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Il apparaît l’être encore davantage pour l’aviateur dont les sensations tactiles, gustatives et de l’odorat, dont la sensibilité générale, la force et l’amplitude des mouvements sont diminués du fait de l’altitude ; dont les sensations kinesthésiques diverses sont modifiées dans les mêmes: circonstances ; dont les sensations visuelles et auditives sont, en plus, altérées par les mouvements divers et les bruits intenses qui résultent du vol de l’avion.
Si l’on considère, maintenant, que ces altérations doivent être perçues, mesurées et corrigées par des centres dont les cellules nerveuses voient, d’autre part, leur excitabilité se modifier sous l’influence des oscillations cireulatoires liées aux changements d’altitudes, et qui, comme nous l’avons établi, correspondent le plus souvent et surtout à la descente, à de l’ischémie légère et fugace, l’on conçoit toute l’importance qu’il faut attacher, dans le choix des pilotes,
. à l’intégrité anatomique et fonctionnelle la plus abso-
lue des centres nerveux et des différentes voies de conduction nerveuse.
Plus parfait sera leur fonctionnement, plus certainement les aviateurs-posséderont à tout instant et en toutes circonstances ce sens de l’équilibre, dont ils ont tant et si constamment besoin. La moindre altération anatomique, au contraire, de l’une quelconque des parties de l’arc nerveux, sera la cause d’une moins parfaite transmission des impressions périphériques, modifiées et amoindries déjà du fait de l’altitude, et de leur plus ou moins déficiente perception par les centres nerveux. Moins, dans le cas de
circulation cérébrale activée ; plus, lorsque l’anémie consécutive à la baisse de la tension sanguine que nous avons enregistrée au début de la montée et pendant toute la descente, aura occasionné, après un stade passager d’exaltation, une diminution plus ou moins marquée de l’excitabilité des cellules nerveuses.
Sous l’influence de ces deux causes, dont l’intervention simultanée combine et aggrave les effets, une « rupture d’équilibre pourra résulter de la prédominance de l’un ou l’autre des centres antagonistes dont Magendie a supposé l’existence dans le cerveau et le mésencéphale ». Elle se traduira par des perturbations de toutes sortes, inégalement graves de conséquences, dans le fonctionnement des divers organes, et dans les réactions motrices notamment.
Des dangers nombreux menacent done constamment l’aviateur dont le système nerveux, à la suite de maladies ou de traumatismes, n’a pas recouvré sa parfaite intégrité anatomique et physiologique, psychique, sensorielle et sensitivo-motrice.
Aussi leur déconseillerons-nous vivement la pratique de l’aviation.