‹ Le système de Descartes;Chapitre 135 sur 171 · LE · texte numérisé non relu

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et du corps nee pas Ja séparation te deux substances. Mais, pour se présenter. comme par l'envers, les 1822 textes que nous allons voir n’en sont pas moins propres RS. à établir l'identité de la pensée de Descartes avec celle | des Scolastiques : « Je sais bien (Rép. aux Obj.d'Arnauld CREUS C. 11, 42(2225]1|G. II K 14]) qu'il y a des substances que HEURE l'on appelle vulgairement incomplètes ; mais, si on les appelle ainsi parce que de soi elles ne peuvent pas subsister toutes seules* et sans être soutenues par d’autres 0: choses*, je confesse qu'il y a en cela de la contradiction Ci qu'elles soient des substances... et qu’elles soient aussi De incomplètes. Il est vrai qu'en un autre sens, on les peut appeler incomplètes, non qu'elles aient rien d’incomplet De: en tant qu'elles sont des substances, mais seulement en | | > tant qu’elles se rapportent à quelque autre substance 16 avec laquelle elles composent un tout par soi. l'esprit 7 et le corps sont des substances incomplètes lorsqu'ils 10) sont rapportés à l'homme qu'ils composent... » ; «... il % faut remarquer Rép. aux 6% Ob7., C. IF, 334 sq. [4237] 1 {[G. I $ 2)) que les choses dont nous avons différentes ne : idées peuvent être prises en deux façons pour une seule et Fri même chose ; c'est àsavoir, ou en unité etidentité de nature | #:

ou seulement en unité de composition... Maintenant la D. : question est de savoir si nous concevons que la chose 7

qui pense et celle qui est étendue soient une même DE chose en unité de nature... ou plutôt si elles ne sont

pas appelées une en unité de composition, en tant 4 qu'elles se rencontrent toutes deux dans un même M homme. » (Cf. encore ibid. 365 sq. [4441] [G. II $ 17). 50

La théorie de l’union de l'âme et du corps chez Des- ‘2 cartes est donc une théorie scolastique. Elle représente A même un des emprunts les plus manifestes que Des- 2:

cartes ait faits à l'École, à laquelle d’ailleurs il doit plus quon ne le croit généralement. Dans l'espèce, l’em- D : prunt est aussi malheureux qu'incontestable, car la

théorie de l'union mérite tous les reproches qu'un

usage, parfois injuste, se plaît à diriger conte théories scolastiques. Elle est réaliste, contre di LS et

verbale. Elle est réaliste pour qui la considère d’assez … près. Sans doute on peut être tenté de se dire que. l'amalgame de pensée et d'étendue, auquel Descartes :

n'a pas craint de recourir, n'existe que dans et par la.

pensée confuse. Un sentiment, c'est la combinaison d’une idée intellectuelle, celle de l'étendue, avec une -

idée de qualité ;les deux éléments sont pris de la pensée.

et réunis en elle. D'autre part, lorsque l'âme, précisé-

ment au moyen d'une de ces qualités incorporées à «

l'étendue par la pensée confuse, meut le corps, l’action motrice de la pensée, puisqu'elle appartient à la pensée, est dans la pensée et non dans la chose. Ce langage, il

faut le reconnaître, est spécieux : il fait valoir une .

apparence dont Descartes s’est probablement abusé luimême. Mais, puisque l’action motrice de la pensée doit . atteindre, non pas l'idée de l’étendue, mais l'étendue comme chose, elle sort finalement de la pensée ; et, d'autre part, puisque l’âme n'est déterminée à concevoir une qualité que par un mouvement venu du dehors, la pensée, dans le sentiment, plonge, à son ori-

gine, dans le mouvement comme chose. Au fond, par «

conséquent, Descartes a bien mêlé d’une façon réaliste la pensée et l'étendue, restaurant ainsi, sous le nom d'union de l’âme et du corps, une de ces entités demimatérielles, demi-spirituelles, qu'il avait justement dénoncées et poursuivies chez les Scolastiques. Quant au caractère contradictoire et verbal de sa doctrine de l'union, il ressort assez de lui-même. L'unité de composition qui de deux êtres complets et séparés forme un être est plus choquante, s'il est possible, dans Descartes que dans l'École, après la conception décidée qu'il a su se faire de l'incompatibilité de l'étendue et de la pensée. Et, cette incompatibilité posée, le troisième ordre de choses constitué par l'union est évidem-

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mer ne, ou, en d' Ratens termes, la AT idée primitive que Descartes ajoute à celles de la pensée et de l'étendue ne peut être qu’un nom. C’est pour ces raisons que la logique de l’histoire a négligé comme non avenues les déclarations littérales de Descartes, et qu ‘elle

a en revanche reconnu l’occasionnalisme comme étant en esprit et en vérité la seule doctrine cartésienne sur les rapports de l’âme et du corps.

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