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PROCÉDÉS CAPITAUX

VII des Requlæ. Les procédés capitaux, à leur tour, sont commandés par l’un d'eux. Ce procédé dominateur, qui s'applique aussi bien à l'analyse qu'à la synthèse, bien que la synthèse semble destinée par essence à l’employer, est celui que le Discours énonce au commencement de la troisième règle, c'est l'observation de l'ordre. Si, en effet, les objets de la connaissance sont, quant à la connaissance — car Descartes insiste plus d’une fois sur ce point que, dans la méthode, il considère les choses en tant que se rapportant à la connaissance (1), — des assemblages progressifs de natures sim-

ples, ce qui importe avant tout c’est de démêler les divers

degrés de complexité des choses, ou au contraire de composer les choses suivant ces mêmes degrés. De là, la règle V et les premiers mots du commentaire que Descartes en donne (2). Et l'observation de l’ordre est si importante, si caractéristique de toute procédure méthodique de l'esprit, qu'il faut supposer de l'ordre alors même qu'il n’y a point dans l'objet de complexité hiérarchique. Il faut, comme dit le Discours, supposer même de l’ordre entre les choses qui ne se précèdent point naturellement les unes les autres et les Æegulæ (X [S63] 404 sq.) donnentun exemple d’un cas de cette espèce. — A ce précepte capital d'observer l'ordre se subordonne immédiatement comme son moyen (3) un second précepte : si nous avons en face de nous un arrangement de notions.

(1) Voy. par exemple R. VI, début, 381°-8,

(2) « Rec. V,. — Tota methodus consistit in ordine et dispositione-

eorum ad quæ mentis acies est convertenda, ut aliquam veritatem inveniamus. Âtque hanc exacte servabimus, si propositiones involutas et obscuras ad simpliciores gradatim reducamus, et deinde ex omnium simplicissimarum intuitu ad aliarum omnium cognitionem per eosdem gradus ascendere tentemus. — In hoc uno totius humanæ industriæ summa continetur, atque hæc regula non minus servanda est rerum cognitionem agressuro, quam Thesei filum labyrinthum ingressuro. » (37915 sq.)

(3) Reg. V, fin, 38078 : « Sed quia sæpe ordo, qui hic desideratur, adeo obscurus est et intricatus, ut qualis sit non omnes possint agnoscere, vix possunt salis cavere ne aberrent, nisi diligenter observent quæ in sequenti propositione exponentur. »

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dans lequel l’ordre naturel se trouve dissimulé et interverti, comme, par exemple, si on nous demande quel est le moyen compris entre deux extrêmes donnés d'une progression géométrique, il faut rétablir l’ordre direct, et, dans le cas indiqué, nous supposer en face de la progression géométrique que nous construirions directement grâce à la connaissance de sa raison. Nous pourrons noter ainsi ce qui est le simple ou l'absolu, ici la raison de la progression, puis, à chaque altération de l’ordre naturel, que nous nous éloignons de labsolu d'un degré, puis de deux, etc. Et s’il se trouve plusieurs choses qui soient au même degré d'éloignement de l'absolu, nous les noterons aussi toutes sur le même plan. C’est ce qu’exprime la formule de la règle VI des Regulæ (4). — Enfin le deuxième précepte en entraine un troisième, encore comme son moyen, nous semble t-il. Comment faire pour établir la liste des divers degrés de complexité, la liste des rapports progressivement complexes où entre le simple ou l'absolu? Comment faire pour indiquer à chaque étage de la liste les choses qui sont situées à cet étage ? Il est évident que, sauf dans des cas exceptionnellement simples où la pensée embrasse tout d’un coup les divers degrés de l'échelle et les diverses choses situées à chaque degré, il faut dénombrer ou énumérer les degrés, et les choses situées à chaque degré. Tel est le sens de la # règle du Discours et de la VIF règle des /?egulæ (2). En la remettant ainsi à sa place, la règle

(1) « Ad res simplicissimas ab involutis distinguendas et ordine persequendas, oportet in unaquaque rerum serie, in qua aliquot veritates unas ex aliis directe deduximus, observare quid sit maxime simplex, et quomodo ab hoc cætera omnia magis, vel minus, vel æqualiter removeantur, » (3811, énoncé de la règle).

(2) « Faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre », avec l’addition latine (VI, 550 [G. $ 10 et note]) : « tum in quærendis mediis, tum in difficultatum partibus percurrendis. » — À. VII, énoncé (3871) : « Ad scientiæ complementum oportet omnia et singula, quæ ad institutum nostrum pertinent, continuo et nullibi interrupto cogitationis motu perlustrare, atque illa sufficienti et ordinata enumeratione complecti. »

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