‹ Le Syndrome Phreno-Gastrique au cours des CoronaritesChapitre 20 sur 24 · MOMIE · texte numérisé non relu

MOMIE

En conclusion, l'interprétation électrocardiographique chez un sujet à diaphragme gauche surélevé peut être très délicate lorsque manquent les grandes déformations électriques de l’infarctus. C’est alors que la parole revient aux dérivations précordiales ou à l'épreuve d'effort, à condition de faire celle-ci prudemment, en sachant que ces deux épreuves n’autorisent pas toujours une conclusion définitive.

ETUDE EXPERIMENTALE PHYSIOPATHOLOGIE

VAQUEZ et BORDET avaient constaté autrefois, en insufflant des estomacs avec une potion de Rivière, que l’aérogastrie ainsi provoquée n'avait qu’une influence toute relative et discrète sur le cœur. Il n’y avait aucun rapport entre l’importance du déplacement et de la compression du cœur, et l’intensité des troubles.

Ceux-ci ne sont pas non plus proportionnels à la quantité de gaz injectée et à la tension intra-gastrique.

Cette distension gazeuse pouvait être responsable, à la rigueur, de quelques extrasystoles, mais jamais de crises angineuses. Les expériences de YLpPpo ont montré, en outre, que l’introduction d'oxygène et de gaz carbonique, même en quantité notable, dans l’estomac, ne produit aucun trouble. Le rapport de l’oxygène et du gaz carbonique intragastrique dans l'estomac isolé tend vers un chiffre égal à celui qu’il a dans le sang.

Seule, la présence de l’azote, qui ne traverse pas la muqueuse, peut créer des troubles en cas de blocage de l’air dans l’estomac.

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M. A. PRUCHE (de Brest) a voulu rechercher, chez un certain nombre de sujets, quelle pouvait être la part du facteur distension gazeuse gastrique dans la production du syndrome angine de poitrine.

Beaucoup de crises d’angor se terminent par d’abondantes éructations gazeuses, ce qui permet d'admettre que l’aérophagie peut être la cause déterminante d’une crise d’angor.

Pour vérifier cette étiologie, M. A. PRUCHE, examinant des cas avérés d’angine de poitrine, des névroses cardiaques, et même des états hyposystoliques, provoqua àrtificiellement une distension gazeuse gastrique par l’administration d’une potion de Rivière « à dose suffisante pour produire une zone de tympanisme, atteignant largement le mamelon gauche, sujet en décubitus ».

Il pratiqua, avant et après la distension, toutes les mesures suivantes :

a) mesure graphique, à l’oscillographe, des tensions artérielles, en ne tenant compte que des tensions résiduelles, telles que les a définies GALLAVARDIN;

b) recherche de la valeur fonctionnelle des deux cœurs gauche et droit par la méthode cardiodynamométrique ;

c) prise d’un orthodiagramme frontal du cœur, avec repérage de la hauteur des diaphragmes;

d) prise de l’électrocardiogramme dans ses trois qe vations classiques;

e) prise de lélectrocardiogramme immédiatement

RAR CRT XY

Pl) À |

NE

après un exercice standard (vingt flexions profondes) ;

1) prise de Pélectrocardiogramme pendant la compression des globes oculaires.

Les variations des éléments biométriques au cours de quatre observations, avant et après distension, sont très légères.

On constate pour la tension artérielle :

— deux fois même valeur Mx\et My,

— une fois un léger abaissement Mx avec abaisse-

ment notable My,

— un@ fois une élévation, au contraire Mx et My.

De même, pour l'épreuve cardiodynamométrique, où l’indice du cœur gauche reste sans changement notable pour les quatre observations.

Pour le cœur droit, on constate :

— rélèvement de l'indice après distension deux fois,

— abaissement de l’indice une fois,

—— sans changement une fois.

La marche d’oscillation de cet indice droit est très grande, même à l’état physiologique. L’orthodiagramme reste sans modifications importantes. L’ascension du diaphragme gauche n’a pas été constante. Sur les ‘quatre observations analysées, cette ascension a été notée trois fois. 2

Quant à l’électrocardiogramme, les tracés recueillis au repos dans les trois dérivations classiques, n’ont présenté absolument aucun changement avant et après.

L'allure électrocardiographique du réflexe oculo-

Der née

cardiaque est restée sensiblement la même dans les quatre cas.

Des variations aussi minimes permettent à M. Pruü- CHE — sans nier absolument le rôle du syndrome phréno-gastrique dans le déterminisme des états angineux — de penser que l'importance étiologique de la distension gazeuse gastrique a été très exagérée. « Il paraît bien qu’à elle seule, dit M. PRUCHE, cette distension ne saurait ni créer, ni même aggraver nombre de crises d’angor. Si certaines crises angineuses se terminent par d’abondantes éructations gazeuses, il semble bien qu’il s’agisse d’un phénomène contingent et non causal, phénomène lié au retentissement gastrointestinal de la dystonie neuro-végétative circulatoire, presque toujours contemporaine du syndrome angine de poitrine. »

Quelques années auparavant, MM. BASCOURRET et Barry DE MONTRÉAL s'étaient livrés à des recherches sur le déterminisme de certaines arythmies, extra-

systoles et tachycardies paroxystiques par la distension .

gazeuse gastrique provoquée. La négativité de leurs recherches est à rapprocher de celles de M. PRUCHE en ce qui concerne le déterminisme des crises angineuses par le même élément de distension mécanique de la cavité gastrique.

M. BascouRRET, en dehors des critiques soulevées

quant à la conduite même des expériences (propriétés anesthésiques de CO?, grande diffusibilité à travers les tissus des gaz constituants de l’air), insiste sur le facteur d’excitabilité très variable des diverses fonctions organiques, et on ne saurait nier l'existence d’angines

RÉ oee

de poitrine réflexes, à point de départ gastrointestinal (en dehors de toute distension gazeuse) et aussi fréquemment vésiculaire.

« Un élément, dit-il, doit primer le point de vue mécanique, c’est le facteur humoro-toxique. »

La pathologie dyspeptique ne se résout pas dans le seul fait de Paérogastrie, et semble emprunter, selon LŒ&PER, une origine hépatique, ce qui renforce le point de vue humoro-toxique.

M. le Professeur LiaN a fait remarquer le caractère contingent des fermentations et éructations gazeuses marquant la fin des crises d’angor d’origine coronarienne, et cela même chez des malades n'ayant pas de distension gazeuse gastro-colique :

« Aussi, dit-il, ai-je acquis la conviction que ces renvcis gazeux ne sont pas la cause, même partielle, de la fin de la crise, et qu’ils sont seulement l’une des manifestations des perturbations neuro-végétatives accompagnant la fin de la crise angineuse coronarienne, » (Séance du 16-10-1938 de la Société Française de Cardiologie.) Æ

M. le Professeur LaAUBRY, comme M. BASCOURRET, admet la complexité des relations entre l’aérophagie et les syndromes angineux. « Souvent, dit-il, les manifestations gastriques sont un effet, et si le tractus digestif intervient, c’est par voie réflexe ou nerveuse, beaucoup plus que d’une façon mécanique. »

La surélévation diaphragmatique gauche constatée au cours de certains infarctus est intéressante en ce sens que son aspéct seul évoque indirectement dans l'esprit un syndrome d’infarctus.

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