‹ Le Syndrome Pleuro-Pulmonaire de la Base dans les Hépatites AmibiennesChapitre 23 sur 33 · DORE · texte numérisé non relu

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penser quelquefois à une lobite pulmonaire inférieure, ce voile ayant une limite supérieure oblique en bas et en dehors. Nous avons vu, lors de l’étude clinique des pleurésies, l’explication qu’en donnait le Professeur Lemierre. Une observation d’Izar (27) et l’observation (XV, p. 43) ont montré que cette opacité était liqui. dienne. $i la radioscopie montre une hypertrophie hépatique avec ou non voussure localisée en un point du dôme, il reste, pour affirmer le diagnostic d’abcès amibien du foie, deux épreuves diagnostiques.

La ponction exploratrice, moyen dont la valeur diagnostique est très grande lorsqu'elle est positive, mais qui, négative, est nulle. Cette ou plutôt ces ponctions du foie, car il est rare de tomber du premier coup sur a collection intra-hépatique, sont pour beaucoup d’auteurs, absolument sans danger; M. Fontan (22), MM. Job et Spick (29), M. Rogers qui en ont une grosse expérience ne lui ont jamais trouvé d’inconvénient.

Enfin, si la radioscopie et la ponction n’ont pas permis d’affirmer le diagnostic, la dernière ressource est

L'épreuve lhérapeulique. — La valeur spécifique de l’émétine comme anti-amibien a subi bien des assauts surtout dans ces dernières années. M. Flandin (21) a montré l'influence de ce traitement dans l’hémoptysie, influence nette seulement chez les hypertendus, dit M. Mattei (35), MM. Ramondet Durand (46), M. Techari (55) obtenaient des guérisons de bronchites aiguës et chro-

niques. M. Jaguov (28) de Bucarest s’est attaqué avec

tes

succès aux abcès du poumon non amibien, Les accidents intestinaux eux aussi : dysenterie non amibienne, diarrhée dysentériforme chez un tuberculeux,,ont été guéris par l’émétine, aux dires de M. Chalier (9) et de M. Pic (43).

Ces travaux, surtout ceux très récents de M. Jaguov, demandent confirmation. Car la guérison des abcès du poumon était jusqu'ici tout à fait précaire comme le font remarquer MM. Lemierre et Kourilsky (3). Cependanl nous ne complerons comme valable l'épreuve lhérapeulique que dans les cas d’hépalile, dont la valeur a paru absolue à presque tous les auteurs. L'action de ce médicament sur l'hépatite amibienne est d’une netteté et d’une rapidité merveilleuse, L’accumulation de l’émétine dans le foie, l’absence de kyste dans les abcès amibiens de cet organe font comprendre la puissance de cette action. I] suffit d’ailleurs de 4 ou 5 injections pour s'assurer de cet effet, si les phénomènes douloureux et fébriles n’ont pas rétrocédé, c’est que l’on ne se trouve pas en présence d’une lésion amibienne.

Nous ne connaissons pas d'observation d’hépatites (aiguës, subaiguës ou chroniques) non amibiennes guéries par le traitement émétinien. Tous les auteurs reconnaissent au contraire la valeur thérapeutique exceptionnelle de l’émétine dans les hépatites amibiennes; plusieurs d’entre eux n’ont pas hésité à dire que

la constance et la rapidité d'action de ce médicament

en faisaient une épreuve diagnostic de première valeur,

ONU)

M. N. Fiessinger (18) en a montré l'intérêt primordial et les succès merveilleux dans les petits abcès amibiens du foie à forme fruste.

Que cette valeur thérapeutique s'étale sur les amibes autres que l’Enlamæba dysenteriæ.rien n’est plus vraisemblable; mais les observations d’infestations hépatiques par ces autres amibes(EÆEnlamæba coli, Harimani, Endolimax Nana, Pseudolimax Buischlit. Dienlamæba Fragilis) sont extrêmement rares.

Il est deux autres recherches de laboratoire que l’on peut faire aussi mais dont la valeur diagnostic est secondaire

La présence d’amibes ou de kysles dans les selles ne permet nullement d'affirmer que les lésions hépatiques ou pulmonaires sont du même ordre. D'autre part, l’on sait combien sont inconstantes ces constatations, dans les abcès hépatiques.

La formule sanguine Varie au cours de l’évolution de lPabcès hépatique. Cependant une légère polynucléose avec prédominance des neutrophiles est assez

fréquente, Diagnostic différentiel

Tuberculose aiguë

Il est un diagnostic que l’on retrouve très souvent, c'est celui de tuberculose aiguë, souvent pleuro-péri tonéale. Seule, en effet, cette maladie peut expliquer la cachexie que présentent ces malades avec des lé-

sions pulmonaires aussi faibles. L'observaticr (V, p.19)

Las ue.

nous l’avait déjà donné comme diagnostic, Les obser-

valions qui vont suivre sont caractéristiques.

Obs. XVIL. — N. Fiessinger et Æ. Leroy (20).

Il s’agit d’un Sujet de 37 ans qui n’a jamais quitté nos pays. Il est originaire d’une région (Picardie) où jamais on n’a observé le moindre cas de dysenterie; on l’a vacciné contre la fièvre typhoïde en octobre 1915. Sans avoir séjourné-dans les tranchées, il appartient à une section automobile, il tombe malade au début de juillet. Jusqu’alors sa santé n’avait rien laissé à désirer. Le début de ses accidents consiste en diminution de l’appétit, en céphalée avec de la diarrhée. Cette diarrhée est ocre et ne présente pas l'aspect mucoso-Sanglant de la dysenterie. Elle semble être survenue d’une façon progressive. Notre malade entre à l’infirmerie le 4, on l’y garde jusqu'au 19 juillet. De là, il est dirigé sur un hôpital d'évacuation, où on lui administre le 9 et le 11 juillet 20 grammes de sulfate de soude. Devant les signes constatés, on songe à une fièvre typhoïde. La température se maintient aux environs de 400.

Le malade nous arrive le 12 à l'hôpital de contagieux avec le diagnostic : embarras gastrique fébrile, fièvre continue, dothiénentérie. [1 s’agit d’un sujet très fatigué, les traits sont amaigris, le teint jaune pâle sans ietère des con jonctives. On constate une dyspnée légère. 11 se plaint de douleurs vagues dans le côté droit, de maux de tête, de courbature générale et de diarrhée.

La langue est saburrale. L'examen de l’abdomen fait découvrir du gargouillement de la fosse iliaque droite, il n'existe pas de taches rosées. A la percussion et à la palpation, Le foie et la rate paraissent de volume normal et ne dé-

passent pas le rebord costal.

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