‹ Le système de Descartes;Chapitre 37 sur 171 · E ROLE DE L'EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

E ROLE DE L'EXPÉRIENCE

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pour sa part, et il a demandé qu’on fit des recueils d'observations, tels que ceux que Bacon réclamait comme une préparation à la science (1) et il a aussi expérimenté (voy. Liard, p. 113). Mais il y a encore mieux à dire. Comme l'ont signalé Renouvier (Man. de phil. mod., p. 57) et surtout M. Liard (p. 127-138), Descartes a connu la méthode expérimentale, c’est-àdire l'usage de l'hypothèse, la vérification par l'expé- | rimentation appliquée aux conséquences déduites de | l'hypothèse, la certitude limitée qu'engendre cette vérir fication (2). Dans le Discours même on trouve nettement | expliqués le rôle de l'hypothèse et la preuve de l'hypothèse par les faits (3). Enfin les limites et l'étendue de la certitude que la vérification des conséquences confère

(4) À Mersenne,"10 mai 1632, I, 2512 sq. : « Vous m'avez autrefois mandé que vous connaissiez des gens qui se plaisaient à travailler pour | Favancement des sciences, jusques à vouloir même faire toutes sortes d'expériences à leurs dépens. Si quelqu'un de cette humeur voulait entreprendre d’écrire l’histoire des apparences célestes, selon la méthode de Verulamius et que, sans y mettre aucunes raisons ni hypothèses, il nous décrivit exactement le ciel tel qu’il paraît maintenant [ici une liste de toutes les observations que D. juge importantes à recueillir]... ce serait un ouvrage qui serait plus utile au public qu’il ne semble peut-être d’abord et qui me soulagerait de beaucoup de peine. » Cf. au même, 23 déc. 1630, 195% sq.

(2) L'usage de l’hypothèse, Descartes prouve qu'il le comprend, lorsqu'il marque en deux mots le défaut de la méthode baconienne : « Pour les [choses] les plus particulières, il est impossible qu’on n’en fasse beaucoup [d'expériences] de superflues et même de fausses, si on ne connait la vérité des choses avant que de les faire. » (4 Mersenne, 23 déc. 1630, 1, 19610).

(3) 6° part. : « Que si quelques-unes de celles [des choses] dont j'ai parlé au commencement de la Dioptrique et des Méiéores choquent d’abord, à cause que je les nomme des suppositions et que je ne semble pas avoir envie de les prouver, qu’on ait la patience de lire le tout avec attention, et j'espère qu’on s’en trouvera satisfait, car il me semble que les raisons s’y entresuivent en telle sorte que, comme les dernières sont » démontrées par les premières qui sont leurs causes, ces premières le sont réciproquement par les dernières qui sont leurs effets. Et on ne doit pas imaginer que je commette en ceci la faute que les logiciens nomment un cercle : car l’expérience rendant la plupart de ces effets très certains, les causes dont je les déduis ne servent pas tant à les prouver qu'à les expliquer ; mais tout au contraire ce sont elles qui sont prouvées par eux. » (VI, 766[G. $ 10]; cf. À Plempius, 20 déc. 1637, I, 4768-%), Et la position que prend ici Descartes est expliquée et défendue dans une réponse à Morin, 13 juillet 1638, II, 197#-198*8,

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