‹ Le système de Descartes;Chapitre 122 sur 171 · FAR · texte numérisé non relu

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que les phénomènes extérieurs. Encore moins altribue— rions-nous un sens phénoméniste à la proposition, par—

tout exprimée ou sous-entendue chez Descartes, que le

moi se saisit par intuition, tandis que la réalité des

choses matérielles n'est qu'inférée à l’aide de l'idée de: cause. Si en effet Descartes avait voulu conférer aux. phénomènes psychiques un privilège de réalité, on trou-verait chez lui ce qui y manque jusqu'à constituer un grave défaut, on trouverait une critique de la notion

d’étendue. IL y a une telle critique chez Berkeley et

chez Leibniz, empirique chez le premier, rationnelle chez le second. Tous les deux sont d'accord pour signaler le caractère en partie illusoire du mécanisme. Oril est trop évident qu'il n’y a et qu'il ne peut y avoir rien de tel chez Descartes. L'intelligibilité et, par suite, la réalité des phénomènes étendus y est mise au moins sur la même ligne que l'intelligibilité et la réalité des. phénomènes de l'âme. Ce n’est peut-être même pas assez dire. Il y a certainement une tendance dans le Cartésianisme à regarder l'idée de l'étendue comme l'idée claire et distincte par excellence, — vraisemblablement parce que, selon Descartes, elle a une clarté imaginative en même temps qu’une clarté intellectuelle, plus sûrement

parce qu'elle est la matière de la science la plus inatta-

quable et, pour Descartes, la plus incontestablement positive, la mathématique. Celte tendance éclatera chez Malebranche, quand il dira que nous ne connaissons l'âme que par sentiment et que l'étendue seule est connue par idée. En définitive, Kant s’est donc complètement trompé. L'idéalisme de Descartes n’est pas un idéalisme empirique : Descartes n’a jamais pensé que les phénomènes psychiques fussent plus réels que les autres, et, quand il a envisagé l’idéalisme comme possible, ce n’est pas à l'idéalité des phénomènes exterieurs en tant que phénomènes qu'il songeait.

Quel est donc le problème que s'est posé Descartes

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