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# les notes de son tome III, en tirer quelques compléments (1). M. Charpentier, dans son Æssai sur La méthode de Descartes (Appendice), a mis hors de doute par des rap-
prochements nombreux que Malebranche et les Zequlæ se no ressemblent, sur des points importants, jusqu’à l’iden-
3 tité. Baillet, parlant en son nom et en celui de Legrand,
Fe: dit au sujet des Æegulæ: « C'est un ms. latin non
achevé qui est entre nos mains (2) ». Enfin Foucher de
Careil a trouvé dans les papiers de Leibniz à Hanovre
une copie des Æequlæ, que M. Millet a fait collationner
À plus tard et qui a été reconnue identique au texte donné
| par les Posthuma (3). Les doutes que M. Charpentier a pu
après cela soulever sur l'authenticité de l'ouvrage, sans
4 d’ailleurs les partager en fin de compte, ne sont qu'un
L jeu. (Voy. Millet, Desc. av. 1637, p. 155-158.)
% La certitude est moins facile à atteindre sur la date
# de l’ouvrage. Cependant M. Millet, avec qui Bouillier
(H. de la Ph. Cart. K°, p. 65 note) se déclare à peu près
d'accord, avance de bonnes raisons pour rapporter la
à composition des Aequlæ à une époque antérieure au
Discours, et même précisément à la fin de l'année 1628
ou au commencement de 1629. Malgré Baïllet qui paraît
songer à l’année 1623, l'ouvrage ne peut être aussi an-
» cien parce que, à la fin de la Règle IV, Descartes annonce
Ë qu’il abandonne désormais la « mathématique univer-
P: selle » pour passer à des sciences « plus élevées » (AT.
Es (1) Introd. p. IV, et p. 427, n. 1, il émet l'hypothèse que ces complé-
F ments permettent de combler la lacune signalée par l'éditeur des Post-
4 huma (Garn. 112 [AT. X, 434%). — Cependant une étude plus attentive
ba du texte de la Logique a montré que ces développements n’appartiennent sans doute pas à Descartes et qu’ils sont une glose d’Arnauld destinée à
| interpréter ou à illustrer de trop brèves indications (pour les preuves, cf. AT. X, 471 b, c, 472 a). — Il faut noter en outre que cet extrait
EE des Regulæ ne figure que dans la 2° édition de la Logique de Port-Royal,
+ 1664, cf. ibid., 352, 470.
(2) 11 en a traduit de nombreux passages, notamment presque toute la 4° règle, AT. X, 352 et 476-484. | (3) Titre : Regulæ de inquirenda veritate. Sur la manière dont cette
copie vint aux mains de Leibniz et sur tout ce qui la concerne, voir AT, X, 354-357, 359 ad 1. 1. e
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X, 379) ; or nous savons que c’est seulement vers la fin Dee de 1628 que Descartes cherche les fondements d’une De philosophie, c'est-à-dire aussi d’une physique meilleure Se . que la vulgaire et que, pendant les neuf années qui suivent 4619, il s'exerce à pratiquer sa méthode en des questions de mathématiques ou er quelques-unes des questions de physique qui revêtent le plus aisément l'aspect mathématique (Disc. 3° part., VE, 29-30 [G & 6,7}. D'un autre côté, on nè peut descendre plus bas que 1629. Car non seulement nous suivons pas à pas depuis cette date, par la correspondance, l'activité de Descartes écrivain et ne voyons pas de moment qu’il ait pu consacrer aux Aegqulæ, mais le style, parent encore de celui 3 des premiers opuscules, trahit un reste de jeunesse: la Fe règle V est comparée au fil de Thésée qui permet de pénétrer dans le Labyrinthe de la science (380 *), les J philosophes qui négligent l'expérience sont assimilés à à des hommes qui croient que la vérité sortira de leur É cerveau comme Minerve du front de Jupiter (ibid.»). Enfin et surtout Descartes nous dit (Règle IH, 364-1). que, son âge étant devenu assez mr, il est délié du serment qui l'enchaïinait aux paroles du maitre et qu'ila soustrail sa main aux coups de la férule; puis (Règ. IV, loc. cit.) qu'avant de quitter la mathématique universelle il va, pour décharger sa mémoire et en prévision du jour où, l'âge croissant, la mémoire s'affaiblit, ras- ‘% sembler et mettre en ordre dans les {egulæ ce qu'il | a recueilli de plus digne de remarque dans ses études précédentes (1).
(1) Voy. Millet, op. cit., p. 158-160. — Ch. Adam (AT. X, 486-488) con- +: jecture « la date de 1628 environ », et pour les mêmes raisons à peu près. S'il n’use pas de celle que fournit la Règle 111, en revanche il en donne quelques autres : 1° dans la Règle XIV (442%-U) « D. ne craint pas de le dire : ce n’est pas en vue des problèmes de mathématique qu'a été inventée une partie de sa méthode, mais bien plutôt c’est presque uniquement pour cultiver celle-ci qu'on doit s'exercer aux problèmes », déclaration dont on signale l’accord avec celles de la 3° partie du Discours ; — 2° certains passages des Reg. (XIII, 331°-5; XV, 45371)
Indiscutablement authentiques, écrites par Descartes quand il touche à la maturité, les Regulæ sont pour la connaissance de la méthode cartésienne une source aussi sûre qu'’abondante. Voici toutefois des raisons de les subordonner au Discours, de prendre toujours celui-ci comme base et celles-ci comme simple complément. Les Jequlæ semblent bien n'avoir jamais été achevées. On relève dans le texte des lacunes, et toute la fin manque dans la copie de Leibniz comme dans l'imprimé. Le plan était trop vaste. Il comportait trois parties contenant 12 règles chacune : la première sur les proposi-
tions simples ; la seconde sur les questions qui se
comprennent facilement, questions abstraites et généralement mathématiques ; la troisième sur les questions difficiles à comprendre, questions composées et concrètes (Règle XIT, dern. alin.). Nous n'avons que 21 règles, dont les trois dernières sans développement. Nous croirions volontiers que Descartes n'a pas été sans songer aux défauts de son œuvre précédente quand il a écrit dans la 2° partie du Discours: « Et comme la multitude des lois fournit souvent des excuses aux vices, en sorte qu'un Etat est bien mieux réglé lorsque, n’en ayant que fort peu, elles y sont fort étroitement observées ; ainsi, au lieu de ce grand nombre de préceptes dont la Logique est composée, je crus que j'aurais assez des quatre suivants, pourvu que je prisse une ferme et
rappellent tout à fait des textes semblables consignés par Beeckman dans son Journal à la date de 1628-1629 (rbid., 337, 333 sq.) ; — 3° un passage (VIII, 393 #-395 16), relatif à la question de la ligne appelée en dioptrique « anaclastique », semble indiquer que la solution, déjà découverte, n’en a point été encore publiée, ce qui permet de placer ce texte, d’une part avant la Dioptrique (1637) et, d'autre part, après les travaux d'optique poursuivis à Paris, avec Mydorge, de 1625 à 1628 ; — 4° dans une lettre à un ami (V, 558%4-%), il raconte qu'avant de s'établir définitivement en Hollande (mars 1629), il a passé tout un hiver en France à la campagne : c’est peut-être dans cette retraite solitaire qu’il écrivit les Reg., puisque d’autre part la composition d’un tel travail ne trouve aisément sa place ni dans la période des voyages et des séjours à l’étranger, entre 1619 et 1625, ni dans la période du séjour à Paris, peu favorable à un travail suivi, entre 1625 et 1628.