LA PHYSIQUE. — LA THÉORIE DE LA MATIÈRE
Nous venons de voir que la mécanique de Descartes est toute géométrique, que c'est une cinématique, qui prétend exclure et remplacer la dynamique. Sa théorie de la matière est ce qu'elle devait être pour s'adapter à une telle mécanique. Au total donc Descartes prétend constituer une physique géométrique. Peut-être était-il inévitable que, pour prendre conscience d'elle-même, la nouvelle méthode d'explication mécanique des phénomènes naturels parût tout de suite sous sa forme la plus excessive et la plus abstraite. Toujours est-il que Descartes est bien loin de se contenter d'appliquer les formules de la mécanique aux relations de phénomènes dans lesquels il ne pourrait y avoir autre chose que du mouvement et de la figure. Selon sa mécanique, toute relation physique se ramène à un déplacement réciproque; selon sa théorie de la matière, le sujet du= mouvement n’est lui-même que l’objet de la géométrie, l'étendue (4).
(4) Cette conception qu’il a souvent exprimée l’est particulièrement bien dans le titre et le texte du dernier article de la 2° partie des Principes, art. 64 : « Que je ne reçois point de principes en physique qui ne soient aussi reçus en mathématique [in geometria vel in Mathesi abstracta], afin de pouvoir prouver par démonstration tout ce que j'en déduirai, et que ces principes suffisent, d'autant-que tous ‘les phénomènes de la nature
peuvent être expliqués par ldur meyen. Je n’ajoute rien ici touchant les figures, ni comment de leurs “diversités infinies il arrive dans les mou-