‹ Le système de Descartes;Chapitre 136 sur 171 · DIEU ET LE MONDE · texte numérisé non relu

DIEU ET LE MONDE

Avant de quitter la métaphysique de Descartes pour passer à sa physique, il nous reste encore une question à étudier. Il y a des âmes, il y a des corps animés et inanimés, il y a Dieu. Quels sont les rapports de Dieu avec les créatures, âmes et corps ? Voilà ce qu'il faut maintenant nous demander. Nous n'aurons pas de

meilleure occasion de jeter un coup d'œil d'ensemble sur

la métaphysique de notre auteur. Peut-être la tendance panthéiste qu'on a coutume, depuis Leibniz, d'y faire ressortir avec complaisance nous paraîtra-t-elle moins prédominante qu'on ne l’a cru. Descartes, dit-on, par son attitude relativement aux causes finales et aux problèmes connexes, aurait commencé de livrer le monde à là nécessité brute, et d'autre part sa théorie de la substance n'aurait pas été autre chose que la préparation de la théorie de Spinoza. Sans contester qu'il reste du vrai dans ces appréciations leibniziennes devenues classiques,

nous pourrions bien être amenés à conclure que tout n'y

est pas exact et équitable.

Occupons-nous d'abord de la question des causes finales et des questions connexes, celle du bien et du mal dans le monde, celle des raisons d'être de la création.

Une observation préliminaire dont nous ne pouvors nous dispenser, c'est que Descartes ne connaît, soit pour

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