‹ Le système de Descartes;Chapitre 16 sur 171 · A LE A. , Y · texte numérisé non relu

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ve: | PRIORITÉ D brvoue DE LA PHYSIQUE. 29

Po ? C’est un problème que nous aurons à débattre. Dans tous les cas, il n’est pas évident que le principe qui nous occupe soit originairement une vérité abstraite. D'une manière générale, c’est une question ardue que de savoir si la méthode est indépendante de la métaphysique dans Descartes. Si elle ne l’est pas, le fait que la physique se tite de la méthode ne prouverait plus que la physique peut se passer dela métaphysique.

Acceptons pourtant la question telle que M. Liard la présente. Supposons que l'indépendance de la méthode soit acquise. Est-il certain que la méthode suflira à fonder la physique? On part de ce principe que les idées claires ont un objet réel et sont fondées dès qu’elles sont claires. Mais toutes les idées claires ne sont peut-être pas à mettre sur le même pied. Il ya peut-être des degrés dans la clarté et par suite dans la réalité des idées. L'existence d'une métaphysique chez Descartes, puis la métaphysique de Spinoza et surtout celle de Leibniz prouvent précisément que l'idée de - l'étendue n’est pas absolument claire, et que dès lors elle ne se suflit pas. Vouloir détacher complètement la physique de la métaphysique cartésienne, c'est prononcer implicitement que le réalisme est le fruit légitime de la méthode de Descartes. Or, il n’y a rien de plus douteux, et Descartes, sous une forme ou sous une autre, en a eu le sentiment.

Nous croyons donc en définitive qu'il faut, pour étudier la philosophie de Descartes, en revenir à l'ordre traditionnel, parce que le plan systématique de l'auteur exprime la connexion réelle et même l'enchainement historique de ses doctrines. Il est d’ailleurs à remarquer que, en suivant l'ordre traditionnel, nous nous trouvons d'accord avec l'ordre le plus strictement chronologique, puisque, comme nous l'avons rappelé plus haut, les ouvrages de physique sont postérieurs aux Méditations.

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