‹ Le système de Descartes;Chapitre 156 sur 171 · LA PSYCHOLOGIE CARTÉSIENNE LES PASSIONS ET LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

LA PSYCHOLOGIE CARTÉSIENNE LES PASSIONS ET LA VOLONTÉ

Nous avons dit que Descartes a donné des faits psychiques une classification bipartite : faits de passivité, faits d'activité. L'âme, par l'intelligence sous toutes ses formes, est passive : elle l’est encore par les passions au sens étroit de ce dernier mot: elle est active au con-

traire par la volonté. Après avoir étudié la passivité de:

‘âme dans la sensation, l'imagination et la mémoire envisagées comme faits typiques parmi les faits intellectuels, nous allons étudier d’abord une seconde forme de la passivité de l'âme, ensuite l’activité de l'âme. Pourquoi suivons-nous cet ordre ? En voici la raison. Comme nous l'avons dit, Descartes estime que, l'âme étant essentiellement pensée, c'est le phénomène intellectuel qui est le plus fondamental des phénomènes psychiques. Il souscrirait tout à fait à ces propositions de Spinoza : « idea primum est quod humanæ mentis esse constituit » (Æth. IE, prop. 11, démonstr.) et : « Modi cogitandi, ut amor, cupiditas, vel quicumque nomine aflectus animi insigniuntur, non dantur nisi in eodem

individuo detur idea rei amatæ, desideratæ, etc. At idea

dari potest, quamvis nullus alius detur cogitandi modus. » (Ax. III). Bien entendu nous ne sou-

levons pas ici la question de savoir si le fait par

| Ë | RS lequel se pose en droit, et peut-être en réalité, la vie psychique est au fond, pour Descartes, un fait purement intellectuel. La conscience de soi paraît bien être volonté et liberté, en même temps qu'intelligence. Cependant, au moins dans l'homme, la conscience est pour Descartes plutôt spectateur qu'’acteur ; elle n'est pas tant création de soi que constatation de soi, et ainsi elle est surtout réceptivité, perception, idée. Par conséquent, c'était bien par l'intelligence qu'il fallait commencer l'étude de la psychologie cartésienne. Ayant ainsi commencé d'étudier l’âme dans sa passivité, il est clair qu'il faut continuer sans interruption l'étude de cette passivité. Il le faut d'autant plus que cette passivité donne naissance à une apparence d'activité. Tout le dehors des actions volontaires peut être produit par les passions, et il faut même dire que les passions produisent une inclination de la volonté. En somme donc, intelligence, passions, volonté, tel était bien l'ordre à suivre. L

La définition des passions est donnée par Descartes à l’art. 27 du 7railé: « Après avoir considéré en quoi les passions de l'âme différent de toutes ses autres … pensées, il me semble qu'on peut généralement les définir des perceptions, ou des sentiments, ou des émotions de l'âme, qu'on rapporte particulièrement à elle, el qui sont causées, entretenues, et fortifiées par quelque mouvement des esprits. » Nous avons à expliquer dans cette définition : 1° ce que c’est que le mouvement des esprits qui cause et entretient les passions ; 2° comment elles sont des perceptions ; 3° ce qui signifie ce caractère. d'être rapportées à l'âme même.

Le premier principe de tous les mouvements corporels est une sorte de feu entretenu dans le cœur par le sang que les veines y apportent (Pass., art. 8). C'est ce feu qui, en dilatant le sang, produit les mouvements du cœur et par là la circulation du sang. Lancé en droite.

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