I. — CONSIDÉRATIONS SUR LE SIGNE DU BRAS
La présence de ce signe indique comme nous l'avons dit dans notre communication (Loc. cit.) que le système nerveux est encore en évolution. Normalement, cette faculté de conserver les attitudes données, peut être mise en évidence pendant un an : soit de 20 mois à 2 ans 8 mois. Pendant cette période, les facultés psychiques deviennent capables de comprendre l’ordre donné et la suggestibilité est particulièrement bien servie parles vestiges de la myotonie phycrologique du nourrisson. Vers 3 ans, la critique se développant, la suggestibilité diminuant, la myotonie disparaissant, la faculté de conserver les attitudes n'existe plus. Nous ne saurions apporter aucun fait nouveau capable de valider ou d'infirmer une des hypothèses pathogéniques que nous avons esquissées, mais les constatations nombreuses que nous pouvons ajouter à celles que nous avons précédemment faites nous permettent d'insister sur certains points qui accentuent la particularité des réactions.
1° Cette manière d'être est indépendante de l’état de maladie. — Ces enfants ne semblent aucu-
nement faire d'effort pour maintenir le bras dans la position donnée puisqu'à l'encontre de la vivacité et de l’activité qui disparaissent chez les enfants fébricitants et ahtés que les parents trouvent « abattus », ce signe persiste dans la maladie aussi net qu'il pouvait être avant. Nous avons été à même d'observer dans ce sens 2 enfants âgés respectivement de 2? ans 1/2 et de ? ans »o mois; dans l’état de santé où une circonstance fortuite nous avait permis de rechercher ce signe, nous avions pu constater qu'ils avaient la réaction du bras normale à leur âge; l’un eut une coqueluche grave avec bronchite; malgré une température de 3%, un bras restait dans Ja position donnée lorsqu'on abaissait l’autre; l'autre, au 3 jour d’une rougeole forte très pyrétique, réagit absolument comme un enfant de son
âge en pleine santé.
20 Chez Île jeune enfant, l'éducation seule ést incapable de reconstituer de toutes pièces ce phénomène. — Inversement, pourrions-nous dire, il est à peu près impossible d'obtenir ce mode de réaction chez les enfants dont l’évolution est plus avancée. Nous avons essayé tous les procédés habituels : promesses de friandises ou gronderie pour obtenir d'eux qu'ils gardent plus longtemps la position donnée ou qu'ils ne baissent qu'un bras ; ce fut en vain, lorsque la formule était négative.
Nous avons insisté sur l'utilité qu'il y a à ne point éduquer les enfants dans le sens que l’on désire ; nous