‹ Le système d'Aristote [microform]Chapitre 49 sur 102 · LES ESPÈCES DU MOUVEMENT · texte numérisé non relu

LES ESPÈCES DU MOUVEMENT

singulièrement rapprochées de l'altération, et il est difficile de distinguer entre le cas où une chose, pour parler le langage des commentateurs, devient aXXoiov et celui où elle devient àXXo, c'est-à-dire une autre substance. Le seul recours est évidemment celui que suggère Simplicius (1), à savoir que la forme substantielle se compose de toutes les formes partielles que peuvent produire plusieurs altérations successives ou simultanées et que, quand les altérations sont toutes réunies, la forme substantielle se constitue alors comme leur tout, comme leur tout qui est à la fois elles toutes et plus qu'elles toutes. C'est d'ailleurs à peu près exactement ce que dit Aristote dans un passage intéressant du VIP livre de la Phf/sique, passage qui nous fait aussi mieux comprendre comment la translation, ainsi que nous le disions tout à l'heure, peut être à la base des autres mouvements sans les absorber en elle. Peu de textes décèlent aussi bien l'esprit indéfectiblement hiérarchique de la philosophie aristotélicienne : « Il est nécessaire peut-être, dit Aristote, que la génération se produise en conséquence de quelque altération, par exemple en conséquence d'une raréfaction ou d'une condensation, d'un échauffement ou d'un refroidissement de la matière. Mais, malgré cela, être engendré n'est pas être altéré, la génération n'est pas altération .>. Et, quelques lignes plus bas, Aristote ajoute que la génération est, par rapport aux mouvements qui en sont les conditions nécessaires, comme le comble et la toiture de tuiles, qui achèvent une maison (2).

Telle est la partie purement physique de la théorie dû

(1) Phys. 282, 18-29 Diels : la généralion et la corruption oO xaG' avTÔ Toû £1(^0^; l-JTt'v, ullù. xatàràç toO e't(?ovîâ'c«^ooKç [pour le feu p. ex., la chaleur, la sécheresse, le mouvement vers le haut]. ^Qetpofxévwv yùp éx£tvû)v ùtt' à).>.ï;/wv çua-^ÔeipsTai tô firîoç, ûxmep x«t <7^jvzptxov(rôrj

iTctyhtrut. ...

(2) 3, 246 a, 6 : «»à yhzdBon fxkv tdwç ëxaTtov àva^xatov aXAoïoupÉvou Tivo;. olov t^çû>ïî; 7ruxvou|yiévïî; a uavovfiévfl; i) ÔfOfxatvopévïj ; r, ^(/uxo.ixévïjç, où usvTOt TK ytvôpiEvâ -/£ à»otoOrat, ou*?' ii -^évcfft; avrwv à».otw<Téç èffTtv. a, 17 : ... oùâe tô t^ç otxiaç Te>iîwf*a ^éyousv à»ot&>ffiv (ôtottov yà<) ti é ôpt^xoç xat 6 xépafAOç àUctwaiç, « tt Opiyxovus'vij x«"t xcOkuo'jucvïj a».oioOtat cùXk f*iQ Tc).«eovT«t ^ otxîa)...

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mouvement en général et de la cause du mouvement d'après Aristote. Cette théorie est marquée d'un caractère dynamiste et vitaliste très prononcé. Nous avons même vu qu'elle tend à devenir, malgré elle, idéaliste. C'est le résultat naturel de l'effort qu'a fait Aristote pour aller dans toute cette théorie au plus profond et au plus réel. Mais il s'est trompé gravement en pensant que, pour établir dans ses droits ce plus profond et ce plus réel, il fallait sacrifier le mécanisme. Nulle part il ne donne à penser qu'il s'est avisé de ridée de Leibnitz, à savoir qu'il faut conserver le mécanisme et qu'il suffit de le subordonner.

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