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nécessaires pour lui permettre de compenser après la naissance la brièveté de son séjour in utero.
Cinq ou six autres observations à peu près analogues nous permettent de dire qn'il faut environ 2 ans pour compenser le retard causé par une naissance prématurée de 3 ou 4semaines, et qu'au delà de 5 semaines, ilne faut pas s'attendre à voir les enfants complètement normaux au point de vue qui nous intéresse avant l’âge de 6 ou 7 ans.
Des travaux importants ont tout récemment paru sur cette question. Wallich et Frühinsholz (1) ont fait un travail d'ensemble sur l'avenir du prématuré. Nous sommes allés demander au professeur Pinard son opinion sur la question. Nous tenons avant tout à remercier ce maitre, de l'accueil qu'il nous a ménagé dans son service et de la bienveillance avec laquelle il a mis à notre disposition l'important monument constitué par les fiches qu'il a recueillies avec tant de soin. Le professeur Pinard a insisté devant nous sur les différences à faire entre les prématurés : « l'un estle prématuré pur fruit vert détaché de la branche par le coup de vent et l'autre est le prématuré laré qui porte en lui la cause de sa prémaluration comme le fruit gâlé son ver ». Le nombre des observations rapportées par Wallich et Frühinsholz qui les ont recueillies avec un soin critique et judicieux justifie parfaitement leurs conclusions :
[. — Il est incontestablement des prématurés qui,
(41) Wazucn el FRÜRINSHOLZ : Sociélé obstélricale de France, octobre 1911, « L'avenir éloigné du prémaluré »,
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devenus adultes, donnent toute satisfaction au point de vue de leur développement physique et intellectuel.
II. —— Il en est d’autres atteints de dégénérescences diverses (hernies, pieds bots, incontmence d'urine, troubles nerveux).
III. — Ces dégénérescences paraissent surtout en rapport avec le degré de prématuration et la violence du traumatisme obstétrical subis à la naissance.
IV.— Il est une proportion importante de prématurés parmi les dégénérés. Leurs dégénérescences sont en rapportavec les tares des parents : syphilis, alcool, avec le degré de dégénérescence et l’état de primogéniture du prématuré.
Il est évident qu'en tenant compte des causes et des conditions de la prématuration, on peut s'expliquer les différences entre ces sujets pour ainsi dire échelonnés du normal à l'idiot. Mais il semble bien que la connaissance du syndrome infantile, la recherche des retards qu'il peut subir dans sa disparition permettent de trouver des formes de passage entre tous ces prématurés sains ou tarés, chez lesquels la prématuration est évidemment un symptôme commun, mais conditionné par des causes très diverses. Faut-il admettre que la prématuration et le retard soient les deux effets d’une même cause ou que le retard puisse être sous la dépendance de la seule prématuration. Comme les auteurs s'accordent à reconnaître que le fruit vert détaché par le coup de vent peut prétendre à un bon avenir, nous avons recherché dans les registres du professeur Pinard et
nous avons constaté que les enfants nés prématurément
avaient marché plus tard que les autres sans que pour cela leur avenir semblât compromis. En rapprochant ces cas nombreux des 5 ou 6 cas que nous avons observés nous-même à un autre stade, il parait bien que, là comme ailleurs, les retards des fonctions de la première enfance se soient associés au retard dans le démembrement du syndrome infantile et que ces prématurés, même les moins lésés, aient eu besoin de plus de temps et de plus de soins dans leur vie extra-utérine pour rattraper le temps de vie intense intra-utérine qui leur a été soustrait. Il apparaît donc que la recherche du syndrome infantile et des modifications qu'il peut subir nous permette d'évaluer l'avenir du prématuré d'une façon plus précise en tenant compte de ce fait que, la persistance du syndrome indique une évolution nerveuse non terminée et non arrêtée; nous pourrons, lorsque la seule prématuration est en jeu, porter un pronostic très bon sur l'avenir de ces enfants auxquels cetle insuffisante finition intra-utérine n'aura amené qu'un retard dans l'harmonie fonctionnelle générale sans qu'aucune
faculté ait été spécialement atteinte.