‹ Le Syndrome Infantile NormalChapitre 9 sur 17 · RAR MS · texte numérisé non relu

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Faut-il enfin considérer comme le terme suprême de la débilité motrice une petite malade de naissance prématurée, ébauchant un syndrome de Little inférieur chez laquelle le signe du bras avait disparu, cependant qu’une intelligence vive faisait contraste avec l'insuffisance des voies pyramidales.

En troisième lieu, et c’est sur ces points que portent le plus grand nombre des observations que nous avons pu recueillir, le syndrome infantile se démembrera d’une autre façon. Il s'agit surtout de petites filles échelonnées de 3 à 15 ans. Ce sont des enfants qui ont, en général, eu un retard de développement, soit qu'elles aient marché à 22 mois, soit qu'elles aient parlé tard, soit qu'elles n'aient eu leur première dent qu'après 15 mois, soit enfin qu'elles aient eu un désaccord précoce entre l’établissement de ces premières fonctions et qu’elles se soient fait remarquer par la vivacité de leur intelligence et de leur imagination contrastant avec un retard de la marche et de la dentition. Un peu plus tôt ou un peu plus tard, lesyndrome infantile va se dissocier, mais généralement dans le même ordre, c’est-à-dire que le réflexe plantaire ne se fera plus en extension, que les réflexes s'atténueront plus ou moins, tandis ques’affirmera l’aptitude à conserver les positions données et que leur résistance à la fatigue prendra insensiblement des caractères cataleptiques et que la prolongation et la répétition des expériences agissant sur la suggestibilité de ces enfants permettront d'obtenir d'eux une malléa-

bilité parfaite.

Do etre

Nous avons noté de plus, chez ces enfants un état mental qui parait toujours bien semblable à lui-même. Indépendamment de leur intelligence qui peut être très vive, moyenne ou médiocre, leur faculté d'imagination est toujours particulièrement bien développée. Le désir de capter l'attention, le désir de jouer un rôle se traduira par de la coquetterie précoce et de la minauderie et souvent on entend de leurs bouches des récits avantageux et glorieux qui peuvent simplement déformer la vérité ou qui sont des romans élaborés de toutes pièces. On reconnaît déjà de la mythomanie de Dupré. À la consultation de l'hôpital Hérold, nous avons vu notamment une petite fille convaincue plusieurs fois par sa mère de mensonges flagrants ne jamais rentrer chez elle sans que durant le trajet de quelques centaines de mètres quiséparaient sa demeure de l’école, elle n'eut couru de grands et mystérieux dangers, été sur le point d'accomplir une action unique, cependant qu’elleavait été témoin de faits étranges. Sa mère ajoutait : «J'y ai déjà été bien souvent prise, je la sais menteuse au possible, mais ses histoires sont si bien qu’on est forcé de la croire. »

L'une de ces petites filles, âgée de 6 ans, fille d'une chiffonnière des Prés-Saint-Gervais, n'ayant jamais connu son père que l'on croit être mort tuberculeux, se faisait remarquer par la vivacité de son intelligence, son intarissable bavardage, l’étrangeté de son imagination; elle nous avait raconté qu'elle était fille de parents très riches, qu'elle ne savait à la suite de quelle scène de famille on l'avait laissée à l'hôpital; elle nouait elle-

même dans ses cheveux des rubans multicolores et tous

re

les matins, à la visite, elle inventait quelque puéril subterfuge pour forcer l’auscultation, pour attirer l'attention sur l’un de ses membres soi-disant rouge, douloureux, ou enflé. Nous recherchâmes les détails de sa première enfance : elle avait parlé de fort bonne heure, mais elle avait eu sa première dent tard, elle avait marché lard et sa mère ne nous cacha point que le bavardage et la vive imagination de cette enfant l'avaient bien souvent exaspé-

rée et elle reconnaissait qu'à la suite de repas ou de libations trop copieuses, elle l'avait corrigée peut-être « plus que de raison », sans d’ailleurs pour cela avoir rien changé à son « drôle de caractère ».

Le Babinski était en flexion, les réflexes tendineux étaient comme ceux des adultes, mais cette enfant gardait les attitudes donnéesd’unefaçon extraordinaire; assis à côté de son lit, nous nous souvenons avoir causé avec elle et à côté d'elle, 25 minutes ou une demi-heure tandis que l’un de ses bras restait en l’air et que l’autre soulignait ses dires de gestes multiples et contournés. Nous pûmes, en quelques séances, convaincre cette enfant que son médius gauche ne sentait pas la piqûre, et les jours suivants elle nous disait d'elle-même : « Ce n’est pas la peine de le faire là: vous savez bien que je ne sens pas ».

Que réserve l’avenir à cette enfant? L’affection pour laquelle elle était traitée à l'hôpital (varicelle) était bénigne entre toutes.

Nous avons vu se dessiner sous nos yeux une manière d'être toute spéciale, faite de mythomanie, de désir d’attirer l'attention coïncidant avec la psycho-plasticité de l'enfance sans qu'il ait été possible de voir une solution

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