L'EXISTENCE DES CHOSES MATÉRIELLES
Une fois constatées ou établies l'existence du moi pensant et celle de Dieu, Descartes passe à l'existence des choses matérielles. Nous avons à rechercher comment il la prouve. Toutefois nous devons nous demander auparavant ce qu'il entend par l’existence des choses matérielles, ou, en d’autres termes, quel est le sens de ce qu’on a appelé l'idéalisme cartésien.
Kant a, comme on sait, défini l’idéalisme cartésien un idéalisme sceptique ou problématique d’une part, et de l’autre, empirique (Crit. de la Raison pure, Barni I, 285 ; Il, 449 et 450 ; Prolegom., 13, UT, vers la fin ; S 49; Rép. à Garve, à la fin des Prolegom.). L'examen de cette définition nous paraît propre à faire ressortir la pensée de Descartes.
Que l'idéalisme cartésien soit sceptique ou problématique, c’est ce qui est incontestable. En eflet, Descartes n'a pas été idéaliste d'intention. Quelle que soit la conclusion à laquelle il aurait dù logiquement aboutir, toujours est-il que, en fait, il a conclu à l'existence de réalités hors de l'esprit. L'idéalisme ne lui a jamais apparu comme une vérité, mais seulement comme une possibilité. Tout ce qu'il a fait, ç'a été de comprendre que cette possibilité s'imposait inéluctablement à l'examen du philosophe. Cela du reste, il l’a profondément compris. Gassendi n'a pas manqué de lui représenter, en sensualiste décidé et en
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