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Emma L.., grande fille de 14 ans a eu une enfance maladive, chétive, a été, « en retard pour tout » dit sa mère, sauf pour l'intelligence.
A 4 ans, elle a eu une entérite muco-membraneuse (probablement) qui dura ? ans. Dès l’âge de 7 ans, elle: se plaignail d’une façon ininterrompue de toute une série de maux lesquels, dit sa mère, tinrent très souvent en échec les diagnostics des médecins.
Par trois fois, les chirurgiens se tinrent prêts à intervenir. Aujourd'hui, elle vient d’être renvoyée d’un atelier de couture où ses histoires sur ses compagnes avaient déjà amené maintes brouilles.
De plus, sa chétive personne captait l'attention de tout l'atelier par le nombre et le dramatique des maux, qui brusquement lasuppliciaient : arrêts du cœur, points dans le ventre, impossibilité de respirer, crises de larmes, fous rires étaient parmi les moindres incidents qui forçaient Madame la première à se déranger.
À l'examen, nous constatons, que cette enfant garde les attitudes d'une façon parfaite sans éducation préalable autant que nous puissions le dire. Ainsi ne croyons-nous pas pouvoir saisir la transition entre l’état psycho-plastique du nourrisson et cet état que l'on voit se prolonger, sur lequel vient s'établir pour toujours une suggestibilité, continuation de la suggestibilité normale infantile.
Les différents incidents de la vie organique : règles, émotions, troubles digestifs, etc., exagéreront cette aptitude. La désharmonie prolongée entre le psychisme et la motricité permettra à toute volonté étrangère d'intervenir sur cet organisme insuffisamment développé.
[T.— RECHERCHE DES CAUSES PRINCIPALES HÉRÉDITAIRES OU PERSONNELLES QUI ONT RETARDÉ LE DÉVELOPPEMENT NER- VEUX DE L'ENFANT.
Il est impossible de ne pas être frappé de la fréquence de la tuberculose qui se retrouve sous toutes ses formes chez les ascendants et les collatéraux des enfants dont l'évolution nerveuse est retardée.
C'est avec beaucoup de circonspection que nous avons recueilli les renseignements concernant la tuberculose des ascendants. Il peut venir à l'esprit de chacun d'’objecter avec raison que l'extrême fréquence de la tuberculose, surtout dans la population urbaine et dans les classes pauvres, doit la faire rencontrer dans les antécédents d'un grandnombre d'enfants hospitalisés. D'autre part, d’après les constatations du plus grand nombre des médecins qui ont écrit sur la question, il semble résulter que la famille névropathique affecte des parentés plus étroites avec le groupe si mal délimité soit-il des neuro-arthritiques.
Enfin, si en se rendant à l'évidence, on veut bien reconnaître que les antécédents et les collatéraux tubercu eux sont pour ainsi dire la règle, il faut démontrer,
que celle ascendance pathologique n’a pas été indifférente à la production du retard que nous avons constaté.
Aussi bien, avons-nous critiqué autant que possible, la foule des renseignements que nous avons recueillis. Cependant, l'accord parfait des antécédents tuberculeux qui se rencontrent chez tous ces enfants retardés, les remarques faites par les auteurs autorisés anciens et modernes qui ont traité de la question, les faits connus d'hérédo-tuberculose marquant sa véritable origine nous permettent de donner du poids aux observations recueillies et de voir si l'hérédo-tuberculose a le droit de prétendre à une place d'honneur au même titre que l'hérédoalcoolisme et l’hérédité similaire.
L'hérédité nerveuse, l'alcoolisme, la syphilis chez les ascendants, les accidents et les incidents de la grossesse, Ja naissance prématurée, la mauvaise hygiène de la toute première enfance sont autant de causes débilitantes que tous les auteurs ont à juste titre incriminées. Mais la presque constante rencontre d’une tuberculose avérée chez l’un des ascendants, de bacilles tuberculeux localisés dans les os, les ganglions, les poumons des collatéraux veut que l’on regarde de plus près le rôle que la tuberculose à pu Jouer en gardant un masque. Son action pathogène à pu s'exercer sous une autre forme et les grands travaux récents nous ontappris à incriminer la tuberculose dans nombre de disthrophies, le retard du système nerveux peut-il se réclamer de la même pathogénie. Potain, Hanot, Tessier soutiennent la pathogénie hérédo-tuberculeuse du rétrécissement mitral pur; Ha-
not montre avec quelle fréquence on observe dans ces
cas le rétrécissement de l'artère pulmonaire. Moriez, et plus tard Gilbert, défendentbrillamment l’origine hérédotuberculeuse de la chlorose (1).
C'est, à notre connaissance, Portal le premier qui nota dans une même généalogie la fréquente coïncidence de la manie de l’épilepsie et de la phtisie pulmonaire (2). Depuis, d’autres auteurs remarquent encore cette affiunité. Hallaran (3) note la parenté de la scrofule et de l’aliénation mentale. « Aliénés, idiots, scrofuleux, rachi- Uques, en vertu de leur commune origine, de certains caractères physiques et moraux doivent être considérés comme les enfants d’une même famille, les rameaux divers d’un même tronc » (Moreau, de Tours) (4).
Plus récemment, Grasset (5) attire l'attention sur la fréquence de la mortalité par tuberculose chez les hystériques.
Apert cile de très intéressantes observations de retard de développement causé par la tuberculose; celle-ci vient arrêter la croissance d’un enfant de 6 ans et demi, lequel vécut jusqu'à 20/ans. Le développement physique s’est arrêté, tout à fait à l’âge de 8 ou 9 ans. Le même auteur emprunte à Springer (thèse de Paris, 1890) la belle
observation suivante :
(4)Lanpouzy : Rapport de la IX* confér. internat de la tuberculose, Bruxelles 1910, page 46. À (2) PorraL : Considérations sur la nalure el le traitement des maladies de famille el des maladies héréditaires. V® édition, 1814, p. 36. (3) W. S. HALLARAN : Pratical observation on the causes and cure of i ity. Ile édition 1818 p. 43. k | FAT et pe Tours cité par FéRé, in Famille névropalhique, p. 108. (5) Grasser : The relation of hysteria with the scrofulus and the lubercular diathesis, Brain, January 1884, tome VI, p. 433.
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M. F.., âgé de 15 ans en paraît 9; aspect vieillot, faible, ne peut fournir aucun travail continu ; cependant tous ses organes sont sains. Outre cet arrêt de développement on ne doit noter que la petitesse des organes génitaux et l'absence de poils aux aisselles et au pubis. Seule, son hérédité semble capable de fournir l’explication de son état. La mère est bien portante, mais le père est atteint depuis 5 ans d’une laryngite el tousse beaucoup. Onze enfants sont nés de cette union : 5 sont vivants: 2 scrofuleux sont soignés à l’hôpital; un frère de 23 ans, est mort phtisique; une sœur de 20 ans est tuberculeuse; une autre de 18 ans est à l'hôpital Saint- Louis où elle va subir une troisième opération (1).
S1 des faits, des expériences, une opinion unanime accréditent le rôle joué par la tuberculose dans les arrêts généralisés de développement dans les distrophies et les aplasies cardiaques et artérielles, dans la chlorose, sommes-nous en droit d'affirmer qu'un simple retard dans l’évolution du système nerveux puisse souvent se réclamer de la même pathogénie. Sommes-nous en droit de rapprocher ces enfants en retard dans leur évolution nerveuse qui, à 3, 4 et 5 ans ont encore la formule de réflectivité de 2 ans et demi, de ceux chez lesquels la tuberculose a marqué une brutale et franche empreinte? Nous avons fait un certain nombre de cutiréactions et d’intra-derme-réactions ; nous n’en consignerons pas 1ci les résultats dont on a beaucoup discuté la
(1) Aperr : Les enfants retardataires, Actualités médicales, Baillière et fils, 1902, p. 39 et 40.
valeur clinique. Dans la moyenne de nos observations, lorsque nous n'avons pas trouvé les causes habituelles d'hérédité similaire, d'hérédité alcoolique, de traumatismes, de convulsions dans la première enfance, il est de règle que, du côté de l’un des générateurs au moins, la tuberculose se soit manifestée sous une de ses formes les plus actives.
M., R.., 7 ans, né à terme, marche à 15 mois, parle à 20 mois, Son père est mort de tuberculose pulmonaire à 39 ans; sa mère est bien portante. Il est le huitième enfant; 10 sont nés en tout de cette union. 5 sont morts de méningite tuberculeuse, entre 25 et 30 mois. Une sœur aînée est très fragile; une autre est rachitique; une est soignée à Berck pour tuberculose osseuse. Un frère, âgé de 20 ans, gagne à peu près sa vie dans une profession sédentaire. Un petit petit frère de ? ans ne parle, ni ne marche. M. R.., conserve encore les attitudes, le Babinski encore en extension à droite, les réflexes vifs ; il tousse; 1l a uriné au lit jusqu’à 6 ans.
Nous pourrions multiplier les observations analogues qui montrent qu'il est difficile d'accepter que dans une famille aussi cruellement éprouvée, certains enfants aient pu échapper complètement au mal héréditaire. La plus élémentaire prudence clinique commande de rechercher et de discuter la valeur de l'héritage paternel qui à dû leur échoir. Les troubles les plus légers qu'il peuvent présenter, comme les troubles les plus graves doivent faire preuve d’indemnité tuberculeuse, sinon n'est-il pas logique de tenir celle-e1 pour suspecte?
Le professeur Landouzy, dans son beau rapport au