‹ Le Syndrome Pleuro-Pulmonaire de la Base dans les Hépatites AmibiennesChapitre 24 sur 33 · PERS · texte numérisé non relu

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Les poumons ne fournissent d’intéressant à signaler qu'une matité de la base droite en arrière qui s'étend sur trois travers de doigt environ. À cet endroit les vibrations vocales sont abolies, de même que le murmure respiratoire. On découvre une légère œgophonie avec pectoriloquie.

Les bruits du cœur sont mous, sans aucune altération décelable.

Un tel syndrome fait suspecter un état typhique. Et cependant certains signes paraissent anormaux tels que l’amaigrissement si précoce et si marqué et Les signes d'épanchement pleural droit. Mais les anomalies typhiques sont fréquentes. On persiste done dans ce diagnostic dont l’évolution thermique est l'argument le plus démonstratif.

L'hémoculture est faite le 13 juillet. Elle reste négative.

Les jours suivants, la température, après avoir oscillé

autour de 409, s’abaisse en dessinant quelques oscillations

comme au Stade amphibole des infections typhiques. La diarrhée persiste sous la forme de selles peu fréquentes, abondantes, couleur jaune ocre. Elle ne contient ni sang, ni glaires. Nous sommes si loin de soupçonner la dysenterie que venant examiner microscopiquement les selles des suspects de dysenterie amibienne nous examinons les selles des voisins sans nous arrêter à notre malade. Ce n’est pas dire cependant que le diagnostic posé nous satisfait. A mesure que la température s'améliore, notre sujet présente une cachexie qui S'accuse à vue d'œil. Le facies est amaigri, les traits sont tirés, les yeux s'excavent. Le pouls petit et hypertendu bat entre 110 et 120.

Le 20, nous enregistrons, ävec cette cacheæie foudroyant., en plus d:s Sign:s d2 matité avec abolition des vibrations et ægophonie de la base droite, un léger météorisme avec une matité mobile dans les flancs. Le diagnostic S’aiguille

vers l’idée d'une tuberculose pleuro-péritonéale suraigué.

Le peu d'intensité des signes d’épanchement à droite nous fait malheureusement surseoir à une ponction exploratrice.

Le 21, un nouveau symptôme apparaît : un œdème d’abord bimalléolaire, puis s'étendant le lendemain au niveau des flancs. La dyspnée s’accuse. On ne trouve pas d’albumine.

Le 23, la mort survient en hypothermie et en pleine cachexie.

À notre avis il ne pouvait être fait de doute sur la nature d'une granulie foudroyante. Nous n'avions jamais songé à une dysenterie, malgré l’existence de nombreux cas suspects et malgré que notre attention se trouvât constamment dirigée vers ce diagnostic.

L’autopsie montra qu'il s'agissait d’une hépatite amibienne suraiguë, avec multiples abcès, dont un, énorme, refoulait le diaphragme jusqu’au hile pulmonaire droit. [l y avait d’ailleurs des amibes dans les parois des abcès. Les lésions pulmonaires ont été décrites

plus haut.

Obs. XVIIE. — J. Castaigne et Francon (7) (Obs. I résumée).

Homme, 35 ans, 1921. Dysenterie amibienne antérieure avec amibes dans les selles, guérie par l'émétine.

Maladie actuelle ayant débuté deux mois auparavant, sous forme de fièvre continue, diagnostiquée dothienentérie. Les examens de laboratoire étant négatifs, l’état général du malade empirant, l’appariticn d'une pleurésie de la base droite, avec violentes douleurs thoraciques font évoluer le diagnostic vers une tuberculose aigue.

A ce moment, le professeur Castaigne trouve au cours

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de l'examen du malade : un foie gros et douloureux, pas d'autre signe pulmonaire que la pleurésie. La connaissance d’une dysenterie amibienne antérieure aidant, le diagnostic d'hépatite amibienne est posé. La guérison suit immédiatement le traitement.

Obs. XIX. — M. H. Eschbach (17).

Ch.., 22 ans, rentré en France après 18 mois de service militaire au Maroc, le 30 janvier 1921. 11 a surcout séjourné dans les villes, mais à fait colonne, à plusieurs reprises, fatiocuant beaucoup, Sans aucune indisposition.

À peine rapatrié, il est pris de fièvre le 14 février. Il se sent oppressé, perd ses forces. Examiné le 21, il présente une température de 390, un pouls à 80, une langue saburrale, de la constipation. Aucun Signe fonctionnel toux ou douleur. Ni gros foie, ni grosse rate, ni taches rosées, Urines sans albumine, rien au Cœur. ni aux poumons. Aucun antécédent connu paludique, dysentérique ou syphilitique. Le teint est bronzé comme celui d’un colonial africain. L'aspect est celui d’un embarras gastrique fébrile,

Les jours suivants, Sans autre modification dans l’état, une légère submatité accompagnée de diminution du murmure vésiculaire se constate à la- base pulmonaire gauche. Puis le malade accuse une douleur imprécise à l'épaule droite, à cheval sur les fosses sus et Sous-épineuses, impossible à délimiter car elle n’est réveillée ni par les mouvements, ni par la pression; elle n'apparaît guère que par la respiration profonde. Pas de moditication respiratoire apparente à Ce niveau.

4 mars. — La fièvre continue entre 3892 et 390 une seule fois, un matin, elle est descendue à 3708; le pouls reste entre 76 et 80. L'intestin à été dégagé par des laxatifs. La

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langue, d'abord saburrale, s’est dépouillée; elle est dépapillée, lisse, vernissée. La rate est toujours inaccessible ; le foie ne déborde pas les fausses côtes.

Le jeune homme s'amaigrit et se cachectise, déprimé par des Sueurs profuses. Malgré l’invraisemblance d’une fièvre typhoïde, devant la persistance de la fièvre en plateau, la lenteur relative du pouls, l’absence de tout élément de localisation, on pratique un séro-diagnostic; il est néga tif avec le bacille d'Eberth et les paratyphiques.

Le foyer de congestion pleuro-pulmonaire de la base gauche se dissipe; le roint d’endolorissement de l'épaule droite persiste sans apparition d'aucun signe physique. Le 14 mars, une matité nette avec diminution des vibrations et du murmure vésiculaire est perçue à la base droite, contre la colonne vertébrale, donnant l'impression d'une pleurésice imminente. Puis la région juxta-vertébrale se dégage, les mêmes phénomènes se propageant dans la région sous-axillaire droite, mais aucun épanchement n'apparaît.

Un nouveau foyer éclot dans la fosse sous-épineuse gauche, avec diminution de la sonorité et du murmure vésiculaire.

Jamais de toux ni d’expectorations. Pas d’autres signes fonctionnels que la douleur de l’épaule droite à la respira tion profonde. La température se tient entre 3806 et 390; ses rares chutes à 38° sont sans lendemain. Même à 390 le pouls ne dépasse pas 86 pulsations.

Bien que le malade ait été autorisé à s’alimenter, il en est incapable, la digestion de toute nourriture autre que le lait lui donnant des accès de chaleur avec sueurs profuses qui l’épuisent. Il maïgrit de jour en jour, devient squelettique, le teint terreux, la langue lisse, il dépérit rapidement.

Jusqu'ici aucun des foyers pleuro-pulmonaires n'a abouti. Ils se dessinent, s'amorcent, puis tournent court, Sans apparition de souffles ni de râles. Par contre, la défervescence

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n'arrive pas; dès que là courbe thermique accuse une descente elle remonte aussitôt avec FÉDRARESR d'un nouveau foyer. Cependant, à la base droite et à l’épaule gauche, où les foyers de congestion pleuro-pulmonaire ont éte les plus marqués, l'obscurité respiratoire fait place à des bruissements humides, surtout inspiratoires, rappelant les râles crépitants de l'engouement pneumonique, mais plus gros.

Cette modification stéthacoustique fait redouter un début de ramollissement et semble confirmer le diagnostic porté par exclusion de typho-bacillose qui évoluerait vers la eranulie pulmonaire. L'absence de dyspnée et de cyanose malgré l'existence des signes pulmonaires, l’inconsistance du diagnostic peu étayé laissent, maigré tout, l'espoir de voir apparaître un nouveau symptôme qui donne une raison moins fatale à cette cachexie progressive.

Le 30 mars, le foie, objet de la plus grande surveillance, en raison du séjour au Maroc, à cause aussi des phénomènes pleuro-pulmonaires de la base droite, paraît avoir augmenté de volume. Il ne déborde pas les fausses côtes, mais sa matité s’est un peu étendue par en haut; il mesure 11 em. sur la ligne mamelonnaire; il n’est pas sensible au palper souscostal.

Dans l'hypothèse possible d'une hépatite amibienne malgré les manifestations répétées du poumon gauche, l'injection de chlorhydrate d’émétine est rue 4 egr. sont injectés quotidiennement.

Le lendemain de la première injection, la température du matin est à 389, et celle du soir à 3801. La courbe ne remonte plus et descend, en 5 jours, à 370 d’une façon définitive. L'état général s'améliore aussitôt; la langue devient humide et retrouve ses papilles, l’appétit revient, le teint se recolore. La douleur de l’épaule droite disparaît. Le foie se rétracte. Le malade se lève 10 jours après la première injection et sort 5 jours plus tard.

Questionné de près, il se rappelle avoir été atteint en juillet 1920, d’une diarrhée avec épreintes et selles subintrantes non Sanguinolentes pour lesquelles, il resta 8 jours en observation à l’infirmerie et dont il ne se ressentit plus par la suite.

Fin avril. — Après 2 séries de 6 injections de 0 gr. 04 d'émétine, ingestion de pâte d’ipéca et de pilules d’arsénobenzol, le jeune homme engraissé à retrouvé toutes ses forces.

Le foie revenu sans doute à des dimensions normales est petit; la limite supérieure-de la matité est au mamelon, mais la limite inférieure ne descend pas au rebord thoracique; il mesure 6 em. sur la ligne mamelonnaire.

Le pouls est à 68 le matin, 70 le soir. La respiration est normale dans le poumon gauche, il subsiste quelques frottements pleuraux à la base droite et dans la région sous-aæillaire droite.

Fin mai. — L'état est le même, la santé parfaite. Un examen radioscopique ne fournit aucun renseignement utile.

Un an après, la guérison s’est maintenue.

Obs. XX. — Dargein et Oudard (15).

Th... (Georges), âgé de 22 ans, entre dans le service de clinique médicale de Sainte-Anne le 12 mars 1927, avec le diagnostic de septicémie pleuro-péritonéale, Il est envoyé dès l’arrivée à Toulon de son bâtiment, le croiseur-école «Jeanne d’Are », avec une note de son médecin, dont voici le résumé succinet: « Il avait assuré normalement son service jusqu'au 2 février, date à laquelle il se présente à la visite avec une douleur d'intensité moyenne localisée au point vésiculaire; il n’a point de fièvre, pas d’ictère, les urines sont normales, Le lendemain, il revient avec une tem-

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pérature très élevée 3901; une douleur violente au point de Mac Burney, un syndrome péritonéal; pouls rapide, facies plombé, palpation impossible. L’intensité de la douleur est telle qu’elle nécessite une injection de morphine. Glace sur l’abdomen. Glace à sucer. Le malade est suivi d'heure en heure et tout est préparé en vue d’une intervention chirurgicale possible qu’un roulis assez fort (le navire étant en croisière) rendait du reste assez délicate. Les jours Suivants, les signes péritonéaux S’atténuent; le malade accuse une douleur dans la région hépatique et à la base droite. On se trouve en présence d'un syndrome de pleurésie classique, vérifiée par une ponction exploratrice qui ramène 2 cc. de liquide citrin. Ces phénomènes persisteront jusqu'au moment du retour en France, S'accompagnant d'hyperthermie vespérale, d’un état général médiocre, avec teint -blafard, inappétence, vomissements, amaigrissement (perte de poids de 6 kgr. en un mois).

Lorsque nous le voyons pour la première fois, le 12 mars, nous nous trouvons en présence d’un homme de constitution moyenne, pâle, au facies fatigué, nettement amaigri: poids 50 kgr. pour une taille de 1 m. 64. Nous ne relevons dans ses antécédents qu’une congestion pulmonaire à l’âge de 14 ans, une blennorragie en 1926, mais jamais de diarrhée ni de dysenterie.

Il accuse au niveau de la région vésiculaire une douleur qui s'étend en réalité sur une zone large comme une paume de main : elle est paroxystique, augmente dans les déplacements du Sujet qui ne peut se coucher sur le côté droit, encore moins Sur le côté gauche. La palpation exagère cette doujeur dans la même zone, entraînant une légère résistance de la paroi: Le ventre n’est pas ballonné, se déprime assez facilement sans défense appréciable, mais toute pression faite en un point quelconque réveille une douleur au

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