sans que le malade éprouvât de nouvelles crises.

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