‹ Le Syndrome Mal des AviateursChapitre 18 sur 55 · STE · texte numérisé non relu

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de nausées ou de sensation de gonflement du ventre comme dans certaines ascensions en montagne, mais un léger malaise que Morane attribue à ( l’angoisse et à la grande solitude que l’on ressent ». Vers 1.200 mètres l’hypoacousie apparaît : le crépitement du moteur diminue et ce phénomène très net par temps sec augmente par temps nuageux ou brumeux. Les bourdonnements d'oreilles, d’ailleurs légers, ne se montrent qu’à une altitude plus élevée, vers 1.800 mètres, moins haut chez les novices ; 1] y à évidemment une question d’accoutumance ; mais, même à 1.800 mètres, ce phénomène se produit plus bas que dans les ascensions ordinaires en montagne. Les vertiges ne sont accusés par aucun aviateur. à

La vue est toujours très nette ; les hallucinations visuelles que nous avons observées chez un aviateur sont exceptionnelles. Par temps clair et légère brume, le soleil en se reflétant sur la brume comme sur une glace rend comme aveugle et gêne considérablement, surtout dans les remous, la direction de l’appareil,

Une légère céphalée, encerclant les tempes, se montre à partir de 1.500 mètres chez les aviateurs entrafnés ; chez les novices, elle apparaît au-dessous de cette altitude. Cette céphalée, en casque, devient très pénible à partir de 3.500 à 4.000 mètres, presque intolérable.

Le froid devient vite pénible à partir de 2.000 mètres.

Quand on dépasse 1.000 à 1.500 mètres, on est pris d’une envie violente d’uriner.

Au-dessus de 1.000 mètres, et surtout au-delà de 1.500 mètres, les mouvements volontaires sont plus

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nerveux et saccadés (Morane) ; le froid, l’essoufflement léger qui se produit à ee moment, les contractions plus rapides du cœur, la réverbération du soleil et les troubles de l’ouïe, auxquels il faut adjoindre la tension nerveuse et la fatigue, suffisent à expliquer ces modifications motrices.

Dans la descente, le cœur bat beaucoup plus fort sans paraître s’accélérer, mais les palpitations, qui ne tardent pas à être ressenties, augmentent à mesure que la descente se précipite. [l est difficile de se rendre compte de ce qui se passe du côté de la respiration, à eause de la rapidité de la chute en vol plané qui fait parcourir 3 à 400 mètres à la minute, et provoque une sorte d’angoisse comparable à la sensation de vide qu’on éprouve quand on se trouve dans un ascenseur qui descend très vite. Les bourdonnements et sifflements d’oreilles tendent à s’accroître vers la fin de la descente ; il en est de même de l’envie d’uriner, qui devient de plus en plus impérieuse ; mais les phénomènes, particulièrement intenses, qui dominent et augmentent nettement à mesure qu’on se rapproche du sol, sont :

1° La sensation de cuisson à la figure, de rougeur et de forte chaleur à la face, due surtout à l’action du froid : les yeux piquent, sont injectés, les narines sont humides, sans épistaxis à proprement parler.

20 La céphalée.

3° Une très grande tendance au sommeil. Dans cette descente vertigineuse, l’angoisse étreint l’homme le plus fort, la peur elle-même le surprend à certaines secondes, elle est heureusement presque toujours de

très courte durée, mais la pensée et l’image de la mort sont constamment présentes à l’esprit. Une véritable torpeur intellectuelle saisit alors l’aviateur, torpeur qui se continue après l’atterrissage. On a vu des aviateurs dormir, pendant plusieurs heures, d’un sommeil d’où rien ne les pût tirer.

Après l’atterrissage, ces phénomènes s’atténuent progressivement, même les bourdonnements et sifflements d’oreilles, qui ont présenté une intensité inaccoutumée au moment même de l’atterrissage. »

L’aviateur peut done éprouver de nombreux malaises à tout instant du vol. Maïs y est-il fatalement exposé ? Certains sujets ne jouissent-ils pas, vis-à-vis de ces troubles, d’une immunité spéciale, inhérente à leur tempérament, et qui peut, d’ailleurs, être acquise par l’entraînement ? D’autre part, un vol avec montée et descente relativement lentes peut-il les occasionner ?

L’interrogatoire des pilotes nous fournit des réponses plutôt dissemblables. Si quelques-uns, se faisant une barrière de leur amour-propre d’aviateur, nient de façon formelle et définitive avoir éprouvé jamais le moindre malaise, d’autres, par contre, et ils sont nombreux, se montrent moins réservés et nous avouent y avoir été sujets à des périodes variables de leur entraînement.

Malgré l’assurance qu’ils croyaient avoir d’euxmêmes, l’émotion les gagnait dans leurs premiers vols ; une sensation fugace de peur suivait, qui les rendait nerveux, ou semblait paralyser momentanément leurs mouvements. Pour expliquer ces phéno-

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