LA DÉCOUVERTE DE LA MÉTHODE
eux qu'il fallait puiser l’art de démontrer; peut-être encore savait-il, ou soupçonnait-il du moins fortement, que les choses physiques pouvaient être représentées et traitées mathématiquement. Que pouvait-il donc lui manquer et qu’'avait-il à découvrir pour être en possession de sa méthode? Assurément ce pouvait être le principe de la géométrie nouvelle, l'idée des coordonnées. Mais ce n'était pas cela seulement. On sait que pour lui il n y a qu’une méthode, il ne parle pas des méthodes, il parle de Za méthode. S'il a inséré dans le Discours de la Méihode de la médecine, de la physique et de la métaphysique, c’est, dit-il, pour montrer que la méthode s'étend à tout. (AT. I, 349% et 3702,%°). Ce qu'il avait à découvrir en 1619, c'était, avec le principe de la géométrie si l’on veut, la généralité de la méthode. IL lui fallait apercevoir par un coup de génie que la méthode, dont les mathématiques ne sont que l'enveloppe comme disent les Regulæ (4° règle, X, 374 #?), s'applique, comme aux choses mathématiques, non seulement aux choses physiques, mais encore aux choses spirituelles. À ce moment il a une idée de l'unité du savoir, qu'il a peut-être laissée s’atténuer plus tard, et qui pourtant fait seule bien comprendre ce qu'il y a de plus propre et de plus caractéristique dans sa méthode. Et ce qui suggère et justifie notre assertion, c'est le sym-— bolisme des Olympiques, symbolisme sur lequel Foucher de Careil et Millet ont attiré l’attention, mais dont ils n'ont peut-être pas osé voir toute la portée. Que lisonsnous dans les O/ympiques ? « Ut imaginatio utitur figuris ad corpora concipienda, ita intellectus utitur quibusdam corporibus sensibilibus ad spiritualia figuranda, ut vento, lumine: unde altius philosophantes mentem cognitione possumus in sublime tollere. » (F. de C. I, 10 ; AT. X, 217 t?) « Sensibilia apta concipiendis Olympicis: ventus spiritum significat, motus cum tempore vitam, lumen cognitionem, calor amorem, activitas ins-