LE PLAN DE LA MÉTHODE
| | simples. Cela signifie sans doute que ce premier livre a
pour objet de faire comprendre ce que c'est que les natures simples, que toute connaissance se ramène à ces natures où en part, comment il faut faire pour se mettre en état de saisir les natures simples, comment 1l faut y réduire toutes les connaissances ou les en tirer. — Le second livre, inachevé, traile ou devait traiter des questions ou problèmes parfaitement déterminés, c’està-dire de ceux dont l’énoncé contient, d’une façon aussi enveloppée qu'on voudra, les natures simples propres à fournir la solution, mais dans lesquels l'énoncé recèle
au complet toutes les prémisses requises pour la solu-
tion. La chose à trouver est, dans de tels problèmes,
complètement définie, de sorte qu’on sait complètement ce |
qu'on cherche : le principe dont la solution doit être déduite y est implicitement, mais rigoureusement déterminé ; enfin le mode de dépendance entre la solution et son principe y est tel que la solution ne pourrait être tirée d'un autre principe et que si la solution était niée, le principe le serait aussi. Ces problèmes parfaitement déterminés sont presque toujours des problèmes abstraits, des problèmes d’arithmétique ou de géométrie, par conséquent. Et c'est pourqueir, remarquons-le en passant, les Règles XITI-XXI sont Ges règles mathématiques, circonstance qui à quelquefois fait croire à tort aux historiens que Descartes, en avançant dans son (raité, était conduit par un mouvement involontaire de sa pensée à se restreindre de plus en plus aux mathématiques.
— Le 3° livre des Regulæ, dont Descartes n'a peut-être
rien écrit, était destine aux problèmes imparfaits, c'esta-dire à ceux dans lesquels l'énoncé est incomplet et ne permet qu'une solution en partie indéterminée. Et l'énoncé est incomplet dans ces problèmes, parce que les natures composées sur lesquelles ils portent sont composées non seulement dans et pour l'entendement {c'est-à-dire d'une manière adéquatement représentable