LES PRODUITS DE FERMENTATION
Ils se forment dans le colon par action de la flore amylolytique sur les hydrates de carbone. L’hydrolyse des sucres sous Pinfluence des bactéries débute déjà au niveau de la terminaison de liléon; elle se poursuit dans le cæcum, et aboutit à ja production de nombreux acides organiques qui sont tous des corps très toxiques. Cette production se fait normalement dans lintestin; elle est compensée par des réactions opposées ayant pour but la neutralisation du milieu : putréfactions et réactions de la muqueuse colique, — mais dès l’instant ou l’alcalinisation n’est pas suffisante et permet l’élaboration des produits toxiques en excès, leur action nuisible se manifeste.
A l’état pathologique même, il y a cependant une tentative de réaction de l’intestin par augmentation des fermentations. Mais dès que ce processus de défense n’a pas l’ampleur nécessaire, les toxiques se forment en grande quantité.
Ce sont les principaux de ces produits que nous allons envisager maintenant.
L'acide formique serait un des plus importants, pour un grand nombre d’auteurs. CONNELLAN le considère comme lélément essentiel dû à l’activité des bactéries intestinales. La preuve de cette origine a été faite de façon certaine. D’autre part il est toujours retrouvé dans les matières cæcales. Sa foxicité est très grande. Un point particulier : sa présence est nécessaire pour la décarboxylation des acides aminés (phénomène qui réclame un milieu acide) et principalement pour la forination de l’histamine.
L'acétone se rencontre aussi dans les selles cæcales. Elle résulte de même de l’action des bactéries sur les hydrates de carbone dans l'intestin et surtout dans le cæcun: (HENRIQUEZ).
L'acide oxalique, est fréquemment retrouvé dans les selles. Son origine a prêté à de nombreuses discussions. Certains faisaient intervenir une alimentation riche en oxalates. D’autres comme LECŒUR et ALBAHARY estimaient qu’il était dû à des mo-
difications du métabolisme tissulaire. Mais la preuve de son origine dans l'attaque microbienne des produits hydrocarbonés a été faite de facon irréfutable. C’est à cette action des bactéries Gram négatif qu'est dûe sa présence dans l'intestin, beaucoup plus qu'à un apport alimentaire ou à un trouble diathésique. Beaucoup de microorganismes sont capables de former de l'acide oxalique aux dépens des hydrates de carbone. IVANOFF l’a montré pour les levures, CALMETTE et RAULIN pour différents germes, SCHITTENHELM et C. LB pour le colibacillée. LOEPER dernièrement a repris cette question et a insisté sur les similitudes existant entre la composition chimique de ce corps et celle du sucre, et sur la production d’acide oxalique par action de SOfHE sur-le sucre:
Déjà Fiscx avait signalé cette propriété oxaligène du colibacille. Il avait remarqué que de vieux tubes de cultures de ce verme contenaient en abondance des cristaux d’oxalate. Tous les colibacilles n’ont pas ce pouvoir, mais la plupart des races le possèdent.
De même les expériences bien connues de PicciniNr et Lom- BARDI ont mis ce fait en évidence. Ayant cultivé des bacilles du colon isolés de matières fécales de sujets oxaluriques, ils obtinrent avec ces souches une grande quantité d’acide oxalique. En contre partie ils firent absorber ces germes à des individus vérifiés non oxaluriques, et obtinrent l’oxalurie dans 50 % des Cas.
Ces expériences réunies prouvent la formation d’acide oxalique dans les cultures et dans l’organisme, formation qui est sous la dépendance du colibacille.
Or, AUTENRIETH et WaARREN ont montré qu'il s’agit là d’un . corps très toxique et d’action rapide. Ils ont aussi montré son action sur le foie, sur la rate quand il est absorbé par le colon. Son passage dans le sang détermine une hypocalcémie, par fixation du calcium et formation d’oxalates. Il modifie la coagulation et pour certains augmenterait la glycémie. L’organe protecteur contre ce produit toxique est le foie qui le transforme et où on l’a retrouvé en grande quantité. Si par suite d’une insuffisance de’la fonction hépatique, cette protection disparaît,
oo"
il sera éliminé par le rein. Ainsi loxalémie créerait comme l'ont soutenu FiscH, LEGUEU, CHABANIER un état urinaire qui facilite le développement du colibacille.
Les troubles constatés dans lPoxalémie ont été remarquablement étudiés par LoEPERr. Ils consistent en des manifestations variées correspondant tout à fait à celles retrouvées dans la colibacillose. Il s’agit de sujets nerveux, présentant des migraines fréquentes, ressentant une asthénie marquée, avec dépression ou nervosité; souvent ils accusent des algies multiples. Constamment ce sont des hypotendus. Les troubles digestifs ne manquent pas : nausées, dypepsie, diarrhée ou constipation, douleurs abdominales. Autant de symptomes que l’on constate chez les colibacillaires.
À côté de ces corps, de beaucoup les plus importants dûs aux agents de fermentation, on en a signalé de nombreux autres. C’est ainsi que PATrY a isolé des matières fécales un poison extrêmement violent : lacide cyanhydrique; qu’on à trouvé de même de la formaldéhyde aïnsi que des acides lactique, acétique, butyrique qui ne semblent pas avoir une action aussi générale, mais seulement une action locale, d’irritation de la muqueuse; ces corps étant d’ailleurs moins toxiques que les premiers décrits.