‹ Le système de Descartes;Chapitre 33 sur 171 · LE FLAN DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

LE FLAN DE LA MÉTHODE

Discours sur la méthode expérimentale, les passages de la fin des Principes et ceux de la Correspondance sur le même sujet, sont les vestiges de la 3° partie des /?equ!æ demeurée à l’état de projet.

Pour s'occuper utilement de ce qui nous reste du 2° livre des Regulæ il faudrait être géomètre, et peut-être d'ailleurs n'est-ce pas là que se trouve ce qu'il ya de plus caractéristique dans la méthode cartésienne. L’intérêt s'esi toujours attaché de préférence à la 1°° partie des Æegulæ et à ce que nous considérons comme correspondant à la 3°. C’est à propos de ces deux parties que

nous avons à nous demander quels sont les procédés de

la méthode.

En dégageant ces procédés nous croirons avoir donné du même coup l'essence de cette méthode. Qu'est-ce en effet que la méthode selon Descartes ? Il a dit quelque part dans la Correspondance (1) que sa méthode consiste plus en pratique qu'en théorie. La méthode n’est donc pas pour lui une étude spéculative sur les pouvoirs de l’esprit. C'est un ensemble de préceptes pour arriver au vrai (2, 1VIS17)371% sq.; cf. infra, p. 100 sq.) Si nous rappelons maintenant que toute la connaissance consiste à saisir des natures simples et à composer ensemble ces natures, nous verrons encore mieux comment et pourquoi la méthode de Descartes est, quant à l'essentiel, un ensemble de procédés et presque de recettes, mais de recettes rationnelles, infailibles comme la raison. Les natures

simples, nous l’avons vu, sont saisies par l'intuition ;

rigerais tous les défauts de l’une par l’autre. » — R. XIV : « Eadem est ad extensionem realem corporum transferenda, et tota per nudas figuras [Compar. R. IV ($ 21)3754%] imaginationi proponenda : ita enim longe distinctius ab intellectu percipietur. » —°R. XVI : « Quæ vero præsentem mentis attentionem non requirunt, etiamsi ad conclusionem necessaria sint, illa melius est per brevissimas notas designare quam per integras figuras ; ita enim memoria non poterit falli, nee tamen interim cogitatio distrahetur ad hæc retinenda, dum aliis deducendis incumbit, »

(1) Lettre à Mersenne, mars 1637, 1, 3491,

ne DESCARTES. er:

Ja composition des natures simples se fait par déduetion (1). Or l’intuition et la déduction sont pour Descartes

quelque chose de très clair théoriquement, car nous

ee aurons occasion de voir qu'il ne songe pas à étudier le De mécanisme de ces opérations, et d'autre part, en pratique, | on ne peut pas se tromper en exerçant l'intuition mi en Ne déduisant (2). En quoi consistera donc la méthode? En procédés qui nous conduisent jusqu’en face de la nature | simple à voir ou de la conséquence à tirer. La méthode 511 ne nous enseigne pas à voir ou à conclure, mais com- ÈR \ ment nous devons nous placer pour voir ou pour trouver TE nos prémisses (3).

Quels sont les procédés de la méthode cartésienne, ceux du moins qui sont contenus dans la 1" partie des Requlæ ou dans les passages correspondants du Aiscours? Ils se laissent diviser en deux groupes, semble-t-il : les

3 procédés secondaires et adjuvants, compris dans les règles 10e VUHI-XIE, et les procédés capitaux contenus dans les trois 3 dernières règles du Liscours et dans les Règles V, VI et

(1) Cf. sur ce dernier point R. XII [$ 90] 42419.

(2) Voy. R. XIIT$ 85 n.] 42048et R. IITS 5] 3658 : « ….deductionem vero, sive illationem puram unius ab altero, posse quidem omitti, si non videatur, sed nunquam male fieri ab intellectu vel minimum rationali... Omnis quippe deceptio, quæ potest accidere hominibus, dico, non belluis, nunquam ex mala illatione contingit…. »

(3) Voy. R. IV [$ 18] 3737 : « Quoniam, si quid ignoramus ex iis Omnibus quæ possumus scire, id fit tantum, vel quia nunquam advertimus viam ullam, quæ nos duceret ad talem cognitionem, vel quia in errorem contrarium lapsi sumus. At si methodus recte explicet quomodo mentis intuitu sit utendum, ne in errorem vero contrarium delabamur. et quomodo deductiones inveniendæ sint, ut ad omnium cognitionem perveniamus, nihil aliud requiri mihi videtur, ut sit completa, cum nullam scientiam haberi posse, nisi per mentis intuitum vèl deductionem, jam ante dictum sit [ef. R. III ($ 41, 15) 3682, 36918]. » R. XZI [$ 92] 425% sq. : « Colligitur secundo nullam operam in naturis istis simplicibus cognoscendis esse collocandam, quia per se sunt satis notæ ; sed tantummodo in illis ab invicem separandis, et singulis seorsim defixa mentis acie intuendis. Nemo enim tam hebeti ingenio est, qui non percipiat se, dum sedet, aliquo modo difierre à se ipso, dum pedibus. insistit, sed non omnes æque distincte separant maturam situs a relique eo quod in illa cogitatione continetur, nec possunt asserere nihil tune immutari præter situm, »

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