‹ Le Syndrome Pleuro-Pulmonaire de la Base dans les Hépatites AmibiennesChapitre 10 sur 33 · EE O Te · texte numérisé non relu

EE O Te

constatons des signes de congestion pulmonaire de la base droite, submatité, râles sous-crépitants, léger souffle, un foie débordant de deux travers de doigt et douloureux, le tout évoluant chez un diabétique.

Devant la persistance ‘de la température, le Dr Leroux nous envoie ve malade à la Maison Dubois le 8 avril 1927. La glycosurie est alors de 115 Sammes par vingt-quatre heures, pour 4 litres d'urine. La température moins élevée depuis peu, oscille aux environs de 389 et le malade se sent plutôt moins fatigué que les jours précédents.

L'examen montre, au niveau de la base du poumon droit, une légère zone de submatité où l’auscultation permet d’entendre de nombreux râles sous-crépitants avec un léger souffle aux deux temps. Les vibrations paraissent, à ce niveau, normalement conservées. Ces phénomènes pulmonaires ne S’accompagnent d'aucun symptôme fonctionnel; il n’y à, en particulier, ni dySpnée, ni toux; l'examen bactériologique de l’expectoration très peu abondante montre seulement la présence de quelques pneumocoques.

La palpation de l’abdomen permet de sentir au-dessous du rebord costal, le bord inférieur du foie quel’on accroche facilement, celui-ci est dur, mais nullement douloureux ; la rate n’est ni percutable, ni accessible.

Le cœur est régulier, les bruits sont normalement frappés, la tension est de 12-7 au Vaquez.

Les réflexes tendineux cutanés et oculaires sont normaux.

La réaction de Bordet-Wassermann est négative.

La polyurie atteint 4 lit. 550 par vingt-quatre heures, les urines renferment par litre 33 gr. 33 de suére sans acétone; il n’y à pas d’albuminurie.

Cinq jours après le début de l’hospitalisation, le malade doit rentrer chez lui; non guéri, il quitte la maison Dubois

le 12 avril 1927. La température vespérale est } 380, Les signes physicues de congestion pulmonaire ont en partie rétrocédé, mais il persiste toujours à la base droite quelques râles fins. L’examen radioscopicue, fait le 11 avril, montre l’hémithorax droit, transparent, dans son ensemble, sans image particulière, au niveau de la base; le sinus costodiaphragmatique est libre, le jeu diaphragmatique paraît normal. |

M. S... est revu le 27 juillet 1927 : il a depuis sn séjour à l'hôpital été constamment malade, présentant de la fièvre, ne pouvant reprendre Son appétit, ne pouvant se lever. Il à fait en juin une pyélonéphrite accompagnée d’une grosse élévation thermique. La présence de pus à été constatée microscopiquement dans les urines. Sous l'influence du traitement,l'amélioration à été rapide et le malade semble entrer en convalescence, quand assez brusquement, le 25 juillet, il est pris d’une douleur violente au niveau de la région hépatique, douleur avec paroxysme irradiant à l’épaule, accrue par le moindre mouvement; en même temps la température s'élève brusquement à 400.

L'examen montre un foie très augmenté de volume sail- ‘lant en avant et dont le bord inférieur atteint l’ombilic. La palpation en est douloureuse, surtout en sa partie moyenne au niveau d’une zone que l’on trouve de plus nettement voussurée. La percussion en est très douloureuse et on sent dans l'inspiration des froissements péritonéaux. On pense à un abcès du foie. Le malade n’a jamais présenté de phénomènes dysentériques, mais pendant toute l’année 1916, alors qu'il était mobilisé, il est resté en contact avec des coloniaux chez lesquels il semble qu'il y ait eu plusieurs as de dysenterie,

Les signes de congestion de la base droite persistent, râles sous-crépitants, petit souffle inspiratoire, matité

DAUBAN

nette. Ce sont les mêmes signes qui nous ont si fortement intrigués cinq mois plus tôt.

Nous prescrivons un traitement par injections sous-cutanées de chlorhydrate d'émétine (0,08 par jour quatre jours, 0,04 les six jours suivants).

= Sous l'effet de l'émétine, l'amélioration est rapide; la douleur et la fièvre rétrocèdent dès les premiers jours. À la troisième injection, M. S... s’assied seul dans son lit. Le dixième jour du traitement la polyurie et la glycosurie ont disparu : moins d’un mois plus tard, le malade peut reprendre ses occupations, guéri enfin de cette maladie qui trainait depuis cinq mois.

Le 5 novembre 1927, M.S... est revu à nouveau. Bien portant, il à repris 5 kilos depuis son séjour à l'hôpital. Il ne ressent plus aucune douleur. Le foie de consistance normale est encore un peu gros, mesuränt 15 centimètres sur une ligne mamelonnaire.

Les phéromènes pulmonaires ont disparu et la radioscopie montre l’intégr:té de la base droite,

D:puis le traitement jar l’'émétine le taux des urines est redevenu normal : celles-ci ne rin'crment plus de sucre :

Le malade paraît totalement guéri.

Obs, XIE, — (Obs. IT). Abcès du foie amibien du lobe gauche, d'une contenance d'un litre et demi, repéré par le lipiodol, quéri par la ponction et par l’émétine, sans ouverture, ayant évolué d'une façon latente pendant deux mois derrière une congestion pleuro-pulmonaire de la base gauche avec épanchement séro-fibrineux et derrière une péricardite sèche puis suppurée aseptique compliquée elle-même d'une névralgie phrénique. Ancienne lithiase rénale opérée.

M. N... âgé de 33 ans, sujet grec, marchand ambulant

entré à la Maïson Dubois le 17 octobre 1927 pour affection pleuro-pulmonaire gauche.

Le début de la maladie remonte au 25 août 1927, date à laquelle est apparu brusquement un point de côté thoracique gauche très violent et des frissons répétés : la température est alors de 399, Le médecin n’est consulté que quelques jours plus tard : le point de côté persiste mais moins violent, la température 6scille autour de 38°. Une ponction exploratrice de la base gauche est pratiquée le 15 septembre : elle permet de retirer facilement 56 cc. environ d’un liquide elair citrin.

Les phénomènes fonctionnels et généraux s’atténuent d’abord et vers le 25 septembre la température est de nouveau normale. La douleur thoracique à complètement disparu; le malade commence même à se lever quelques heures par jour, quand vers le 30 septembre il est repris de phénomènes analogues à ceux du début de l’affection point de côté gauche très violent, frissons répétés, ascension brusque de la température à 400. Le médecin constate à la base pulmonaire droite une zone de matité franche assez étendue au niveau de laquelle s'entend à l’auscultation un timbre tubo-pleural sans bruits surajoutés. Ces différents phénomènes sont aceompagnés d’une névralgie phrénique particulièrement vive et d’une toux sèche, quinteuse et pénible sans expectoration.

Devant la persistancede l’affection, le médecin conseille l'hospitalisation et le malade est envoyé à la Maison Dubois le 17 octobre 1927. M. N..., présente un mauvais état général, se plaint d’un point de côté gauche toujours violent, la température est à 390; le pouls à 100.

A l’examen on constate une ampliation thoracique très exagérée du côté gauche. Celui-ci respire moins bien que le droit : l'inspiration profonde réveille une vive douleur,

roses

le phrénique gauche est en effet douloureux à la pression

le long de son trajet, à la partie interne des espaces intercostaux et surtout au point d’émergence et au niveau du point sterno-mastoïdien.

La percussion montre une zone de matité remontant à la partie inférieure du poumon en arrière, tournant dans l’aisselle et mascuant en avant l’espace de Traube. À ce niveau, les vibrations vocales ne sont pas perçues; le murmure vésiculaire est aboli et l’on entend.à la limite supérieure de la matité un souffle intense à timbre tubo-pleural. Dans toute la zone de matité l’égophonie et la pectoriloquie aphone sont très nettes. Une ponction exploratrice faite à deux reprises reste négative.

© La palpation de l’abdomen permet de sentir le bord inférieur du foie au niveau de la région épigastrique : celui-ci est dur, mais non douloureux. La rate n'est pas aecessible.

Les bruits du cœur paraissent normaux : la tension est de 13,6 au Vaquez.

Les réflexes tendincux sont vifs : les pupilles réagissent normalement à la lumière. La réaction de Bordet-Wasserman est négative.

Les urines ne renferment ni sucre, ni albumine.

Un examen du sang pratiqué le 18 octobre montre une leucocytose & 11.000 globules blancs : l'équilibre leucocytaire est sensiblement normal : poly-neutro : 65; polyéosino : 3; poly-baso : 2; grands mono : 15; moyens mono : 12; lymphocytes : I.

L'état du malade reste stationnaire jusqu'au 24 octobre où l'examen montre au nivean du cœur un frottement présystolique doux, mésocardiaque non modifié par les mouvements respiratoires et que l’on interprète comme un frottement péricardique.

Aussi le 25 octobre, malgré le mauvais état général du

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