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criminer souvent et de tenir son rôle pour aussi néfaste que celui qué l’on s'accorde à faire jouer à l’hérédoalcoolisme, à l’hérédo-syphilis, à l'hérédité névropathique.
Le laboratoire a démontré l'affinité du système nerveux central pour la toxine tuberculeuse contrastant avec l'active défense de cette même substance pour le bacille lui-même. Faut-il, à ce propos, rappeler les résultats des expériences concluantes de Renaud (1) : « Chez les animaux injectés avec de fortes doses de bacilles tuberculeux, le cerveau se débarrasse rapidement des bacilles ».
À côté de ces faits expérimentaux, on sait que cependant on trouve des tubercules intra-cérébraux el intracérébelleux aux autopsies et que peut-être il y a lieu d’invoquer dans ce cas une prédisposition particulière à la culture du bacille, en rapport avec la grande affinité du cerveau pour la toxine. Guillain et Laroche (2?) émettent ces conclusions à la fin de leur travail :
1° Les poisons tuberculeux se fixent sur le système nerveux : cette fixation a été prouvée dans une première série d'expériences pour la tuberculine de Koch et dans une deuxième série pour les poisons insolubles adhérents du bacille de Koch débarrassé par lavage de sa toxine soluble.
20 Cette fixation est due pour la plus grande part à des substances lipoïdes.
(4) Rexaup: Conirib. à l'étude de la tuberculose du cerveau, R. de méd. :
1907, page, 134.
(2) GuizLain et Larocue : Fixation de la tuberculine par la substance ner-
veuse. Biologie, 5 février 1910, page 209.
3° Cette fixation s'accompagne d’une activation de la toxine et le mélange cerveau et tuberculine est plus toxique que la tuberculine pure.
Les expériences de Lingelsheim (1) répétées par Borrel et Armand Delille constatent qu'alors qu'un gramme de tuberculine sous la peau peut ne pas déterminer la mort de l'animal, il suffit de 3 à 4 milligrammes en injeclion intra-cérébrale pour le tuer rapidement.
Nous rappellerons enfin les conclusions IV et IX de la thèse de Laroche (2) :
IV — Les toxines tuberculeuses, morveuses et diphtériques sont activées ; la toxine télanique est en partie neutralisée par le Ussu nerveux.
IX — Le système nerveux, territoire spécial, placé en dehors de l’immunité générale est doué d'une immunité locale. Cette immunité cytologique est variable suivant les individus.
Les recherches récentes tendent tous les jours à soustraire du groupe neuro-arthritique les maladies qui semblaient le plus devoir lui appartenir; l’origine tuberculeuse de certains rhumalismes n’est plus à démontrer.
Ces jours-ci enfin, Sézary (3), dans un article documenté montre que l’érythème noueux peut à juste litre être bien suspecté d'affinité tuberculeuse et qu'il faut voir autre chose qu'une simple coïncidence dans les rapports des manifestalions tuberculeuses nettes et de l’érythème noueux.
(1) LinGersueim : Deut. med. W. 1898, no 34.
(2) Larocne : thèse de Paris.
(3) Sézany : Gazetle des h6p., 25 janvier 1912.
Si donc, comme eut dit Lasègue, la tuberculose a léché le système nerveux, on conçoit comment s'expliquent et se justifient les thérapeutiques qui, jusqu'à présent, ont donné le meilleur résultat pour ces enfants retardés.
Puisque le remède spécifique de la tuberculose manque encore, et que nous sommes forcés de recourir aux traitements à côté : fortifiants, hygiène sévère, réminéralisation, on doit reconnaître que, pour les enfants retardés cette thérapeutique, à double fin pourrait-on dire, a seule donné quelques résultats. Et nous croyons pouvoir être de quelque utilité à ces malades, en attirant précocement l'altention du médecin sur leur parenté tuberculeuse. Il sera de toute première importance de considérer ces enfants comme des êtres fragiles; il faudra les traiter comme des candidats à la bacillose et, cependant que dans tous les cas on évitera pour eux les causes capables d’exciter leur imagination, qu’on évitera pour eux le surmenage intellectuel qui résulte d’une scolarité intensive et précoce, 1l faudra savoir que, pour se bien porter, ces enfants réclament : le grand air, la nourriture abondante et appropriée, les médicaments qualifiés à tort ou à raison de fortfiants. Il appartiendra au médecin de les soustraire le plus tôt possible aux milieux urbains, aux milieux familiaux à la fois contaminés et hystérogènes.
A l’appui de ces conclusions étiologiques et thérapeutiques, qu’on nous permette de citer encore une observation tristement éloquente :
La petite G. L..…., est la 16° de 18 enfants et fausses
pe
couches. Sa mère a été mariée ? fois en premières noces ; elle a épousé un cousin dont elle eût 12 grossesses, 7 menées à terme, » fausses couches alternantes; son premier mari mourut de tuberculose pulmonaire à 32 ans; il eut 2 frères qui moururent de la même maladie à 24 et 26 ans.
La mère tousse un peu. Son deuxième mari, marchand des 4 saisons, est âgé de 50 ans, bien portant, vigoureux; 6 grossesses résultèrent de cette union, 2 fausses couches dont nous n'avons pu trouver la cause et 4 enfants vivants. Sur les 18 enfants nés viables, 4 sont morts de méningite tuberculeuse vers ? ans, 2 sont morts «de maladies du ventre qui ont duré très longtemps », une est morte d'accident.
Des 4 enfants qui restent, l’aîné est soldat; il a été ajourné ? fois; une fille a 17 ans « donne bien des inquiétudes »; un enfant de 2 ans et demi paraît bien portant, encore qu'il ait été très en retard pour parler et marcher. Louise enfin que nous venons d’examiner est âgée de 7ans. Sa taille est très au-dessous de la moyenne; elle a parlé et marché à 22 et 24 mois, mais son intelligence est toujours en éveil, son imagination est vive et sa santé permettait äGe l'envoyer à l’école; « nous sommes sûrs qu'elle serait dans les premières ». On entend dans sa poitrine des râles sibilants; les sommets ne donnent aucun signe d'imprégnalion tuberculeuse. On ne constate non plus aucune localisation osseuse ou ganglionnaire. Elle est particulièrement émotive, elle pleure et rit facilement et son imagination vive lui fait : raconter des histoires extraordinaires qu’elle invente. Du
syndrome infantile, il ne lui reste que la conservation des attitudes; la suggestibilité se traduit bien par le signe du bras nettement positif bilatéral et les parents mettent sur le compte de la faiblesse de cette enfant le nervosisme exagéré dont elle fait preuve.
Ne semble-t-il pas résulter de ce fait que l'action de la tuberculose soit indéniable dans ce cas et les cas analogues que nous avons cités. Nous retrouvons ici sa façon d'agir élective : le poison a sensibilisé tout le système nerveux, certaines fonctions ont été arrêtées cependant que d’autres étaient précocement excitées et développées et il nous semble que ce soit là une des caractéristiques de l'hérédité tuberculeuse atténuée de savoir tour à tour, suivant peut-être l'intensité toxique avec laquelle les cellules ont été touchées, exciter certaines fonctions en même temps que l'action du poison plus brutale a pu paralyser le développement des autres. Les intoxications acquises, notamment le saturnisme, ne sont-elles pas considérés comme jouant un rôle capital dans le déclenchement d'accidents hystériques qui viennent rendre plus complexe l'étude des troubles nerveux des saturnins.
Nous nous bornerons à rappeler les faits les plus connus de la pathologie mentale et nerveuse au sujet de l’hérédité similaire et alcoolique. Les observations que nous avons recueillies n'ajoutent aucun fait nouveau à toutes celles dont on peut au hasard des lectures prendre connaissance dans les traités de pathologie mentale etnerveuse; elles se rapprochent plus ou moins
de cette observation que nous avons pu prendre à la
Salpêtrière :
Eros
M. L..., âgée de 12 ans, est idiote etinternée; son père est interné pour accidents alcooliques cérébraux; sa mère n’a jamais été internée, mais est une grande phobique; elle a une sœur épileptique âgée de 14 ans et un frère âgé de 4 ans qui jusqu'alors paraît bien portant. Ces faits sont trop connus pour que nous insistions davantage; il est aisé de comprendre que dans unetelle famille les descendants ne puissent être indemnes, mais soient touchés à des degrés différents.
Il reste enfin toute une catégorie d'enfants dont les conditions de naissance prématurée semblent devoir seules expliquer le retard.
A l'hôpital Hérold, nous avons été frappé de voir une enfant bien portante en traitement pour un incident fort bénin, présenter à 4 ans et demi le syndrome infantile complet sans débilité mentale, sans mythomanie, sans aucun autre fait surajouté. Elle est née, autant que nous puissions l'affirmer avec une avance de 30 à 36 jours : l’albuminurie de sa mère semble devoir être la cause de cet accouchement prématuré. L'enfant, très petile à la naissance, pesait 2? kilos. Elle a parlé, marché très tard vers ? ans et demi, et depuis un an que nous la tenons en observation, nous voyons tous les jours des progrès intellectuels se faire; de plus, la souplesse de ses membres augmente, sa démarche se fait plus assurée; depuis ? mois, le Babinski est toujours en flexion, les réflexes perdent leur vivacité, le signe du bras présente des variations journalières. Cette enfant âgée maintenant de 5 ans et demi est normale à tous les points de vue; il semble que ? ans et demi aient été