‹ Le système de Descartes;Chapitre 108 sur 171 · TP PAT · texte numérisé non relu

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malgré lui, et dans tous les cas c’est par occasion, que Descartes se laisse conduire à ces nouveautés. D’intention, soit par prudence, soit surtout parce qu’il lui semble que tout ce qu'il y a besoin de savoir sur Dieu est déjà acquis et connu, il est sur la question tout à fait traditionaliste. « Le grand réformateur, dit M. Secrétan (Philos. de la liberté, 3° éd., [, p. 120), met à profit le résultat le plus élevé de la dialectique, au lieu de le reconstruire par un travail indépendant, comme son programme l'eût exigé. En ce point capital Descartes dépend du moyen-âge. » Descartes se détache si peu de son milieu quand il s'agit pour lui de se représenter Dieu, qu'il lui semble que l'idée qu'on s’en fait dans ce milieu a toujours existé partout et de tout temps (1). Il professe pourtant, mais en cela même il est d'accord avec la tradition scolastique orthodoxe, que nous ne connaissons pas Dieu par intuition, que nous le connaissons par le raisonnement seul : « Pour votre autre question, vous avez, ce me semble, fort bien répondu vous-même Sur la qualité de la connaissance de Dieu en la béatitude, la distinguant de celle que nous en avons maintenant, en ce qu’elle sera intuitive. Et si ce terme ne vous satisfait pas, et que vous croyiez que cette connaissance de Dieu intuitive soit pareille ou seulement différente de la nôtre dans le plus et le moins des choses connues, et non en la façon de connaître, c’est en cela qu’à mon avis vous vous détournez du droit chemin. La connaissance intuitive est une illustration de l'esprit, par laquelle il voit en la lumière de Dieu les choses qu'il lui plaît lui découvrir par une impression directe de la clarté divine

(1) « C’est une chose très remarquable, que tous les métaphysiciens s’accordent unanimement dans la description qu'ils font des attributs de Dieu, au moins de ceux qui peuvent être connus par la seule raison humaine, en telle sorte qu’il n’y a aucune chose physique ni sensible, aucune chose dont nous ayons une idée si expresse et si palpable, touchant la nature de laquelle il ne se rencontre chèz les philosophes

une plus grande diversité d’opinions, qu'il ne s’en rencontre touchant celle de Dieu. » (Rép. aux 2e9 obj., C. 1, 423 [138][G. II, $ 16)).

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