‹ Le système de Descartes;Chapitre 139 sur 171 · A TRE | TE A · texte numérisé non relu

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| à nt | D L = Den ' ir TDR hydropique ce ne soit qu’une dénomination extérieure

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‘2 quand on dit que sa nature est corrompue lorsque, sans | ARS avoir besoin de boire, il ne laisse pas d’avoir le gosier … ES sec et aride, toutefois, au regard de tout le composé,

al c'est-à-dire de l'esprit’ ou de l'âme* unie au corps, ce

n'est pas une pure dénomination, mais bien une véri-

Mr table erreur de la nature, de ce qu'il a soiflorsqu'illuiest RS très nuisible de boire ; et partant il reste encore à exa- | miner comment la bonté de Dieu n'empêche pas que la … nature de l’homme, prise de cette sorte, soit ‘fautive* et

| trompeuse. » (C. 343[ 85%] [G. $ 17]. Ainsi, en dehors du

; monde strictement physique, Descartes reconnaît quilya des desseins de Dieu. IIn'en est pas moins vrai que, dans | le domaine même de l'âme et de l'union de l'âme et du .

ne corps, il fait au‘sujet de la finalité de nombreusesréserves.

| — Il remarque que, dans certains cas, l’utilité qu’un étre tire d’un autre peut-être réciproque et que dès lors il est difficile de dire lequel des deux a été fait pour l’autre.

C'est une des difficultés toujours inhérentes à la finalité relative. Il l’aperçoit et la signale au passage, sans insister d’ailleurs (1). Il revient au contraire avec insistance sur les diflicultés de l’anthropocentrisme. 11 lui semble impossible que dans l’immensité de l'univers tout se rapporte à un être qui occupe si peu te place et à qui tant de choses échappent (2). L'anthropocentrisme est même

(4) « .….Pour les créatures, d’autant qu’elles servent réciproquement les unes aux autres, chacune se peut attribuer cet avantage que toutes celles qui lui servent sont faites pour elle. »(A Chanut, 6 juin 1647, V, 545). |

(2) Prince. II, 3 : « il n’est toutefois aucunement vraisemblable que toutes choses aient été faites pour nous en telle façon que * Dieu n’ait eu aucune autre fin en les créant * ; et ce serait, ce me semble, être impertinent de se vouloir servir de cette opinion * pour appuyer des raisonnements * de physique ; car nous ne saurions douter qu’il n’y ait une infinité de choses qui sont maintenant dans le monde, ou bien qui y ont été autrefois, et ont déjà entièrement cessé d’être, sans qu'aucun homme les ait jamais vues ou connues et sans qu’elles lui aient jamais servi à aucun usage. » — Rép. à Hyperasp. : «puerile tamen esset atque absurdum, si quis.… assereret… solem, multoties terra majorem, non

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4 ESS our a. En un autre sens, sans doute, __ilest moralement utile de croire que tout a été fait pour

nous, puisque c’est là une croyance propre à faire res-

sortir à nos yeux la bonté de Dieu. Mais le point de vue

métaphysique est différent du point de vue moral. Et Descartes indique en passant toute une doctrine sur les fins qui contient déjà la pensée maîtresse du symbolisme kantien et de la synthèse subjective de Comte. La finalité, au moins la téléologie anthropocentrique, ne conserve plus qu'une valeur relative : « Et quamvis verum sit, dit-il dans sa Réponse à Hyperaspistes (I, 431), respiciendo ad nos homines, ut fit in Ethicis, omnia ad Dei

gloriam facta esse, quia nempe Deus propter omnia

opera sua est a nobis laudandus, solemque ad nos illuminandos factum esse, quia exprimur nos a sole illuminari: puerile tamen esset atque absurdum, si quis in metaphysicis assereret Deum, tanquam hominem ali-

quem valde superbum, non alium finem in condendo

Universo habuisse, quam ut ab hominibus laudaretur, et solem, etc. » (pour la suite, voir sapra p. 296, n. 2) (2).

alio fine creatum esse, quam ut homini, minimam terræ partem occupanti, lumen præberet. » (III, 431? sq.).

(1) À la Presse Elisab., 15 sept. 1645: il est très bon moralement « qu’on juge dignement des œuvres de Dieu, et qu’on ait cette vaste idée de l’étendue de l'Univers que j’ai tâché de faire concevoir au 3° livre de mes Principes : car, si on s’imagine qu’au delà des cieux il n’y a rien que des espaces imaginaires et que tous ces cieux ne sont faits que pour le service de la terre, ni la terre que pour l’homme, cela fait qu’on est enclin à penser que cette terre est notre principale demeure et cette vie notre meilleure, et qu’au lieu de connaître les perfections qui sont véritablement en nous, on attribue aux autres créatures des imperfections qu’elles n’ont pas, pour s'élever au-dessus d’elles, et entrant en une présomption impertinente, on veut être du conseil de Dieu et prendre avec lui la charge de conduire le monde, ce qui cause une infinité de vaines inquiétudes et fâcheries. » (IV, 292%).

(2) Cf. À Chanut, 6 juin 1647 :« Il est vrai que les six jours de la Création sont tellement décrits en la Genèse qu’il semble que l’homme en soit le principal sujet ; mais on peut dire que cette histoire de la Genèse ayant été écrite pour lPhomme, ce sont principalement les choses qui le regardent que le Saint-Esprit y a voulu spécifier et qu’il n’y est parlé d’aucunes qu’en tant qu’elles se rapportent à l’homme, » (V, 54%), Voir aussi (Rép. aux 5es Obj. C, 11, 280 [374% sq.] [G. II, $ 46]), cité note suivante.

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2 = | + D Mais l'argument sur lequel Descartes s'arrête le plus

qu'il reprend sans cesse, c’est que les fins de Dieu sont

pour nous impénétrables, de sorte que nous prenons pour réelles des fins imaginaires. De la supposition de ces fins imaginaires il est impossible de tirer une explication valable de quoi que ce soit (1). Cet argument, sur lequel Descartes insiste de préférence, est aussi celui qui porte le plus dans sa doctrine. Car, si nous nous souvenons de ce qu'est la nature de Dieu selon Descartes, nous comprendrons à quel point il faut prendre au pied de la lettre l'expression que les fins de Dieu sont pour nous insondables.

A la question des causes finales se lient immédiatement celle du pourquoi du monde et le problème du bien et du mal dans l'univers. Il est incontestable que Descartes professe un optimisme non pas purement métaphysique, mais finaliste et même proprement moral. S'il porte ses regards presque exclusivement sur l’ensemble des créatures et les détourne volontiers de l'individu, il a cédé en cela à une tentation bien naturelle, et nombre de penseurs, partisans très décidés d’un optimisme finaliste et même moral, n'y ont pas moins cédé que lui. L'optimisme qu'il professe est bien loin en somme de faire bon marché des personnes. Seulement c’est un opti-

(4) À Hyperasp. : « Fines Dei a nobis sciri non posse, nisi Deus ipsos

revelet, est per se manifestum. » (III, 431%) ; — Rép. aux 5°8 Obj.: « Tout ce que vous apportez ensuite pour la cause finale doit être rapporté à la

cause efficiente ; ainsi de * cet usage admirable * de chaque partie dans:

les plantes et dans les animaux, etc., il est juste d’admirer la main de Dieu qui les a faites et de connaître et glorifier l’ouvrier par l’inspection de ses ouvrages, mais non pas de deviner pour quelle fin il a créé chaque chose. Et, quoiqu’en matière de Morale, où il est souvent permis d’user de conjectures, ce soit quelquefois une chose pieuse de considérer quelle fin nous pouvons conjecturer que Dieu s’est proposée au gouvernement de l'Univers, certainement en Physique, où toutes choses doivent être appuyées de solides raisons, cela serait inepte. Et on ne peut pas feindre qu'il y ait des fins plus aisées à découvrir les unes que les autres ; car elles sont toutes également cachées dans l’abime imperscrutable de sa sagesse. » (C. II, 280 [37420 sq.][G. II, $ 46]). — Prince. 1, 28; — 4e Méd.: « il ne me semble pas que je puisse sans témérité rechercher... les fins impénétrables de Dieu. » (C. 297 [554-#][G. $ 5 in fine]).

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