‹ Le système de Descartes;Chapitre 45 sur 171 · LA DÉDUCTION CARTÉSIENNE ET LE SYLLOGISME · texte numérisé non relu

LA DÉDUCTION CARTÉSIENNE ET LE SYLLOGISME

est pas fait une conception aussi HOReRIE qu'il l'a cru de la conception d’Aristote.

Peut-être même faut-il oser dire qu'il y a dans la théorie cartésienne de la déduction quelque chose de

moins satisfaisant en un sens que dans ceile d’Aristote.

La théorie cartésienne revient à rejeter les règles du syllogisme comme inutiles par ce motif que la déduction n'est, en fin de compte, qu’une intuition et qu'il suffit d'ouvrir l’œil de l'intelligence pour bien voir, car il est impossible de voir mal, puisque l'objet de l'intuition est l'indivisible. Aristote n'avait pas ignoré le simple et

l'intuition du simple. Cette doctrine, si fondamentale

dans le Cartésianisme et qui se retrouve tout entière dans Spinoza (De intell. emend. NII, XI 85), est en propres termes dans Aristote. Aristote fait des thèses qui fournissent sa première matière à chaque science et, en général, des principes, des objets de l'intuition du vo5e. J1 professe qu'on ne peut se tromper sur les choses non composées, qu'il faut n’y pas toucher ou les connaître tout entières des qu'on y touche (#et{axh. ©, 10, 1051 b, 47. Mais, bien qu'il ait tendu lui aussi à ramener la

déduction à l'intuition, 1l n'a pas laissé de voir que la.

déduction peut se faire de bien des manières, qu'il vaut donc la peine d'indiquer à quelles lois une déduction obéit quand elle est correcte. Descartes a placé ailleurs l'intérêt de la méthode et porté ailleurs son effort. Néanmoins il y a un peu de hâte d'arriver à la pratique, il y à un positivisme un peu court dans la façon dont il s'explique sur la déduction. C'est se satisfaire à trop bon compte que de s'en remettre à la droiture naturelle de l'esprit. Peut-être d’ailleurs la réduction de la déduction et de toute la pensée à l'intuition n'est-elle pas aussi satisfaisante que Descartes l'a cru et qu'Aristote avait tendu à le croire avant lui. Cette réduction porte ia marque d'une philosophie encore trop réaliste et trop simpliste. La pensée découpée ainsi en fragments isolés

| Rs: vivrait plus. IL est vrai que vrai es rétablit le | io

des fragments en faisant de ce lit même une nature 24 ne = simple et un objet d'intuition. Mais ce n’était pas le moyen terme qu'il fallait concevoir sur le Lype de l’éléee ment. Il fallait peut-être faire l'inverse, voir dans la médiation et le raisonnement l'acte essentiel de la pensée, et corrélativement, faire consister la certitude, non dans la possession de pensées isolées, mais dans la | liaison des pensées entre elles. NE:

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