ARTES
LR
240 ‘4 5 | pese
f cd GTR
ner préoccupé un moment (d'établir la réalité empirique à les phénomènes saisis par les sens. On doit dire, il est vrai que le point de vue auquel il se place dans sa démons- 4 tration est plus général que celui de Kant. Car Descartes s'occupe de tous les phénomènes sensibles, et Kant s'oc-
cupe uniquement des phénomènes étendus en tant
qu'étendus, dont il prouve la réalité par un argument très spécial, sans analogue chez Descartes. Mais, si Descartes n’établit pas la réalité des phénomènes étendus, c'est que cette réalité lui paraît indubitable. Et, en effet, si d'une manière générale les phénomènes réels sont ceux qui sont intelligibles et surtout ceux qui sont intelligiblement liés, il est clair que pour Descartes, dont toute la physique n’est que géométrie, il n’y a rien de plus intelligible que l'étendue et rien de plus intelligiblement lié que les phénomènes de figure et de mouvement (1).
là, si, après avoir appelé tous mes sens, ma mémoire et mon entendement pour les examiner, il ne. m’est rien rapporté par aucun d’eux qui ait de la répugnance avec ce qui m’est rapporté par les autres. » etc. (C. 349 sq. [8912] à [G. $ 23]).
(1) Dans un passage de la Réponse aux Instances de Gassendi, il défend la réalité de étendue et la réalité de sa physique, précisément par cette raison que l’étendue est intelligible et que sa physique ressemble aux mathématiques : « Plusieurs excellents esprits, dit-il, croient voir clairement que l’étendue mathématique, laquelle je pose pour le principe de ma physique, n’est rien autre chose que ma pensée, et qu’elle n’a ni ne peut avoir aucune subsistance hors de mon esprit, n’étant qu'une abstraction que je fais du corps physique, et partant que toute ma physique ne peut être qu'imaginaire et feinte comme sont toutes les pures mathématiques. — Voilà l’objection des objections... Toutes les choses que nous pouvons entendre et concevoir ne sont, à leur compte [des excellents esprits qui sont ici allégués], que des imaginations et des fictions de notre esprit qui ne peuvent avoir aucune subsistance : d’où il suit qu’il n’y a rien que ce qu’on ne peut aucunement entendre ni concevoir ou imaginer qu'on doive admettre pour vrai, c’est-à-dire qu'il faut entièrement fermer la porte à la raison et se contenter d’être singe ou perroquet, et non plus homme, pour mériter d’être mis au rang de ces excellents esprits. Car si les choses qu’on peut concevoir doivent être estimées fausses pour cela seul qu’on les peut concevoir, que reste-t-il sinon qu’on doit seulement recevoir pour vraies celles qu’on ne conçoit pas, et en composer sa doctrine, ‘en imitant les autres sans savoir pourquoi on les imite, comme font les singes, et en ne proférant que des paroles dont on n’entend point le sens, comme font les perroquets ? Mais j’ai bien de quoi me consoler, pour ce qu’on joint